L’entreprise Juette à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine) mobilisée pour maintenir dans l’emploi un salarié handicapé

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

AGEFIPH-Charte_35_Maintien_emploi__23_.JPGA l’imprimerie Juette de Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine)
Tous se mobilisent pour le maintien dans l’emploi de Benoît, conducteur offset

L’entreprise IPJ, Imprimerie Juette à Cesson-Sévigné, emploie neuf salariés. Elle a été créée en 1984 par Patrick Juette, père de Cédric, aujourd’hui responsable. Elle est spécialisée dans l’impression offset feuille à feuille. En 2001, Benoît Juette, le frère de Cédric, est victime d’un accident du travail. Toute l’équipe et les services spécialisés du département vont se mobiliser pour permettre son maintien dans l’emploi. (photo : Cédric Juette, responsable de l’entreprise IPJ à Cesson-Sévigné)

Renseignements : Yves Deniaud – PDITH 35, Programme départemental pour l’insertion des travailleurs handicapés
NOUVELLE ADRESSE (à compter du 12-10-09) : PDITH 35 – 2, Passage des Carmélites – 35200 RENNES
Tél. : 02.99.22.27.10 – fax : 02.99.22.27.16
Texte et photos : Tugdual Ruellan

AGEFIPH-Charte_35_Maintien_emploi__24_.JPGEn 2001, c’est l’accident : « Ma main est passée dans les rouleaux de la presse offset, raconte Benoît Juette. C’était ma main droite. Je ne pouvais plus travailler. » S’en suit une longue période d’hospitalisation et cinq mois de rééducation au CRP de Rennes-Beaulieu, établissement conventionné avec l’assurance maladie, l’Agefiph, le FIPH FP et membre du réseau Comète France. « Notre principe est d’amorcer le parcours de réinsertion ou de maintien dans l’emploi dès la phase de rééducation, explique Pierre-Yves Poirier, responsable du service d’insertion professionnelle et d’ergonomie. Ceci dès l’accueil, l’élaboration du projet et la mise en place de notre suivi. » A la fin du mois d’avril 2002, on propose à Benoît de réintégrer l’entreprise sur un mi-temps thérapeutique mais pas sur son poste de travail : « Je n’avais pas récupéré l’usage complet de ma main droite et ne pouvais plus porter d’objets lourds. Cette période a été très douloureuse pour moi car ce métier est tout, une vraie passion. Il était primordial, pour mon bien-être, que je retrouve ce travail malgré l’accident. »

AGEFIPH-Charte_35_Maintien_emploi__29_.JPGUne demande est faite auprès de la Cotorep pour bénéficier de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé. « Dans ce cas, confie Sonia de la Maison départementale des personnes handicapées d’Ille-et-Vilaine, l’équipe pluridisciplinaire étudie la manière dont le maintien dans l’emploi peut s’envisager. Des aménagements sont-ils nécessaires ? Y-a-t-il besoin de l’appui du sameth, service d’appui au maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés ? En fonction des indications du médecin du travail, l’équipe fait une proposition à la CDAPH qui accorde ou non le bénéfice de la RQTH. » La reconnaissance est finalement accordée et Cédric, le frère de Benoît, qui dirige l’entreprise, fait alors une demande pour un aménagement de poste. Le Dr Delaporte, médecin AIMT de Rennes, émet ses préconisations. L’Agefiph donne son accord mais le partenaire bancaire refuse le projet.

AGEFIPH-Charte_35_Maintien_emploi__26_.JPGEn 2005, Benoît apprend qu’il souffre d’un cancer avec une tumeur sur la moelle épinière : « Je n’arrivais plus à marcher et étais sans cesse épuisé. J’ai dû alors être à nouveau en arrêt maladie. » Le traitement se prolonge jusqu’au début de l’année 2009. » Le docteur Delanoë-Loisel, médecin-conseil au sein de l’Assurance Maladie préconise une mise en invalidité de catégorie 2. Mais Benoît souhaite toujours ardemment reprendre son travail. Au vu de sa motivation, les acteurs se mobilisent et construisent un projet à la suite d’une visite de pré reprise.

AGEFIPH-Charte_35_Maintien_emploi__30_.JPGLe sameth lance une étude et l’aménagement du poste : « Il fallait, souligne Mme Lambert, permettre à Benoît de reprendre son activité tout en limitant les difficultés et la situation handicapante. » L’entreprise mène alors une recherche auprès de ses fournisseurs pour envisager les modifications de machines les plus adaptées. « Il fallait nous assurer, poursuit Mme Lambert, que les options venaient bien compenser le handicap du salarié et non améliorer l’outil de travail et la productivité de l’entreprise.» Le projet est soutenu par l’Agefiph qui accepte de co-financer l’acquisition d’un retourneur de pile et d’une nouvelle presse offset, de 8 mètres de long sur 3 mètres de large, d’un poids de 31 tonnes. L’ensemble est réhaussé de 50 cm pour faciliter son accessibilité. Coût total : 104.000 €.

AGEFIPH-Charte_35_Maintien_emploi__33_.JPG« Vu le coût important, précise Frédéric Mignon, chargé d’études à l’Agefiph Bretagne, nous avons alors sollicité notre service expert et avons finalement accepté de financer 70% du coût des options. » Benoît a pu finalement retrouver son poste de travail. « Nous avions cette fois obtenu l’aval de notre partenaire bancaire, conclut Cédric Juette. Mon frère a commencé à y croire réellement. Toute l’équipe s’est mobilisée autour de Benoît pour faciliter son maintien dans l’emploi. C’est un grand bonheur de voir ce dossier arrivé aujourd’hui à terme. Je voyais mon frère heureux de reprendre son métier. Son sourire a suffi à nous récompenser. On est une entreprise familiale, on est une famille et on aurait fait la même chose pour n’importe quel employé. »

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