Le gouvernement décide de supprimer la fonction de Défenseur des enfants

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - citoyenneté

dominique_versini.defenseure_des_enfants.pngLe gouvernement a décidé, sans concertation, de supprimer la fonction de Défenseur des enfants au moments du 20e anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant. Plusieurs associations et organismes protestent et font part de leur préoccupation, dont le CNLE, Comité national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.
Photo : Dominique Versini, Défenseure des enfants

APPEL A SOUTIEN POUR UN DEFENSEUR DES ENFANTS INDEPENDANT – Cliquez sur le lien :
http://www.defenseuredesenfants.fr

Retrouvez toutes les informations du CNLE en ligne sur www.cnle.gouv.fr
Président : Bernard Seillier
Conception rédactionnelle : Christiane El Hayek et Tugdual Ruellan

Informations sur le site : www.defenseuredesenfants.fr

Dominique Versini, Défenseure des enfants : « Depuis ma nomination en juin 2006 comme Défenseure des enfants, je mesure chaque jour la force symbolique de cette fonction et de l’indépendance qui lui a été attribuée par le Parlement. Des courriers d’enfants et d’adolescents m’exposent en confiance leurs souffrances ou leurs interrogations à l’occasion de moments difficiles de leur vie : séparations des parents, placements en foyer ou en familles d’accueil, problèmes de santé, discriminations, violences … Des lettres de parents, de grands-parents, d’associations m’arrivent car toutes leurs démarches ont échoué … Recevoir une réclamation concernant un enfant entraîne l’intervention de mon équipe au plus près de la vie de la famille et des institutions qui ont pris des décisions le concernant… Notre fil rouge est la préservation de l’intérêt supérieur de l’enfant qu’il faut parfois négocier avec les différents intervenants. Notre méthode repose sur un principe de neutralité et d’impartialité, avec une double démarche de médiation interinstitutionnelle et de conseil ou d’orientation pour les enfants et leurs familles.

Les observations qui en découlent en terme de nouvelles problématiques de société ou de dysfonctionnements de nos institutions sont au cœur des rapports thématiques annuels que je remets au Président de la République et au Parlement comme la proposition de mettre en place « un statut des tiers qui partagent ou ont partagé la vie d’un enfant » ou la demande d’une stratégie nationale pour la prise en charge des adolescents en souffrance. Parallèlement, j’ai très vite compris la nécessité d’aller au plus près des enfants et des adolescents pour leur faire connaître la Convention internationale des droits de l’enfant et débattre avec eux de la façon dont ils vivent leurs droits au quotidien. C’est pour cela qu’ont été créées nos équipes de jeunes ambassadeurs. C’est dans cet esprit que nous avons également créé des outils pédagogiques sur les droits de l’enfant pour les élèves, les enseignants et les animateurs.

Mais aujourd’hui je souhaite aller plus loin dans cette démarche de partenariat avec la jeunesse. C’est pourquoi, je lance une «Grande consultation nationale» pour donner la «Parole aux jeunes» de moins de 18 ans et recueillir leurs points de vue et leurs propositions parce que les pouvoirs publics les interrogent rarement sur les questions de société qui les concernent directement comme l’éducation, la santé, la justice, les discriminations… Leurs propositions et recommandations seront inscrites dans «le Livre d’or de la Parole des jeunes» et je m’engage à les remettre officiellement le 20 novembre 2009 au Président de la République et au Parlement pour les 20 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant.

J’invite donc tous les jeunes à faire vivre leurs droits en participant nombreux aux débats du forum internet www.paroleauxjeunes.fr

Parallèlement je rencontrerai plus de 1500 jeunes en direct en organisant 8 forums thématiques en Martinique, dans la Vienne, en Isère, dans le Rhône, en Ille-et-Vilaine, dans le Bas-Rhin, à la Réunion et en Ile-de-France. Le 20 novembre 2009, il y aura un Grand Rendez-vous à Paris «Parole aux jeunes» avec des délégations de jeunes de tous ces départements : des débats avec des personnalités conscience de notre temps et un concours de slam avec Grand Corps Malade seront au programme. »

Intervention au CNLE du 24 avril 2008 : « La défenseure des enfants est une jeune institution, créée en 2000, dans la lignée de la ratification par la France de la Convention internationale des droits de l’enfant, déclinaison des droits de l’homme, droits fondamentaux de tous. Droits de l’enfant car ils sont plus fragiles, vulnérables. Il convient de les prendre en compte dans leurs spécificités pour leur permettre d’avoir accès à tous leurs droits fondamentaux. Bien sûr, avoir accès aux droits fondamentaux des enfants, c’est avoir accès à ceux de leurs parents. C’est ce qu’affirme le Code de l’action sociale et de la famille : « l’accès de tous aux droits fondamentaux est la clé de voûte de la lutte contre l’exclusion et la pauvreté ». Tout est donc lié. La pauvreté et l’exclusion sociale privent les enfants, en partie, du plein exercice de leurs droits fondamentaux. Ce sont un à deux millions d’enfants, selon les critères de classification, qui sont considérés comme des enfants pauvres. »

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