La 15e Semaine pour l’emploi des personnes handicapées en Bretagne a été lancée à l’INSA de Rennes

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

2011.11.09.SEPH.Conf_de_presse__1_.JPGLa conférence de presse régionale de la 15e Semaine pour l’emploi des personnes handicapées a eu lieu mercredi 9 novembre, à l’INSA de Rennes, Institut national des sciences appliquées de Rennes. Etaient présents (de gauche à droite) : Hugues Sengenes, élève ingénieur Insa, président du forum grand Ouest 2011 ; François Massolo, délégué régional de l’Agefiph Bretagne ; Hamed Drissi, directeur de l’INSA de Rennes ; Nicole Gargam, adjointe au maire de la ville de Rennes, déléguée à l’accessibilité et aux situations de handicap ; Franck Gallée, directeur régional de l’Adapt.

CONTACTS EN BRETAGNE
Agefiph Bretagne : François Massolo, délégué régional
Tél. : 02 99 54 76 26 – fax 02 99 59 37 88 – www.semaine-emploi-handicap-agefiph.fr
L’Adapt : Franck Gallée, directeur -35830 BETTON – tél. : 02 23 27 23 41 – www.semaine-emploi-handicap.com
FIPH FP : Jocelyne Vernier, déléguée – Tél. : 02 41 20 23 56 – www.fiphfp.fr
Coordination : Tugdual Ruellan – Tél. : 02 99 91 33 16 ou 06 75 23 40 24 – tugdual.ruellan@orange.fr avec Jean-Luc Blaise – tél. : 06 16 48 71 17 – jean-luc.blaise@voila.fr
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15e Semaine pour l’emploi des personnes handicapées en Bretagne

Conférence de presse régionale, le 9 novembre 2011 a l’INSA de Rennes

Hamed Drissi, directeur de l’INSA de Rennes
2011.11.09.SEPH.Conf_de_presse__4_.JPG« L’Insa de Rennes, c’est 1700 étudiants, 160 doctorants, 463 enseignants chercheurs et les personnels en appui à la recherche, la formation et l’innovation avec deux missions : la recherche et la formation. L’accueil et l’accompagnement de publics diversifiés font partie de la culture identitaire définie par les fondateurs du modèle Insa. L’Insa est un groupe qui se décline en cinq établissements français. Positionné dès sa création comme un moteur de l’ascension sociale, l’Insa de Rennes considère la diversité comme une opportunité majeure pour enrichir les parcours, les savoir-faire et les savoirs être. L’Insa de Rennes est engagé depuis plusieurs années dans des programmes d’ouverture sociale et d’égalité des chances. Soutenu par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, par les collectivités territoriales, des fondations, l’INSA de Rennes favorise l’accueil, l’accompagnement des étudiants en situation de handicap : aménagement immobilier, aménagement des études, accompagnement. Nous accueillons actuellement 13 étudiants en situation de handicap.

Dès mon arrivée à la direction, j’ai nommé une chargée de mission diversité, égalité des chances pour mener deux actions prioritaires : favoriser la diversité et l’égalité des chances, sensibiliser les futurs ingénieurs au management de la diversité. En collaboration avec les acteurs économiques, associatifs et industriels, l’école participe à différents programmes. Toutes ces valeurs contribuent à définir le profil de l’ingénieur. Il en résulte que cet ingénieur, formé dans notre école, est très apprécié aussi bien pour ses compétences techniques mais également pour ses compétences managériales et pour ses qualités humanistes, de citoyen responsable et respectueux de l’environnement. L’insertion professionnelle de nos ingénieurs se fait dans un délai à moins de six mois à 100 %, quelle que soit la situation des étudiants et leurs origines. Ce sont ces valeurs qui font résolument avancer notre société et qui permettent à l’autre de nous aider à être nous-mêmes. C’est la condition sine qua non de l’épanouissement. Je suis intimement persuadé, qu’en apportant des réponses aux autres diversités, on avancera sur celles qui nous préoccupent aujourd’hui. J’ai beaucoup d’émotion en parlant de ces jeunes qui managent un double projet : un projet d’ingénieur et un projet de société… »

François Massolo, délégué régional de l’Agefiph Bretagne
2011.11.09.SEPH.Conf_de_presse__6_.JPG« Merci de nous accueillir dans ce bel établissement de l’enseignement supérieur. Je suis particulièrement sensible aux valeurs que vous énoncez. Ce sont des valeurs fortes posées à la veille de notre 15e Semaine pour l’emploi des personnes handicapées. Cet événement, mis en œuvre par L’Adapt, le FIPHFP et l’Agefiph, se met en place dans un contexte difficile cette année. Nous connaissons tous la situation de crise économique.

