Univers-Cité d’été à Ploufragan : Femmes et sport

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - PLOUFRAGAN

2012.07.09.7397_-_Copie.JPGQuelle est la place de la femme dans la société, et plus précisément dans le sport ? Ou plutôt, quelle place lui laisse-t-on ? Quels sports pratique-t-elle ? Avec Edith Maruejouls, sociologue, doctorante en géographie pour le laboratoire ADES (aménagement-développement-environnement –santé et sociétés) rattaché au CNRS à l’Université Michel de Montagne de Bordeaux (Bordeaux 3) et Katia Labat, Responsable régionale de l’EPMM, Entraînement physique dans le monde moderne, fédération française EPMM Sport pour tous.

Organisation : ville de Ploufragan (Côtes-d’Armor) – Christine Orain, 1ère adjointe
www.ploufragan.fr
Animation rencontre-débat : Tugdual Ruellan
Photos : Adèle Marivint
PLAQUETTE A TELECHARGER en cliquant sur ce lien

2012.07.13.ephemere-2.pngLire Ephémère n°2 du 13/07/2012 de la Ville de Ploufragan – cliquer sur l’image.

Accueil de Christine Orain

première adjointe à la ville de Ploufragan, au développement local et à la communication.

EPMM, Entraînement physique dans le monde moderne

2012.07.09.7404_-_Copie.JPGKatia Labat est assistante technique régionale au Comité régional de l’EPMM, Entraînement physique dans le monde moderne, fédération française EPMM Sport pour tous, chargée de coordonner depuis 1996 les actions sport santé et la formation en Bretagne. La fédération française EPMM prend en compte la spécificité des femmes (convivialité, proximité, souplesse des horaires…) L’EPMM, dont la devise est « sport pour tous », compte 87% d’adhérentes féminines. Elle propose de nouveaux programmes aux femmes en difficulté.

SITE : www.sportpourtous.org

PRESENTATION A TELECHARGER EN CLIQUANT SUR CE LIEN

Les loisirs sexués dans les espaces et les équipements des jeunes

2012.07.09.7408_-_Copie__2_.JPGEdith Maruejouls est sociologue ; pendant plus de 10 ans, elle a travaillé comme experte sur les territoires auprès des élus sur les questions sociales, notamment les banlieues et quartiers populaires de la ville de Bordeaux, les politiques jeunesse, la prévention de la délinquance. Elle a décidé de reprendre des travaux de recherche pour passer une thèse et est aujourd’hui doctorante en géographie pour le laboratoire ADES (aménagement-développement-environnement –santé et sociétés) rattaché au CNRS à l’Université Michel de Montagne de Bordeaux (Bordeaux 3) avec un thème qui lui tient particulièrement à cœur : la place des femmes et des jeunes filles dans la société et une absence notable dans les politiques publiques. Sa spécialité : la pratique sportive pour toutes et tous, filles-garçons, sans parler de sport de haut niveau. Elle présente une étude qui fonde sa thèse réalisée dans la Communauté urbaine de Bordeaux : un état des lieux de la mixité filles/garçons dans le sport. Sa recherche prend en compte les aspects de culture, sport et animations généralistes : « Mixité parité et genre : les loisirs sexués dans les espaces et les équipements des jeunes. » Comment nos enfants font-ils du sport ? Comment s’organise la mixité hommes-femmes dans la pratique sportive ? Ses travaux posent la question d’une pratique sportive « alternative » basée sur la mixité, l’intergénérationnel, et le loisir, l’entretien de son corps, le jeu ensemble « contre » une pratique performante et compétitive à tout prix.

Présentation d’Edith Maruéjouls – à télécharger en cliquant sur ce lien

maruejouls.jpg

Quelques conclusions à mi parcours de la recherche…

Avant l’exploitation complète des observations et des entretiens, quatre questions se posent :
1. L’offre de loisirs subventionnée, toutes activités confondues, s’adresse en moyenne à deux fois plus de garçons que de filles : est-il juste de consacrer deux fois plus d’argent public aux loisirs des garçons qu’à ceux des filles et aux équipements qui les reçoivent ?
2. Les filles décrochent à partir de l’entrée en sixième, elles disparaissent des équipements et espaces publics destinés aux loisirs des jeunes. On ne peut pas attribuer cet effacement des filles de l’espace public à une « nature » ou des « prédispositions » féminines, car chaque fois qu’une offre particulière est faite pour le public féminin (danse hip-hop, football et rugby féminin) ou un public mixte (orchestres de jeunes, théâtre, activités sportives de plein-air), elle remporte un franc succès. Quels murs invisibles, quelles barrières les empêchent de participer plus massivement à la proposition publique de loisirs ?
3. Les activités non mixtes masculines sont beaucoup plus importantes que les activités non mixtes féminines. Dès l’entrée en sixième, la séparation des sexes dans les loisirs s’accentue et amplifie le décalage entre les activités masculines et féminines. La séparation des sexes n’augmenterait-elle pas l’inégalité des pratiques et l’hégémonie des garçons dans l’espace public ?
4. Les pratiques de loisirs semblent très fortement imprégnées des stéréotypes de sexe, au point que le choix d’une activité ou d’une autre paraisse déterminant dans la constitution des identités sexuées par les enfants et leur famille : aux garçons les activités valorisant la force, l’agressivité, le collectif, l’occupation physique de l’espace public ; aux filles les activités privilégiant la grâce, la sensibilité, l’effacement, l’espace fermé ou privé. Quelle place pour les filles et les garçons qui ne correspondent pas à ces stéréotypes de sexe ? Quelle possibilité pour des pratiques sportives, artistiques ou de loisirs mixtes à partir de l’adolescence ?

2012.07.09.7411_-_Copie.JPGLe chiffre le plus marquant concerne les tranches d’âge des 14-18 ans. L’essentiel de l’offre publique de loisirs s’adresse alors aux garçons, et en particulier à ceux qui appartiennent à des catégories censées troubler l’ordre public (politiques de prévention). Cette éducation différenciée des garçons et des filles à l’usage de l’espace public ne prépare-t-elle pas l’hégémonie masculine dans la ville et le sentiment d’insécurité pour les femmes qui, parfois, en découle ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *