Le café des réussites de Ladapt : partager ses expériences et rêver l’avenir

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

LADAPT.cafe_des_reussites__2__-_Copie.JPGLe Café des réussites est l’une des nombreuses initiatives et actions innovantes de L’Adapt en matière d’accompagnement des personnes en situation de handicap, explique Christelle Nkotto, stagiaire communication, L’Adapt Ille-et-Vilaine. Créé il y a quelques années, le concept a connu beaucoup de succès et est aujourd’hui fortement ancré dans les pratiques des différents acteurs du handicap, qui ont trouvé en ce modèle, une forme très originale pour aborder les questions, aussi délicates soient-elles, de l’insertion socioprofessionnelle des personnes en situation de handicap. Se retrouver autour d’un café, dans une ambiance conviviale et chaleureuse, afin d’échanger sur les parcours d’insertion et les expériences des uns et des autres : tel est le principe du Café des réussites. Témoignages…

L’Adapt : Franck Gallée, directeur -35830 BETTON – tél. : 02 23 27 23 41
www.semaine-emploi-handicap.com
Photos et témoignages recueillis par Tugdual Ruellan

HANDICAP : PARLONS-EN !

Le café des réussites : une initiative de L’Adapt pour partager ses expériences et se projeter dans l’avenir

Des témoignages poignants
LADAPT.cafe_des_reussites__7_.JPGQu’il s’organise autour d’une thématique particulière ou d’un échange libre, l’objectif reste le même : donner la parole aux acteurs pour mieux appréhender des réalités de l’insertion socioprofessionnelle des personnes en situation de handicap. Témoignages poignants, récits parfois douloureux, parcours d’insertion réussis, questions, débats enrichissants rythment ces échanges. « L’enjeu pour les participants consiste à trouver les mots justes. Pour les organisateurs, il s’agit de leur offrir un cadre favorable et une ambiance décontractée pour évoquer des expériences de vie et des parcours d’insertion socioprofessionnelle. » D’une durée d’une à deux heures, ce moment permet ainsi à tous les acteurs du handicap (stagiaires et usagers, professionnels, bénévoles, entreprises et toute personne intéressée par la question) de partager leurs expériences et de se projeter dans l’avenir.

En parler, cela peut changer beaucoup de choses
Si le Café des réussites est un moment convivial, il est surtout un moyen d’action. « Pour les personnes en situation de handicap, c’est une façon de parler de leurs difficultés et aussi de les accepter. C’est également une occasion de faire passer un message, car pour la plupart d’entre elles, le sentiment de ne pas être compris par la société reste la plus grosse difficulté. Les professionnels et les bénévoles y voient encore un moment d’accompagnement et de présence auprès de ces personnes dont ils connaissent le quotidien. Les entreprises qui, aujourd’hui, s’associent de plus en plus à cette démarche, ne manquent pas d’affirmer leur rôle dans l’insertion des personnes en situation de handicap. Faire converger tous ces échanges et témoignages vers une meilleure chaîne d’insertion des personnes en situation de handicap, anticiper en entrevoyant les aspects à prioriser dans le combat pour l’insertion socioprofessionnelle des personnes en situation de handicap : tels sont les défis que L’Adapt veut relever à travers ce type d’action. Ce chantier n’est pas l’affaire d’une seule personne, mais une action collective, le produit d’une chaîne autour de laquelle tous les maillons se doivent d’être forts, actifs et dynamiques » La prochaine Semaine pour l’Emploi des Personnes Handicapées du 14 au 20 Novembre 2011, sera une fois de plus l’occasion, à travers différentes actions, de se réunir autour des problématiques liées au handicap.

Témoignages


Dominique Guyomard : « Il y a 11 ans, j’ai eu un accident de la circulation avec un pied écrasé par un véhicule. De ce fait, d’un point de vue professionnel, j’ai eu un parcours un peu chaotique. Je travaillais comme surveillante en collège et en lycée. J’ai été déclarée inapte par la médecine du travail car la station debout m’était de plus en plus pénible. J’ai souhaité alors réfléchir à mon orientation et à mon projet professionnel. J’ai entendu parler du centre de la vallée à Betton. Le 22 août 2011, j’ai commencé un parcours de pré orientation pour 12 semaines par périodes de trois mois. J’ai pu travailler un nouveau projet professionnel, d’agent d’accueil en milieu médical. Finalement, j’ai décidé de reprendre des études dans le cadre d’un ERP sur deux années à compter de 2013. D’ici là, je vais suivre une pré formation sur trois mois pour une remise à niveau et une préparatoire à l’emploi. Cette formule proposée par l’établissement me convient très bien. C’est une occasion de faire le point sur ses connaissances, ses compétences et d’évoluer. Durant les trois premières semaines, on fait un bilan personnel et professionnel. Tout est fait pour être au plus près de la personne en tenant compte de son handicap. Chacun peut faire part de ses difficultés en toute confiance. Si quelqu’un est fatigué, il peut s’arrêter, sortir marcher s’il est mal à l’aise. On nous bichonne ! Je n’avais jamais connu ça auparavant. Tout le monde y trouve son compte et avance ; il y a une équipe derrière qui nous soutient et nous accompagne. Avec plusieurs types de professionnels : un médecin, un psychologue du travail, une psychologue clinicienne, une assistante sociale, un ergothérapeute… Chacun est libre de donner ce qu’il veut ou non. C’est vraiment fait pour avancer. »

