Badoit forme des personnes handicapées en contrat de professionnalisation

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

2009.06.Agefiph_Infos.68.Badoit-photo.jpgUn groupe de travail s’est constitué dans la Loire pour permettre à des demandeurs d’emploi, reconnus travailleurs handicapés, de se qualifier grâce à des contrats de professionnalisation. Il rassemble Cap Emploi, Badoit, Forez Entreprendre, Club Handi-Loire-Entreprises (Medef Loire), Opcalia, l’Afpa et l’Afpi. Deux métiers ont été repérés : magasinier-cariste et conducteur de systèmes de production automatisés. Au final, 13 contrats de professionnalisation ont été signés en 2007 puis 8 en 2008 grâce au financement des opca et de l’Agefiph (photo : Badoit).

Article paru dans Agefiph Infos n° 68, juin 2009
Directeur de la publication : Pierre Blanc
Rédacteur en chef : François Atger
Texte : Tugdual Ruellan
Secrétaire de rédaction : Cédric Soulié
article téléchargeable en cliquant sur la photo

Le réseau de professionnels du bassin forezien se mobilise
Se qualifier dans l’entreprise grâce aux contrats de professionnalisation

En 2005, plusieurs entreprises de la Loire s’inquiètent de l’importance du taux de chômage grandissant dans le bassin d’emploi, estimé à 17%, tandis que des besoins récurrents émergent dans les métiers de la production et du magasinage. De plus, dans ce même département, 85% des demandeurs d’emploi handicapés ont un niveau de qualification inférieur ou égal au niveau CAP. Dans le cadre de la nouvelle loi handicap, l’entreprise Badoit, basée à Saint-Galmier, décide de réagir : « Depuis une dizaine d’années, explique Isabelle Gery, chargée de mission ressources humaines, l’entreprise, rattachée au groupe Danone, menait une politique active d’accueil et d’accompagnement des jeunes. Ils représentaient 4 % de l’effectif à partir de septembre 2008 et étaient employés en contrats d’alternance, à tous les niveaux de qualification, à tous les types de postes dans les différents services de l’entreprise. Nous souhaitions élargir notre action à l’insertion de travailleurs handicapés. » Badoit mobilise alors les partenaires de Forez Entreprendre, du nom du bassin, une association locale créée à son initiative en 1996 pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes et demandeurs d’emploi en difficulté.

Un comité de pilotage est constitué. Il réunit le club d’entreprises Handi-Loire, Cap Emploi, Opcalia Rhône-Alpes, les organismes de formation Afpa et Afpi. Deux métiers, particulièrement en tension sur le territoire, sont identifiés : magasinier-cariste, et conducteur de ligne (conditionnement des systèmes de production automatisés). Tous deux requièrent un CAP. Le projet est présenté aux entreprises des réseaux de Forez Entreprendre et du club Handiloire. Une quinzaine de postes sont ainsi été identifiés. Grâce au financement des opca, organismes paritaires collecteurs agréés, des différentes entreprises et au cofinancement de l’Agefiph, ce sont ainsi 13 candidats qui sont recrutés en contrat de professionnalisation d’un an, à compter d’octobre 2006, avec le soutien de tuteurs. Beaucoup ont des problèmes de lombalgies et des troubles musculo-squelettiques. Les secteurs concernent l’agroalimentaire, la cartonnerie, la chimie et la métallurgie. Un an plus tard, trois personnes sont embauchées en CDI, cinq en CDD et un en mission longue. Sur les onze qui ont passé leur diplôme, tous l’ont obtenu.

