Sean Miller, artisan potier à Peillac : des poteries utilitaires pour le quotidien

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - patrimoine

2010.sean_miller.jpgSean Miller est potier, installé à Peillac dans le Morbihan depuis août 2008. Originaire du sud-est de l’Angleterre, il a étudié la céramique à Harrow au nord-ouest de Londres. Il travaille d’abord pour des potiers puis s’installe dans son propre atelier à Londres en 1990. Appréciant particulièrement la France, il décide avec sa femme de s’installer à Peillac. Tous deux rénovent alors une maison à l’entrée du bourg et créent leur atelier.

« Ce qui m’a attiré dans la poterie traditionnelle en terre vernissée, c’est la chaleur des couleurs de l’argile rouge mélangée avec des engobes et aussi, la spontanéité de son art décoratif. »

Sean Miller, 5, rue Marcel-Callo – 56220 Peillac
Tél. 02 99 93 48 13 – www.seanpots.comseanpots@btinternet.com
Reportage : Tugdual Ruellan, réalisé pour la commune de Peillac avec Fouet Cocher
Plaquette à télécharger en cliquant sur l’image
Photos : site Sean Miller

2010.Sean_Miller_poterie__1_.JPGLa terre arrive préparée. Elle est européenne puisque la moitié vient d’Angleterre, l’autre d’Espagne ! « Je mélange les deux. Il faut l’assouplir, la battre, la travailler pour chasser toutes les bulles d’air qu’elle contient, en faire une masse homogène. Puis, comme un boulanger avec sa farine, je la divise en boules ; je pèse la bonne quantité de terre en fonction de l’objet à réaliser. Je veille à la couvrir d’un plastique pour qu’elle ne sèche pas. » Un moment fort, c’est le tournage : »Je centre la boule de terre sur le tour ; en plaçant le pouce au milieu, j’appuie en descendant. Par le mouvement du tour, la terre est chassée vers l’extérieur. Avec la paume de la main, je la fais monter et lui donne forme. La matière prend vie, la forme apparaît. C’est un moment magique mais c’est aussi le geste qui demande le plus d’expérimentation. La difficulté est de reproduire des formes identiques afin de faire des séries. Je ne fais jamais plus qu’une vingtaine de pots, une douzaine de pichets. Ensuite, il faut ajouter les poignées puis laisser sécher. »

2010.Sean_Miller_poterie__2_.JPG« Il y a de la magie là-dedans !« 
La décoration se fait à partir d’un premier engobe blanc, d’abord à l’intérieur puis, à l’extérieur. On laisse sécher et on ajoute d’autres engobes colorés : »J’ajoute ensuite des oxydes pour obtenir les motifs les plus inventifs qu’il soit. Parfois, je laisse tomber une goutte alors que l’engobe n’est pas sec et je tourne le plat dans tous les sens. Le résultat n’est pas toujours prévu. Il y a de la magie là-dedans ! » La poterie est enfournée pour une première cuisson à 1000°. Contrairement au grès, la terre est cuite à basse température. Elle devient plus ou moins rouge selon la quantité de fer qu’elle contient. C’est le biscuit. La terre devient céramique : « Je dépose ensuite un simple émail transparent qui va révéler les couleurs. Puis la poterie est à nouveau placée dans le four cette fois à 1050°. A la sortie, on est toujours un peu inquiet. Il y a parfois de mauvaises surprises. »

2010.Sean_Miller_poterie__3_.JPGUne lutte constante avec la nature et la matière
 » J’ai vite été séduit par la terre vernissée, céramique typique d’Europe, dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Il y a dans cette poterie quelque chose de très chaleureux, des mélanges de teintes et de couleurs chatoyantes, pleines de soleil. J’aime visiter des petits musées de villages lorsque je voyage. J’ai découvert beaucoup d’inspiration en découvrant des poteries de Hongrie, Roumanie, France ou Angleterre. J’ai choisi de faire des poteries utilitaires, pour le quotidien, contrairement à la poterie artistique. J’aime penser que la personne qui est venue acheter à l’atelier, a vu le port se former, va l’utiliser pour cuisiner, inviter ses amis. Chaque année, j’essaye d’ajouter de nouvelles formes. C’est un défi permanent, une lutte constante avec la nature, la matière. Il y a toujours et encore de nouvelles découvertes à faire. » »

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