Patrice Leguy : une démarche de reconnaissance des acquis de compétences des travailleurs handicapés en esat et entreprise adaptée

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

Après Différent et Compétent, un nouveau projet en devenir
Patrice Leguy est docteur en sciences de l’éducation, chercheur, chef de projet au département de formation supérieure à l’Institut de travail social de Tours. Il accompagne depuis trois ans la démarche initiée par les Esat de Bretagne et le dispositif Différent et compétent, auteur du livre « Travailleurs handicapés en Esat : reconnaître leur expérience » (éditions Erès). Son engagement se poursuit avec l’ITES de Tours dans le cadre de formation et actions de dissémination du dispositif. Rencontre…

CONTACT : Aresat Bretagne
BP 73211 – 35532 Noyal-sur-Vilaine cedex
Tél. 02 99 04 09 67 – fax : 02 99 00 64 31
Président : Christian Guitton – Chef de projet : ¨Pierrot Amoureux
Courriel : differentetcompetent@wanadoo.fr
Site : http://different-et-competent.org
Communication : Tugdual Ruellan – 02 99 91 33 16

Une réédition du livre, paru à l’issue du projet Equal, est en cours. Qu’en pensez-vous ?
C’est un vrai succès ! Avec la réédition, ce sont quelque 2000 exemplaires qui ont été distribués. Les professionnels du secteur médico-social expriment un fort intérêt quant à la démarche puisque les principaux acheteurs de l’ouvrage sont les Esat. La méthode développée et la démarche d’évaluation suscitent l’intérêt. Le regard porté sur l’expérience inspire de nombreux professionnels sur la façon de valoriser les travaux développés en Bretagne.

Où en est-on aujourd’hui ?
L’action s’est développée en Bretagne et c’est une réussite. De 24 établissements réunis au sein du dispositif, il y en a aujourd’hui 45. Réussite parce que le dispositif est original dans sa construction mais aussi parce que, dans la durée, la dimension prometteuse du projet a abouti. Ce n’était pas un feu de paille mais bien un travail de fond qui a été initié dans les établissements. Les demandes pour diffuser la démarche dans d’autres régions de France sont de plus en plus nombreuses et les financeurs nationaux et régionaux s’y intéressent. Les établissements se regroupent sur le territoire pour mettre en œuvre des actions de reconnaissance des compétences des travailleurs handicapés et se fédèrent ou construisent des partenariats. C’est un effet inattendu du projet est une réussite intéressante.

Le décret est paru en mai dernier. Qu’en pensez-vous ?
Nous en sommes satisfaits car nous l’attendions impatiemment. Les responsables du projet Différent et compétent ont pu faire entendre leur voix auprès du ministère et concourir à l’émergence de ce texte qui permet désormais d’accéder à des financements. Au titre de la loi 2002, la dimension de reconnaissance y est privilégiée par rapport à la dimension de validation ; c’est bien ce que nous avions défendu.

Que peut-on qualifier de remarquable dans la démarche Différent et compétent ?
Il y a cette dimension fédératrice que développe le dispositif en se démultipliant dans d’autres régions. La démarche met en valeur le parcours de reconnaissance de compétences et vise à reconnaître les acquis de compétences des travailleurs handicapés. On est bien dans l’esprit de la loi sur la validation des acquis de l’expérience qui permet aussi aux personnes, non seulement de faire valider leurs acquis des expériences antérieures, mais aussi de valider des compétences acquises au cours de la vie professionnelle. C’est une donnée très différente par rapport aux démarches de VAE collectives développées actuellement. Le processus ne s’essouffle pas puisque que nous continuons à valider les niveaux 1 et 2 et à développer de plus en plus de niveaux 3. Ce qui est enfin remarquable, c’est que la démarche ou méthode d’ingénierie ne lâche rien à l’ensemble des valeurs, présentes depuis son origine, aujourd’hui partagées par les établissements.

Comment développer la démarche ?
D’abord, en l’inscrivant dans le cadre d’une formation nationale. C’est ce que nous proposons avec l’Institut du travail social de Tours, qui a signé une convention partenariale avec l’Aresat, destinée au personnel d’encadrement. Il s’agit d’accompagner et de professionnaliser le déploiement des démarches de reconnaissance des acquis de l’expérience dans les établissements. Ensuite, par une démarche d’essaimage que développe l’Aresat sur le territoire et qui concourt à développer de manière intelligente le programme Différent et compétent. Il s’agit de permettre à des établissements de s’inspirer de l’expérience bretonne pour promouvoir une démarche de reconnaissance des acquis de compétences.

Sur quelles perspectives travaillez-vous désormais ?
Nous développons un système d’évaluation des actions de reconnaissance des acquis dans le cadre d’établissements, de territoires, de régions. Ces démarches d’évaluation s’appuient sur des initiatives coopératives, partenariales qui valorisent et accompagnent le déploiement des démarches de reconnaissance des acquis soit à travers le décret, soit à travers un système de valeurs. Nous vérifions que l’esprit, la dimension humaniste, les repères théoriques restent bien présents dans la démarche. Après la conception et la mise en œuvre du dispositif par la Bretagne et en Bretagne, son évaluation, nous repartons dans une nouvelle phase de conception enrichie par l’essaimage. Nous parlons désormais de démarche de reconnaissance des acquis de compétences des travailleurs handicapés. Nous animons actuellement la mise en œuvre de ce déploiement dans les territoires régionaux avec des groupements d’établissements. Une nouvelle phase d’évaluation sera certainement à mettre en œuvre en 2010 et 2011.

Propos recueillis par Tugdual Ruellan

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