En janvier 2008, huit autres candidats intègrent à nouveau le dispositif, dont trois chez Badoit, comme Margaret, 48 ans, aujourd’hui première femme à exercer la fonction d’opératrice de ligne de production : « Je souffre d’allergies chroniques et d’asthmatie sévère. J’étais au chômage, avec une formation initiale et une expérience dans l’industrie. Cette formation m’a permis d’acquérir d’autres compéten¬ces et une polyvalence sur plu¬sieurs machines.» « A ce jour, conclut Isabelle Géry, les personnes sont totalement intégrées dans les entreprises. Elles ont permis de changer le regard sur le handicap. Le handicap on ne le sent plus, on l’oublie… On ne voit plus que les compétences ». Une session, lancée cette année, peine à trouver entreprises et candidats. Contexte économique oblige…

Tugdual Ruellan

La démarche
Cinquante entreprises mobilisées pour favoriser l’insertion
La force d’un réseau de partenaires engagés
La réussite de l’initiative repose en grande partie sur la force du réseau d’entreprises, constitué autour de l’usine Badoit. L’association Forez entreprendre rassemble aujourd’hui une cinquantaine d’entreprises et de collectivités et intervient pour un accompagnement individualisé à la recherche d’emploi, des propositions d’offres, de formations, une préparation à l’entretien mais aussi pour résoudre des difficultés annexes comme le transport ou la garde d’enfant, prospecter dans les entreprises, monter des contrats, assurer le suivi de salariés ou encore aider à l’orientation des jeunes en alternance. « L’idée, confient Annette Bellet et Raphaël Venet du club Handiloire, est d’apporter à l’entreprise un service global, y compris le suivi administratif des dossiers. Nous intervenons pour proposer diagnostics, états des lieux de la politique handicap des entreprises, l’information et la sensibilisation du personnel ou, à l’échelle régionale, en mobilisant l’ensemble des clubs entreprises et handicaps.» Pour les partenaires, l’initiative a réussi car c’est une action clés en main, proposée aux entreprises avec une pertinence des métiers, la qualification des salariés, reconnue par les autres branches professionnelles, un dispositif en alternance qui plaît à l’entreprise et aussi, comme le souligne Raphaël Vente, « un aspect citoyen avec la volonté d’apporter une forte expérience et un diplôme reconnu au sein de l’entreprise même s’il n’y a pas d’emploi au final. » TR.

La solution
Métiers en tension : magasinier-cariste et conducteur de ligne
Des contrats de professionnalisation pour se qualifier

Cap emploi a en charge le recrutement des candidats tandis que le medef participe à la recherche des entreprises et que Forez entreprendre et Opcalia assurent le montage administratif des dossiers et la formation. « Cap Emploi sélectionne des candidats en lien avec le poste et le handicap, explique Jean-Pierre Flachon de Cap Emploi. Après une visite de chaque poste de travail, les candidats présélectionnés sont présentés à chaque entreprise avec des possibilités de périodes d’évaluation en milieu de travail préalables au contrat et visite médicale préalable à l’embauche ». « Plutôt que de proposer une intervention avec présentation de la loi, des aides associées au recrutement, nous nous sommes situés dans l’anticipation du besoin de compétences, explique Hervé Beaussier, chargé de mission pour Opcalia Rhône-Alpes. Nous avons identifié les entreprises qui étaient potentiellement intéressées par l’une ou l’autre des formations et leur avons proposé d’intégrer en formation des opérateurs et des magasiniers. Nous valorisons l’approche compétences et non pas l’approche handicap. Les entreprises apprécient ce mode d’organisation avec un interlocuteur unique.» TR.

