Roselyne Bachelot clôture l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - exclusion

2010.11.30.Paris-Photo-T.Ruellan__122_.JPGRoselyne Bachelot-Narquin clôturait le 30 novembre 2010 l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale à Paris. La ministre des solidarités et de la cohésion sociale a affirmé que la France était dotée de l’appareil juridique et du système législatif suffisants pour combattre la pauvreté. 13% de la population française, soit 8 millions de personnes, vivaient en dessous du seuil de la pauvreté en 2008 (le seuil serait de 910 € en 2010 selon l’Insee). Elle a pris bonne note des 6 recommandations prioritaires que lui a transmises François Soulage, président du Secours Catholique, ambassadeur de cette Année européenne, prenant en compte les travaux menés tout au long de cette année par les têtes de réseaux et les acteurs mobilisés.

EN LIGNE les comptes-rendus des séminaires de Rennes (20 mai), Lille (16 septembre) et, prochainement, Paris (30 novembre) sur le site FRANCE de l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale : www.leurope-contre-la-pauvrete.gouv.fr
Rédaction : Tugdual Ruellan avec le bureau Accès aux droits, insertion et économie sociale et solidaire (1B) de la Sous-direction inclusion sociale, insertion et lutte contre la pauvreté – Service des politiques sociales et médico-sociales – Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) ; responsable : Anne Joubert.

Cet article a été référencé par la DGCS sur le site national L’Europe contre la pauvreté : www.leurope-contre-la-pauvrete.gouv.fr

Voir aussi article sur Agence Bretagne Presse : www.agencebretagnepresse.com
article référencé par la DGCS sur le site national L’Europe contre la pauvreté : www.leurope-contre-la-pauvrete.gouv.fr
et par le CNLE, Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale : www.cnle.gouv.fr

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Clôture et Recommandations

par François Soulage, Ambassadeur de l’Année européenne 2010 : « ces propositions résultent de toutes des rencontres qui ont eu lieu au cours de l’Année européenne. Elles ont été discutées au sein du mouvement associatif de solidarité, et constituent une base de travail soumise aux Pouvoirs Publics par l’Ambassadeur de l’Année européenne. » (intervention à télécharger en cliquant sur ce lien)

Programme de la cérémonie de clôture (à télécharger en cliquant sur ce lien)

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A découvrir les interviews

d’Etienne Pinte, président du CNLE, Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, et de François Soulage réalisés par Jean-Christophe Blancand et Mayacine Diop de O2 Radio de Bordeaux, la radio associative des Hauts-de-Garonne, engagée dans la prévention des exclusions et des discriminations. Sur www.o2radio.net.

La pauvreté en France

En France, 13 % de la population, soit 8 millions de personnes, vivent en dessous du seuil de pauvreté en 2008. Les groupes sociaux ayant le risque de pauvreté le plus élevé sont les mêmes qu’au plan européen, à l’exception des plus de 65 ans, qui ont un taux de pauvreté moindre que la moyenne nationale en France. En effet, en 2007, parmi les personnes vivant sous le seuil de pauvreté à 60 %, on compte 20 % de membres de familles monoparentales. On dénombre également :
– 30 % d’enfants de moins de 18 ans, qui vivent principalement de la solidarité familiale ; le taux de pauvreté des enfants, qui atteint 18 %, est d’ailleurs plus élevé que la moyenne ;
– 13 % de personnes âgées de 18 à 24 ans ; cette catégorie est également plus exposée à la pauvreté (22 % des jeunes, hors étudiants, sont en dessous du seuil) ;
– 45 % d’adultes d’âge actif, les femmes étant plus nombreuses dans cette catégorie que les hommes ;
– 12 % de personnes de plus de 65 ans, qui vivent principalement de retraites ou d’autres revenus de remplacement (le taux de pauvreté des personnes de plus de 65 ans est de 10 %).

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Bilan intermédiaire

de l’Année européenne réalisé par Jean Dutoya du cabinet Amnyos (document à télécharger en cliquant sur ce lien)

Les personnes handicapées : un risque accru de paupérisation et d’exclusion

En France, la plupart des individus en situation de handicap – soit environ 850.000 personnes – vivraient en dessous du seuil de pauvreté fixé, par l’Insee, en 2010 à 910 €. Actuellement, elles ne disposent que de l’Allocation Adultes Handicapés (AAH) fixée à 682 € par mois. La difficulté pour elles de trouver et conserver un emploi, en plus des difficultés d’insertion sociale, font des handicapés la catégorie de personnes la plus exposée à la paupérisation.
Document à télécharger en cliquant sur ce lien.

2010.11.30.Paris-Photo-T.Ruellan__24_.JPG68 projets labellisés en France dans le cadre de l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale Document à télécharger en cliquant sur ce lien.

La pauvreté en France : informations sur le site de l’ONPES, Observatoire nationale de la pauvreté et de l’exclusion sociale – www.onpes.gouv.fr

Remise des prix du concours de journalisme de l’Année européenne

François Soulage, président du jury et ambassadeur de l’Année européenne et Anne Houtman, cheffe de la représentation de la Commission européenne à Paris ont remis les prix du concours de journalisme. Ce concours initié par la Commission européenne se déroulait simultanément dans l’ensemble des pays participants. Il vise à élire les articles les plus pertinents sur les problématiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Le prix national presse écrite/internet a été remis à Laure Martin pour son dossier paru dans le Panorama du Médecin (à télécharger en cliquant sur ce lien) et le prix presse à Delphine Kluzek de TF