Contexte défavorable. Parler de l’emploi des travailleurs handicapés, c’est parler de l’emploi, donc de l’économique. Les données économiques ne sont guère favorables. En un an, en Bretagne, le chômage a augmenté pour les travailleurs handicapés de 14 % – il a augmenté de 4 % pour le tout public. C’est une situation assez détériorée. On retrouve quelques constantes que l’on pourrait qualifier de macabres tellement elles sont inscrites depuis que les statistiques sur l’emploi des travailleurs handicapés existent. La proportion des demandeurs d’emploi, de 50 ans et plus, avoisine les 40 % (20 % pour le tout public). Un travailleur handicapé sur deux qui est au chômage l’est depuis un an ou plus (et chômeur de longue durée). 20 % des travailleurs handicapés ont un niveau inférieur au CAP (12 % pour le tout public). J’ai malheureusement l’impression, depuis que l’on organise ces semaines pour l’emploi avec nos partenaires, de répéter chaque année ces mêmes constantes.

Une évolution sociétale. Nous avons néanmoins quelques raisons d’espérer. Le fait que nous soyons accueillis cette année à l’INSA montre l’évolution sociétale dans laquelle, notamment l’enseignement supérieur, s’est inscrite ainsi que l’enseignement général ; nous devons pouvoir observer dans les années qui viennent de plus en plus de jeunes, du primaire jusqu’aux études supérieures, qui vont se préparer à une formation, à un enseignement et intégreront de ce fait plus facilement les entreprises demain.

Entreprises à l’écoute. Par ailleurs, lorsqu’on regarde les performances des dispositifs qui accompagnent les travailleurs handicapés vers l’emploi, on observe qu’elles se maintiennent malgré une situation économique défavorable. Par exemple, le réseau des Cap emploi a accompagné la signature de plus de 3600 contrats de travail en 2010 avec une proportion de 6 à 12 mois qui augmentent, donc une forme de précarisation de l’emploi. Paradoxalement, on a aussi une augmentation du nombre de contrats à durée indéterminée, ce qui est sans doute un des signes qui permet d’affirmer que les entreprises, en 2011, après la remise à jour de l’obligation d’emploi par la loi de 2005, sont à l’écoute et que cette dimension de citoyenneté, de diversité, est intégrée de plus en plus. Les dispositifs œuvrant pour le maintien dans l’emploi, aux côtés des services de santé au travail dans les entreprises du secteur privé, accompagnent chaque année en Bretagne près de 1000 situations de maintien dans l’emploi pour une efficacité à souligner puisque la moitié se concrétise par un maintien effectif dans l’emploi.

Collecte en baisse. Autre indicateur positif : c’est la diminution de la collecte de l’Agefiph. Toute entreprise privée de 20 salariés ou plus doit employer 6 % de travailleurs handicapés. Une autre façon prévue par le législateur est de verser une contribution. Or, cette contribution est en baisse de 15 % par rapport à 2010. Sachant que le taux d’emploi de travailleurs handicapés dans les entreprises assujetties était de 3,8 % en 2008, sachant que la collecte de l’Agefiph sur la période de 2008 à 2011 a baissé de 28 %, quel serait le taux théorique d’emploi de travailleurs handicapés, si la crise n’était pas passée par là ? Et bien, nous dépasserions les 4 % d’emplois de travailleurs handicapés – près de 4,8 % – ce qui serait formidable. Mais c’est un pur cas d’école… Ce qui signifie donc que les entreprises continuent d’intégrer, d’embaucher et à maintenir les travailleurs handicapés. Si une entreprise sur deux ne verse plus aucune contribution à l’Agefiph. Sur les 2500 entreprises bretonnes, un peu plus de 250 ne font strictement rien (13 %) ; ces entreprises, dites à quota 0, ne représentent que 5 % des entreprises concernées par l’obligation d’emploi. C’est donc très marginal et cela nous laisse voir l’évolution des mentalités et l’attention portée par le secteur économique.

Mobilisation intacte. Les trois organisateurs nationaux se mobilisent donc une fois encore cette année en développant nos partenariats en Bretagne avec les collectivités territoriales pour pouvoir mettre en place ces événements majeurs que sont les forums pour l’emploi et diverses manifestations. Nous reconduisons cette année, avec la participation de la Cité des métiers des Côtes d’Armor, le Conseil général des Côtes-d’Armor, Saint-Brieuc agglomération-Baie d’Armor, et un collectif de partenaires, l’organisation du forum recrutement le 15 novembre à Ploufragan avec une trentaine d’employeurs ; près de 600 visiteurs sont attendus. Nous reconduisons également, avec le Réseau des réussites de L’Adapt et la participation indéfectible de la ville de Rennes, du Conseil général d’Ille-et-Vilaine, l’organisation du forum de l’emploi le jeudi 17 novembre à la halle Martenot à Rennes où quelque 50 employeurs élus publics et privés, seront présents ; nous y attendons environ 700 visiteurs. Il y aura, au cours de ce forum, une visite accompagnée de jeunes élèves de lycée qui sont scolarisés dans des classes spécialisées Ulis (unités localisées pour l’inclusion scolaire) pour leur permettre de prendre contact avec le monde du travail et se rendre compte du champ des possibles.