Le suivi
Des tuteurs investis dans l’initiative
Un groupe de travail de partenaires locaux spécialisés sur le l’emploi et la formation s’est mis en place, constitué de Cap Emploi, Badoit, Forez Entreprendre, Club Handi-Loire-Entreprises (Medef Loire), Opcalia, Afpa et Afpi. Très vite ce groupe de travail décide de construire une action concrète répondant aux besoins des entreprises et des personnes. La mise en place de tuteurs a aussi contribué à la réussite de l’initiative : « Les salariés tuteurs se sont complètement investis dans cette fonction, atteste Isabelle Géry. Ils ont bénéficié de cinq demi-journées de formation initiées par l’Afpa. De plus, les tuteurs étaient conviés à certains de nos comité de pilotage pour nous parler de leur expérience : analyse de leur pratique professionnelle à partir d’une situation de travail, compréhension du tutorat, appréhension du handicap, recadrage d’une formation avec le stagiaire… La faisabilité d’une telle démarche ne peut se faire sans un investissement fort de tous les partenaires. » A toutes les étapes, un suivi du dispositif se met en place. « Si nous n’avions pas eu cet accompagnement de tous les instants, atteste Bernard Millot, gérant de Monsieur Fenêtres – Décines, l’une des entreprises, nous aurions sûrement baissé les bras et abandonné cette intégration. Aujourd’hui, le salarié occupe totalement sa fonction. Il est en CDI à la satisfaction de tous ».

Des aides au salarié et à l’entreprise
Le dispositif de financement de la formation est réalisé grâce au contrat de professionnalisation qui permet une prise en charge du coût pédagogique. Les contrats sont financés en partie par les opca et l’entreprise. Dès le lancement du projet, l’Agefiph a été partie prenante. Au titre de la prime pour l’alternance, une subvention de 1525 € est versée à l’employeur pour l’embauche d’une personne de moins de 30 ans, par tranche complète de six mois. Elle est de 3050 € si la personne a plus de 30 ans. Une subvention de 1525 € est versée au salarié si le contrat est d’une durée au moins égale à 12 mois. Si le contrat est de plus de 6 mois, la personne entre dans le champ de l’obligation d’emploi de l’entreprise. Les tuteurs peuvent bénéficier d’une aide à la fonction tutorale, dispensée par l’Afpa de Saint-Etienne. L’entreprise peut aussi bénéficier d’une exonération des charges sociales pour l’embauche d’un jeune moins de 26 ans ou d’un demandeur d’emploi de 45 ans et plus. L’exonération porte sur les rémunérations dues jusqu’à la fin du CDD, ou de l’action de professionnalisation pour un CDI. Selon le candidat, des aides supplémentaires peuvent être accordées à l’entreprise. Une prime de pérennisation est versée à l’employeur et au salarié s’il y a embauche à l’issue du contrat.

LES INTERVENANTS
Isabelle Gery. Chargée de mission Ressources humaines chez Badoit, détachée pour Forez Entreprendre, elle mobilise un réseau de cinquante partenaires qui acceptent de s’engager.
Hervé Beaussier. Chargé de mission handicap à Opcalia Rhône-Alpes, il intervient sur l’ingénierie administrative et financière.
Barbara Bretagnon. Chargée d’études et de développement à l’Agefiph Rhône-Alpes, elle soutient le projet et contribue à son financement.
Jean-Pierre Flachon. Conseiller à Cap emploi, il participe activement au recrutement des candidats.
Annette Bellet. Chargée de mission au club Handiloire, elle participe à la mobilisation des entreprises.

• Les adresses

Opcalia Rhône-Alpes
66 avenue Jean Mermoz
BP 8048 – 69351 Lyon cedex 08
Tél. : 04 78 77 06 87

Agefiph Rhône-Alpes
ZAC de Saint-Hubert
33, rue Saint-Théobald
38080 L’Isle-d’Abeau
Tél. : 0811 37 38 39
Fax : 04 74 94 08 93
Délégué régional : André Millat-Carus

Club Handiloire – Medef Loire
Cité des Entreprises
16 Boulevard de l’Etivallière
BP 789 42950 Saint-Etienne cedex 9
Tél. : 04 77 93 78 06
Fax : 04 77 92 89 91

Cap emploi
62-64, cours Albert Thomas
69008 Lyon
Tél. : 04 37 53 01 31
Fax: 04 78 00 70 22

Forez Entreprendre
Rue Emile Reymond
42160 Andrézieux-Bouthéon
Tél. : 04 77 36 43 36

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