2010.11.30.Paris-Photo-T.Ruellan__69_.JPGLaure Martin : « deux médecins de l’association Médecins du monde, Jeannine Rochefort et Marie-Dominique Pauti, m’ont toutes les deux alertée sur ce problème d’accès aux soins des plus démunis en France. Cette question devrait théoriquement être réglée avec la création des permanences d’accès aux soins, les Pas, rendues obligatoires au sein des structures hospitalières depuis la loi relative à la lutte contre les exclusions de 1998 (…)Il s’agit d’un grand problème national, d’autant plus d’actualité que la période de grand froid vient de commencer et que de nombreuses personnes vivent dans la rue ou dans des logements délabrés, se retrouvant en situation de grande précarité. Peut-être serait-il intéressant d’étudier la façon dont les autres pays européens tentent de répondre à cette problématique d’accès aux soins des plus démunis ? »

2010.11.30.Paris-Photo-T.Ruellan__72_.JPGDelphine Kluzek : Ce reportage me tient beaucoup à cœur car il donne la parole à des gens qui ne font pas de bruit, qui ne font jamais parler d’eux, qui ne se sont pas beaucoup aider, qu’on ne voit pas… des invisibles. Nous, journalistes, avons beaucoup de mal à atteindre ces gens pour leur donner la parole ( …) C’est important de primer ce type de reportage et d’avoir fait une année européenne sur la lutte contre l’exclusion et la pauvreté parce que nous-mêmes, journalistes, avons parfois du mal à convaincre nos rédacteurs en chef et nos antennes de diffuser ce type de reportage. Ce sont des sujets tristes, qui fâchent, peut-être pas des sujets susceptibles de faire la meilleure audience. La majorité des gens – c’est ce que croient nos rédacteurs en chef – préfèrent sourire en regardant la télévision un dimanche soir, à l’heure à laquelle passe notre émission. Nous avons fait ce choix de passer ce reportage et d’autres du même type. À chaque fois, nous avons un excellent écho auprès des téléspectateurs. Cela veut dire que c’est important et que les gens sont très sensibles. »

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Remise prix concours scénarii

Le concours de scénarios de court-métrage, lancé en février 2010 à destination de tous les étudiants français inscrits dans les filières cinéma et audiovisuel, a permis de sensibiliser les jeunes aux questions d’exclusion sociale et de pauvreté. Les trois lauréats du concours, désignés par un jury composé des partenaires de l’opération et de professionnels, ont vu leurs projets de scenario produits par le ministère, et réalisés par de jeunes réalisateurs, auteurs de premières oeuvres primées. Les prix ont été remis aux étudiants lauréats par Costa Gavras, président de la cinémathèque. La projection a permis de découvrir : L’échange, réalisé par Gilles Tillet ; Le bruit autour de moi, réalisé par Julien Darras ; Ton visage, réalisé par Fabrice Main. Ces trois courts-métrages seront diffusés en début d’année 2011 par France Télévisions et Arte.

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Avant-première du film « Joseph l’insoumis »

Ce film, labellisé Année européenne 2010, est inspiré du combat du Père Joseph Wresinski, fondateur du Mouvement ATD Quart Monde dans le bidonville de Noisy-le-Grand au début des années 1960. Il sera diffusé sur France 3 en prime time début 2011. En présence de Caroline Glorion, réalisatrice, et des acteurs Anouck Grinberg et Jacques Weber.

Jacques Weber : « J’ai été extrêmement touché parce qu’il ne s’agissait pas d’une télé normale, il ne s’agissait pas d’un documentaire ou d’une enquête sur les années 1960 mais de l’histoire symbolique et réelle d’un combat qui continue. Ce qui me touche énormément, c’est que ce film, s’il est émouvant, c’est parce qu’il nous incite non pas à réfléchir de loin sur le rôle principal qui peut être Joseph Wresinski mais qui est en fait la misère et le rôle principal du monde à l’heure actuelle, c’est encore la misère. Ca nous incite à combattre, à agir plutôt qu’à réfléchir de loin. C’est ce que ça a provoqué chez moi. Ce qui a été magnifique pour nous tous, c’est que nous étions embarqués dans cette aventure par Caroline avec un cœur énorme et surtout, on a partagé ce film avec des gens qui savaient, non pas de quoi ils parlaient, mais avec quoi ils vivaient. C’était une source – je n’aime pas le mot inspiration – plus profonde encore pour voir et envisager la vie. »

Anouk Grinberg : « quand je suis arrivée au camp, c’était un faux camp, mais tellement vrai. Ça m’a sauté à la gorge : le camp était rempli de gens qui faisaient semblant de vivre dans les bidonvilles mais ces gens y avaient vécu pendant dix, vingt, trente ans… Ils y étaient nés pour certains (…) J’avais tout… tout à réapprendre, tout à désapprendre. Ce qui était incroyable, c’est que je m’attendais à ce qu’ils me regardent, pas très gentiment, parce que j’étais la riche, j’étais l’actrice, la fausse. Les femmes et les hommes m’ont prise à leur table (…) J’ai eu la chance, dans mon métier d’actrice, de rencontrer de très très grands acteurs comme Mastroianni, Depardieu, Annie Girardot… Tous ces gens m’ont fait très peur parce que c’était des immensités. Mais je n’ai jamais eu autant peur que de jouer avec ces femmes parce que là… »

Eugen Brand (délégué général ATD Quart-monde) : « j’aimerais juste dire à France télévisions, à la Maison des films des croisades et à toi, Caroline Glorion, à vous les acteurs que ce film est attendu dans toutes les grandes métropoles, dans les villages les plus oubliés, partout où aujourd’hui des hommes et des femmes se trouvent face aux bulldozers sans aucune contrepartie d’engagement de la part des autorités, d’innover ensemble enfin une politique globale cohérente et prospective. Votre film est surtout attendu par ceux et celles qui portent au plus profond d’eux-mêmes ce projet de l’égalité. Une très grande reconnaissance à vous. »

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