Le journaliste Grégoire Laville fait paraître « Tempêtes, témoignages de marins »

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - voile

tempetes.jpgGrégoire Laville est journaliste en Bretagne. Il vient de faire paraître « Tempêtes, témoignages de marins », douze récits de skippers, sauveteurs en mer, marins pêcheurs et marins de commerce : Riguidel, Chabaud, Guillemot (qui préface le livre), Jean Bulot, grand capitaine du remorqueur de haute-mer l’Abeille Flandre… On y découvre le déchaînement de la nature et la façon dont l’homme le traverse.

« Tempêtes, témoignages de marins », Grégoire Laville
photographies de Julien Le Coq et Titus Huygh (éditions Laville – mai 2011, 22 €)
Interview : Tugdual Ruellan (article paru sur Agence Bretagne Presse et dans l’hebdomadaire breton Ya)
COMMUNIQUE à télécharger en cliquant sur ce lien

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Gregoire_Laville_et_Eugene_Riguidel.jpgPourquoi un tel sujet ? La mer calme ne vous suffit pas…. Que cherchiez-vous à rencontrer au cœur des tempêtes ? Je ne suis pas marin mais ne peux m’éloigner longtemps de la mer. Et je la préfère effectivement agitée (à terre). Je suis admiratif de ces marins qui rencontrent des conditions qu’on peine à imaginer. Je me demandais ce qui les pousse à repartir, comment ils parviennent à gérer l’inquiétude puis l’angoisse si elles existent, quels sont les sentiments qui les traversent. On ne peut pas tricher dans ces conditions mais peut-on quand même comparer ces tempêtes à celles qu’on rencontre dans la vie ? (photo : Grégoire Laville et Eugène Riguidel)

Comment avez-vous rencontré ces marins ?
Je connaissais certains et je voulais qu’ils me racontent leurs expériences, comme je voulais en rencontrer d’autres dont on m’avait parlé ou que l’on m’a présentés. Certains sont des amis. Avec tous, ce fut des rencontres importantes pour moi. Ces onze hommes et cette femme hors-normes se livrent avec authenticité. Par leurs récits, on comprend le courage, l’abnégation et la passion qui les poussent à toujours repartir.

Gregoire_Laville_et_Francois_Lamiot.jpgQue nous enseignent ces tempêtes traversées ?
J’ai compris que ces marins avaient une réelle conscience de ce qu’est la tempête. Ils ne sont pas inconscients mais au contraire repartent en sachant ce qu’ils risquent. Ils acceptent cette part-là qui fait de la mer l’un des derniers terrains d’aventure. Cette impossibilité de tricher, d’éviter, de tromper est un paramètre important de ce que nous pouvons apprendre de leurs expériences. Ces marins se révèlent dans ces conditions extrêmes. Est-on capable de tenir, debout, de traverser les éléments déchaînés ? Cela nous rend-il plus fort sur la terre ferme ? Je crois que la connaissance qu’ils ont de ces moments hors-normes les rend dans tous les cas plus lucides sur eux-mêmes (photo : Grégoire Laville et François Lamiot).

thierry_dubois.jpgOn ne doit pas sortir indemne d’une tempête…
Tous m’ont paru très humbles face aux éléments. La plupart récusent le terme « affronter » la tempête. Au contraire, l’un d’eux m’a cité le navigateur Francis Joyon qui a dit au retour d’une course « la mer m’a laissé passer ». C’est ce mélange que j’ai senti chez eux entre une certaine sagesse et une nécessité de contrôle maximal : ils partent, connaissent les risques qu’ils encourent mais se préparent en ne laissant rien au hasard. Ils sont admirables. Et conservent, dans leurs motivations, une part de mystère (photo : Thierry Dubois).

Tugdual Ruellan.


Grégoire Laville est aussi l’auteur, avec Yves Colin et le photographe Claude Gassian, du livre Cali-Miossec, rencontre au fil de l’autre, recueil d’entretiens avec les deux chanteurs.

catherine_chabaud.jpg (photo : Catherine Chabaud)

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