Rencontres en direct. Ce sont des occasions uniques qui permettent à des travailleurs handicapés de rencontrer directement les employeurs. La Semaine pour l’emploi, si elle met en évidence la question de l’emploi des travailleurs handicapés, si elle nous donne à l’occasion d’une mobilisation exceptionnelle, n’est qu’une petite traduction de ce que tous les acteurs mobilisent tout le reste de l’année pour faire avancer la question de l’emploi, de l’insertion professionnelle et du maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés. Nous favorisons également les rencontres entre demandeurs d’emploi et entreprises par l’action « Un jour, un métier en action » qui offre la possibilité à un travailleur handicapé d’être accueilli sur un poste de travail, accompagné par le titulaire du poste de travail, sur une journée. C’est une occasion véritable de rencontre. Ce sont ainsi, au cours de cette semaine, 80 entreprises mobilisées avec 480 offres de poste de travail différentes. Il y a quatre ans, nous avons par ailleurs réuni les chargés de mission handicap des grandes entreprises bretonnes au sein d’un club. Cela permet de démultiplier les occasions de mieux se connaître mutuellement, de démystifier les situations liées au handicap. »

Franck Gallée, directeur régional de L’Adapt
2011.11.09.SEPH.Conf_de_presse__11_.JPG« Effectivement, cette 15e semaine marque une 15e année d’engagements consécutifs. C’est un instant phare dans une année où nous multiplions les actions, dans lesquels nous sommes engagés avec bon nombre de partenaires dans tous les départements. La situation décrite par François Massolo est bien une réalité. Bon nombre d’actions sont en cours pour favoriser l’emploi et l’insertion professionnelle des travailleurs handicapés. Nous mettrons en avant durant cette semaine les expériences qui marchent, nous parlerons des potentialités, nous proposerons des axes de progrès. L’Adapt revendique une fois encore son engagement. La classe politique dans son ensemble, la population française devraient être engagées davantage dans cette question. Nous organisons, aux côtés de notre partenaire Agefiph, tous les dispositifs comme Cap emploi, Handisup, des Handicafés, des moments qui favorisent la rencontre entre travailleurs handicapés et recruteurs avec des offres. Nous faisons en sorte de faire coïncider les CV des personnes et les offres des entreprises. Cela peut déclencher des embauches futures, des recrutements, des entretiens supplémentaires ; parfois, ce n’est qu’une amorce. J’ai en mémoire des responsables d’entreprises qui témoignent du bien fondé de l’initiative, des moments conviviaux, qui viennent en complément des rencontres qui peuvent avoir lieu au cours des forums. »

Hugues Sengenes, élève ingénieur Insa, président du forum grand Ouest 2011
2011.11.09.SEPH.Conf_de_presse__17_.JPG« Nous organisons pour la première fois un Handicafé le 17 novembre au forum grand Ouest de l’Insa. Nous avons été sensibilisés par la présence d’élèves en situation de handicap qui suivent les mêmes cours que nous. Nous avons invité des entreprises pour favoriser la rencontre directe avec les étudiants, le matin, de 9h30 à 11h30, dans un espace dédié. »

Nicole Gargam, adjointe au maire de la ville de Rennes, déléguée à l’accessibilité et aux situations de handicap
2011.11.09.SEPH.Conf_de_presse__18_.JPG« Depuis le début, la ville de Rennes soutient cette manifestation en mettant à disposition la Halle Martenot. Le partenariat avec l’INSA de Rennes est fort symboliquement, montrant que les personnes handicapées sont capables de suivre des études supérieures. On s’aperçoit, au niveau de l’école et des universités, qu’un important travail de sensibilisation a été mené ce qui permet à des étudiants, lourdement handicapés, de sortir ingénieurs INSA. Une personne handicapée, titulaire d’un diplôme de l’INSA, a ainsi plus de chances de trouver un emploi. De plus en plus, les entreprises se disent en recherche de personnes en situation de handicap diplômées. La ville a signé dès 2007 une convention avec le FIPHFP, Fonds d’insertion des personnes handicapées de la fonction publique – les collectivités territoriales doivent-elles aussi, depuis la loi de 2005, embaucher 6 % de personnes handicapées parmi leurs effectifs.

Cette convention a permis de mettre en place diverses actions, en direction de personnels déjà en poste. Les personnes handicapées ne veulent pas forcément se faire reconnaître et il y a besoin d’actions de sensibilisation pour leur montrer l’intérêt d’une telle reconnaissance (aide financière, adaptation de postes, aménagements d’horaires…) Nous avons aussi travaillé à l’évolution de postes, en offrant formations et tutorats. Nous avons développé l’accueil de nouvelles personnes en situation de handicap aux postes proposés par la ville. Là aussi, il a fallu sensibiliser nos agents, une action qui est en cours actuellement. Nous avons développé la possibilité d’accueil en stage, en partenariat avec des établissements spécialisés. Cet accueil participe à la sensibilisation de nos agents. Notre taux d’emploi a désormais dépassé légèrement les 6 %, tant pour la ville que pour le CCAS. »

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