Jusqu’au 4 mai 2012, Violaine Vieillefond expose à La Galerie Audrey Marty à Saint-Malo « Métamorphoses »

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - arts

Violaine_pour_Tugdual_2.jpgViolaine Vieillefond s’adonne à la peinture avec jubilation. Elle investit l’espace du tableau comme un lieu de questionnement du vivant. Son travail s’inscrit dans la lignée de l’abstraction lyrique occidentale : recherche de la forme dans l’informel, savant dosage entre intention et laisser-faire, ambition plastique et poétique. Dans cette exposition à La Galerie Audrey Marty à Saint-Malo, elle poursuit ses recherches sur la fluidité et la lumière, parfois à la limite de l’épure, à la jonction entre incertitude et intervention contrôlée. Violaine Vieillefond nous propose une oeuvre profondément originale, dégagée de toute école.

Exposition Violaine Vieillefond, «Métamorphoses» – présentation à télécharger en cliquant sur ce lien
Du 17 mars au 4 mai 2012 – ouvert du mercredi au dimanche et jours fériés, de 14 h 30 à 19 h et le matin sur rendez-vous
4 rue du Pourpris à Saint-Malo – Intra-muros, dans le prolongement de la rue de Dinan en allant vers la cathédrale)
Tél. : 02 99 56 21 34 ou 06 87 26 90 31 – contact@audreymarty.fr
Site : www.audreymarty.fr
Lire l’entretien avec Violaine Vieillefond (Tugdual Ruellan)

Le site de Violaine Vieillefond

www.violaine-vieillefond.odexpo.com

Entretien avec Violaine Vieillefond

Violaine_pour_Tugdual_1.jpgQue présentez-vous à La Galerie Audrey Marty ?
J’ai envie de m’exprimer avec des formes et des couleurs, des ressentis de nature, en passant par le langage abstrait qui est le mien, dans lequel se mêlent des interventions de hasard, de mutations… Il y avait des papiers, des toiles, différents formats de peinture… Un ensemble qui, avec le regard d’Audrey Marty, a permis de constituer une exposition cohérente. Nous avons choisi de l’appeler Métamorphoses.

Qu’est-ce qui vous anime lorsque vous créez ?
J’aime à citer Démocrite, philosophe grec de l’Antiquité : « Tout ce qui existe est le fruit du hasard et de la nécessité ». Au commencement d’une peinture, il y a des sensations, des images mentales qui défilent. Elles sont tantôt répétitives, tantôt mutantes, fluctuantes. Je vois des formes en mouvement : il faudrait qu’elles aient l’infinie complexité du vivant. Plus récemment, je me suis plongée un peu plus sur les questions du hasard, de l’origine de la vie… Face à ce hasard, il y a aussi une lutte pour qu’il se passe des choses…

Violaine_pour_Tugdual_4.jpgComment travaillez-vous ?
Je travaille souvent par terre, à plat, je mets de l’eau et les formes se créent, des chemins apparaissent. Dans les formes qui se dessinent, j’essaie de capter des mouvements tels ceux qui existent dans la complexité du vivant. Par exemple, lorsqu’on regarde de la matière au microscope ou même, lorsqu’on regarde le ciel à la lunette astronomique… Entre l’infiniment petit et l’infiniment grand, entre le microscopique et le macroscopique, entre ces formes organiques et des formes du cosmos… j’essaie presque de trouver des liaisons entre ces extrêmes.

Que ressentez-vous en peignant ?
La peinture est un espace de liberté qui permet de trouver des chemins, a priori improbables. J’aime travailler sur des formats très différents pour ne pas me limiter. Alors, je me trouve dans un rapport physique à l’espace ; la taille du tableau m’entraîne différemment, dans un espace intérieur, intime, ou alors, dans un espace plus vaste… vers la nature.

L’eau est très présente…
C’est la matrice de mon travail. Je suis très heureuse d’exposer dans une ville d’eau comme Saint-Malo et tout particulièrement à La Galerie Audrey Marty. C’est un lieu où je me sens bien ; suffisamment petit pour créer un espace intime – comme un écrin – suffisamment large pour y présenter des grands formats. Un lieu très harmonieux et fluide qui me convient.

Propos recueillis par Tugdual Ruellan.

Violaine Vieillefond – Biographie

Photo_009ter.jpgViolaine Vieillefond est née en 1970 à Saint-Cloud. Elle vit et travaille entre Paris, Vitry-sur-Seine et les Alpes. Très influencée par le milieu familial à double culture, une mère angliciste historienne d’art et un père polytechnicien, elle s’engage d’abord dans des études scientifiques (après ses classes préparatoires au Lycée Louis Le Grand, elle obtient son diplôme d’ingénieur de l’Ecole Nationale Supérieure des Techniques Avancées) mais elle est surtout marquée par les images et les impressions visuelles que lui livrent les expériences: fluides colorés en mouvement, monde micro et macrocosmique… dont elle trouvera un écho décisif dans les grandes peintures abstraites américaines (Sam Francis, Jackson Pollock…) et qui nourriront lentement sa recherche artistique.

Elle installe son premier atelier à Bruxelles en 2001. De retour en France, elle poursuit sa formation dans l’atelier de Martin Bissière aux Ateliers Beaux-Arts de la Ville de Paris et dans celui de Daniel Lacomme, ancien enseignant à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. En 2010 elle obtient une bourse du Conseil Général du Val de Marne.

Elle a dirigé la décoration de la Chapelle de la Maison des Etudiants à l’Université Sainte-Marthe en Avignon. Son travail est visible en permanence à la Galerie Bagatelle à Aix-les-Bains. A partir d’un travail rigoureux de la fluidité, Violaine Vieillefond a progressivement développé dans sa peinture une vision du rapport à un monde mouvant, structuré par des formes en métamorphose, en équilibre entre hasard et intervention contrôlée, entre nécessité et improvisation.

« …Vient alors l’expérience, l’acte de peindre. »

Composition1.jpg« La matière originelle est liquide, c’est la matrice dans laquelle l’accident initial va induire une série de nécessités, de lois…mécanique des fluides… Comment les couleurs s’écoulent-elles ? Perturbations aléatoires. Métamorphoses indéterminées. J’interviens pour guider l’eau et sa matière picturale dans leur trajet, pour qu’elles produisent des formes selon un sens, selon des liaisons, selon une nécessité interne qui apparaît progressivement.

Quelle est la part du hasard, quelle est la part de l’intention, quelle est la part de l’inéluctable ? Il faut chercher l’équilibre entre le geste complètement hasardeux et le geste totalement pensé. Le hasard n’est pas partout, il domine par instant et nous emmène de la forme la plus simple à la plus complexe. En intervenant dans l’essence même de la peinture, dans son processus de réalisation, l’aléatoire libère la couleur qui peut alors s’émanciper de la forme consciente ; la forme apparaît in fine, mais elle dépend des conditions initiales. Ce qui est intéressant, ce sont ces petites variations, les petites mutations. Souvent un travail en série, donc.

Composition2.jpgPar l’expérience de la peinture, je cherche à rendre manifeste le rapport à un monde mouvant, structuré par des formes en métamorphose, en équilibre entre hasard nécessité, entre incertitude et intervention contrôlée. Si l’artiste n’a pas à expliquer la place notre place dans l’univers, son principe dans toute sa complexité (cela incombe au scientifique), il doit en revanche l’interroger avec ses propres formes, avec les sensations, avec l’émotion ; il peut en suggérer le mystère et une certaine beauté. Mystère et beauté du hasard, de l’origine, du vivant, de l’évolution… »

Violaine Vieillefond.

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