Anne-Cécile Hoffman : « J’étais aide-soignante à domicile pour des personnes handicapés moteurs et j’ai eu un accident du travail. Je me suis retrouvée de l’autre côté de la barrière ! La station debout prolongée m’est pénible. J’ai alors été licenciée pour inaptitude et me suis retrouvée au chômage. J’ai alors pris contact avec la Maison départementale des personnes handicapées pour obtenir une reconnaissance de qualité de travailleur handicapé. On m’a parlé du centre de la Vallée et je me suis inscrite pour un parcours de pré orientation le 22 août. Nous avons trois semaines pour construire un projet professionnel, lancer notre recherche, nous définir par rapport à nos compétences, notre ancien métier et nos anciennes expériences. J’ai commencé à imaginer un projet dans l’orthopédie-prothèse à partir du plateau technique du centre de la Vallée. Mais, compte tenu de mon incapacité à rester debout, je n’ai pas pu aller au-delà de 10 jours d’expérience. J’ai élaboré un deuxième projet comme dessinatrice dans le bâtiment. Je vais commencer à rencontrer des professionnels dans les semaines suivantes pour mieux connaître le métier, les prérequis, les conditions d’exercice. En parallèle, je suis une remise à niveau qui me permettrait, par le biais de la validation des acquis de l’expérience, de valider un niveau 4. Je me suis inscrite en formation à l’ERP Jean Janvier à Rennes. La méthode proposée par l’établissement me convient tout à fait. Nous sommes très bien encadrés ; les personnes sont motivées. Grâce à différents supports, nous pouvons examiner tous les aspects de notre personne, voir les plus, les moins, ce qu’il convient de développer. »

Jessica Boulay, 27 ans : « Titulaire d’un BEP avec mention complémentaire, j’ai travaillé dans le secteur du textile comme vendeuse-retoucheuse, pendant quatre ans dans un magasin de robe de mariée et costume pour hommes à Rennes. Un emploi que j’avais trouvé grâce à mes différents stages… Mais comme j’ai des problèmes de dos, la station debout devenait de plus en plus pénible et j’ai dû mettre un terme à cet emploi. J’ai d’abord été accueillie au centre du Patis-Fraux pour envisager une réorientation professionnelle en même temps que je suivais un programme de rééducation au centre de Pontchaillou. Puis, j’ai demandé à entrer au centre de L’Adapt pour une réorientation professionnelle. Je suis entrée le 22 août pour un stage. Grâce à l’accompagnement qui m’a été proposé, j’ai pu définir une orientation vers la comptabilité. Au début, je n’avais pas d’idées bien définies. Au fur et à mesure, j’ai réalisé de quoi j’étais capable. Dès que l’on a des problèmes, on a tendance à désespérer et se sentir inutile. J’ai peu à peu repris confiance en moi et j’ai réalisé que c’était possible. Il y a beaucoup d’entraide dans le groupe. Il y a des moments de doute, d’inquiétude. Beaucoup sont déjà engagés dans la vie, avec des obligations, des emprunts en cours… On remet un peu notre vie en question. Et on voit, au cours des semaines, que les projets évoluent. On réapprend aussi beaucoup sur nous-mêmes, des choses que l’on avait peut-être oubliées… S’il y a une grosse baisse de moral, il y a dans l’encadrement toujours quelqu’un prêt à nous écouter, nous soutenir. On sent que l’on n’est pas seul. Oui, il faut que je retourne à l’école mais à 27 ans, mieux vaut le faire maintenant ! J’ai désormais un projet déterminé : je vais entrer à l’ERP Jean Janvier à Rennes en avril 2012 pour une préparation qui me permettra d’entrer en septembre pour un cursus de 21 mois avec au final, j’espère, un baccalauréat. Je pense que je pourrai ensuite trouver un emploi dans la région. »

Esther Amenyitor est actuellement contractuelle à l’École des Hautes Études en Santé Publique (EHESP) en tant qu’assistante, après deux mois de mise à disposition au sein de l’établissement : « Secrétaire de profession, et après 8 ans d’incapacité de travail due à mon handicap, j’ai été orientée vers l’Adapt par la MDPH Maison départementale des personnes handicapées en 2008. J’ai commencé une première formation en septembre 2008 intitulée « Préparatoire à l’emploi ». Cette formation m’a permis après des stages en entreprises, avec des bilans positifs, de valider mon ancien projet professionnel. Par ces bilans positifs, j’ai été orientée vers l’esat hors les murs que j’ai intégré en décembre 2009. Jusqu’au mois d’octobre 2011, j’ai eu à effectuer des stages en entreprise suivis de mises à disposition de courtes et longues durées notamment à l’AIMT, au Technicentre Bretagne et à l’EHESP. Tout ceci a été possible grâce à une équipe qui est à l’écoute des usagés, et qui conduit avec nous, nos projets avec tout leur professionnalisme – et moi avec ma détermination, mon but de réussir. Aujourd’hui, je peux affirmer que j’ai réussi mon challenge, car le retour à l’emploi n’a pas été facile après 10 ans d’absence. Avec une manque de confiance au début, j’ai pu dans chaque mise en situation prouver que je suis capable tout en surmontant les difficultés, et par ma nature positive, j’ai persévéré. aujourd’hui »hui je suis confiante quant à l’avenir. Un grand Merci à toute l’équipe de l’Adapt et plus principalement à ceux qui m’ont accompagnée, qui ont cru en moi, m’ont fait confiance et m’ont soutenue : Clélia Marivin, Louis Hemon de « Préparatoire à l’Emploi »; du Trio SAT HM, Nadège Jamoteau, Delphine Bocquet-Brizoux, Jean-François Dando. A mes collègues, bonne continuation et surtout n’abandonnez jamais. Croyez en vous ! »

LADAPT.cafe_des_reussites__6__-_Copie.JPGEric Raspail, directeur de l’AIMT, service de santé au travail : « Notre métier, c’est la prévention, le suivi de la santé des salariés. Nous avons fait appel à L’Adapt car nous recherchions une collaboratrice. Un responsable nous a alors contactés pour mieux cerner notre demande et nous a proposé une personne dont les compétences correspondaient à nos attentes. Chaque année, nous faisons appel à l’intérim, ce qui est lourd en gestion de bordereaux. La personne devait pouvoir gérer cette opération. Comme elle avait un rythme de travail plus lent, il nous a paru important de préparer son arrivée en amont. Il faut préparer l’organisation mais aussi l’environnement de travail, bien associer l’encadrement, les futurs collaborateurs pour préparer la venue de la personne et mettre le maximum de chances pour que l’intégration se passe bien. Le centre de la Vallée nous a aidés dans l’analyse du poste et nous avons accueilli cette personne. Elle est restée quatre mois dans la structure et tout s’est très bien passé. Je crois que c’est dû à ce travail préparatoire qui a été mené en amont. Nous avons particulièrement apprécié la méthodologie développée par l’Adapt, l’accompagnement et avons apprécié tout particulièrement la personne, très souriante, ouverte et compétente. Nous sommes prêts à renouveler cette initiative chaque année avec L’Adapt si des candidats postulent et sont intéressés par ce type de collaboration. »

A PROPOS DE L’ADAPT

L’ADAPT, association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées, est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique, financée par l’Etat, les collectivités publiques et par les dons. Présente dans toute la France à travers plus de 100 établissements et services de soins de suite et de réadaptation, d’aide par le travail, de rééducation professionnelle, d’éducation motrice et d’accompagnement, L’ADAPT accueille chaque année près de 12 000 personnes handicapées, touchées par le handicap à leur naissance ou suite à un accident de la vie. Ayant créé la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées en 1997, elle organise depuis l’événement chaque année en novembre et dispense à travers les bénévoles de son Réseau des Réussites un accompagnement à des personnes handicapées qui souhaitent être suivies dans leur recherche d’emploi. La mission qu’elle conduit depuis plus de 80 ans : accompagner la personne handicapée dans son combat ordinaire, celui de sa vie quotidienne, pour qu’elle puisse « Vivre avec et comme les autres ».

Pour en savoir plus :
www.ladapt.netwww.travaillerensemble.netwww.semaine-emploi-handicap.com
Contact presse : Agence Rouge Safran / Emeline Pauzière – tél. 06 87 76 17 23- L’Adapt
Sophie Cabanes – tél. 01 48 10 94 45.

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