A découvrir, la Lettre n°2 de Différent et Compétent Réseau : pour la reconnaissance des compétences

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

2013.D_C.Lettre_n_2-UNE.jpg Confiance, faire confiance, se faire confiance !
Jacques Serpette, président Afresat Basse-Normandie :  » Comme chacun le sait le dispositif Différent et Compétent a l’ambitieuse finalité de faire évoluer nos Esat vers des « espaces apprenants ». Projet passionnant qui participe à renforcer l’identité médico-sociale d’établissements de travail adapté que sont les esat. Pour cela, à l’occasion de cet éditorial, je propose de vous arrêter une minute sur un prérequis essentiel. Je veux parler de la confiance : faire confiance, nous faire confiance ! Faire confiance aux travailleurs dans leurs capacités à montrer leurs compétences, à élaborer, avec aide, un dossier, et se présenter devant un jury. Mais aussi, à expérimenter de nouvelles compétences, à évoluer. Permettons-leurs de nous surprendre !…  »Lire la suite »

Lettre n°2 de Différent et Compétent Réseau, avec le concours du Fonds social européen
A TELECHARGER EN CLIQUANT SUR CE LIEN ou SUR L’IMAGE
Juin 2013 – Aresat – CS 70010 – 35538 Noyal s/Vilaine Cedex
www.differentetcompetent.org
Comité de rédaction : Jean-Louis Cremet, Alexandra Eloi, Magdeleine Grison, Yoann Piplin, Tugdual Ruellan
Président : Christian Guitton ; coordination : Magdeleine Grison
Conception graphique : Delphine Le Breton

Edito

Jacques Serpette, président Afresat Basse-Normandie :

Pour ma part, j’ai souvent été surpris par leurs capacités. Goethe avait donc raison ! « Traitez les gens comme s’ils étaient ce qu’ils pourraient être et vous les aiderez à devenir ce qu’ils sont capable d’être ». Mais Goethe ne pensait pas aux travailleurs d’esat quand il a écrit cette phrase ni même aux moniteurs d’ateliers. Il pensait à chaque individu dans sa relation à l’autre et sans doute en particulier aux personnes qui assurent un pouvoir vis-à-vis des autres, tant dans les sphères privées, professionnelles ou politiques. Il faisait donc appel à faire confiance aux capacités et au devenir de chacun.

Pour revenir à notre espace, cette confiance est portée par chacun des moniteurs d’ateliers et cadres impliqués dans ce dispositif ! Une nouvelle fois, lors de la récente remise des attestations de compétences de Basse Normandie en avril dernier, j’ai été marqué par la force des témoignages de reconnaissances des travailleurs vis-à-vis de leurs moniteurs. C’est sans doute pour eux le meilleur encouragement et sans doute une importante source de motivation professionnelle. Alors, pour que nos Esat progressent vers des établissements apprenants, il me parait nécessaire que cette confiance soit portée par l’ensemble de ses acteurs, travailleurs, moniteurs d’ateliers, éducateurs, professionnels, cadres, directeurs et par l’ensemble des administrateurs.

Je sais – pour l’avoir vécu dans mon expérience – qu’une crise de confiance amène une démobilisation des professionnels et je sais aussi que la qualité d’une évolution professionnelle, que l’on soit travailleurs d’esat, moniteurs, cadres, directeurs, est directement liée à la confiance accordé par sa hiérarchie. Pour que nos espaces deviennent apprenants pour tous, cet état d’esprit doit, là où nous sommes, faire partie de l’éthique de nos établissements ! »

La Réunion rejoint le dispositif Différent et Compétent

Depuis une dizaine d’années, les Esat de La Réunion travaillent ensemble sous l’égide de Andicat. Différent et Compétent leur offre l’occasion de donner un cœur de métier.

Le 5 décembre 2012, naissait le Reer, Réseau des esat et entreprises de La Réunion. « Cinq associations ont décidé de se réunir autour d’un projet commun, explique Alain Sabban, directeur de la Fondation Père-Favron et délégué régional Andicat. Elles rassemblent dix établissements qui accueillent quelque neuf cent cinquante personnes. Début 2013, Yoann Piplin, coordonnateur Aresat Bretagne, est venu présenter le dispositif Différent et compétent. En mars, une rencontre avec plusieurs responsables d’établissements déjà engagés dans la démarche depuis plusieurs années, nous confortait dans notre choix d’intégrer le dispositif. Nous souhaitons ainsi valoriser la diversité des compétences des travailleurs en situation de handicap, par la construction d’un système de reconnaissance des acquis professionnels, accessible à tous, en référence au dispositif Différent et Compétent. Notre intention est aussi de valoriser l’image des esat dans leur environnement économique et favoriser l’intégration, décloisonner nos organisations et nos modes de relation avec le milieu de l’entreprise et les partenaires de l’insertion, créer enfin, un outil de communication valorisant l’image des esat en direction des entreprises. Un groupe de travail s’est constitué pour apporter une réponse mutuelle aux marchés et développer une culture partagée entre les esat et les acheteurs publics et privés. » Rendez-vous le 10 juin avec Pierrot Amoureux pour une formation des directeurs et des cadres puis, en juillet, pour former les moniteurs.
Site : www.reer.re

Tisser des passerelles avec l’entreprise du milieu ordinaire

En 2009, Magdeleine Grison prépare avec François Bruckner, responsable de formation dans un groupe logistique international, les premières VAE d’agents en messagerie. Ils se retrouvent aujourd’hui pour échanger sur le dispositif Différent et Compétent. Une découverte qui intéresse François Bruckner tout particulièrement…


L’entreposage et la messagerie… des métiers qui rappellent ceux exercés, à plus petite échelle, par bon nombre d’esat. « Le Groupe s’est lancé dans la VAE afin d’offrir à ses salariés reconnaissance et perspective de développement, explique Magdeleine Grison. Les débuts n’ont pas été aisés car beaucoup de salariés étaient illettrés et n’avaient jamais obtenu de diplôme. Avec beaucoup de ténacité et un accompagnement adapté, tous les candidats ont finalement obtenu leur validation sur un CAP agent d’entreposage et messagerie. »


Reconnaître le professionnalisme

François Bruckner s’intéresse à la démarche Différent et Compétent : « J’ai du mal à imaginer un accompagnement de la part des chefs d’équipe de l’entreprise, eux-mêmes soumis à de très fortes contraintes de production. Pourtant, le dispositif Différent & Compétent interpelle et, par jeu de miroir, amène à s’interroger sur ce que nous faisons pour reconnaitre le professionnalisme des salariés en situation de handicap. » Magdeleine Grison et François Bruckner s’interrogent : quelle vigilance adopter pour faciliter l’accès à la formation ? En quoi l’entreprise offre-t-elle un parcours professionnalisant ? Une politique adaptée ne serait-elle pas discriminatoire ? Qu’en est-il pour les salariés sans diplôme, pour qui la VAE est à peine envisageable ? « S’engager dans une formation, poursuit François Bruckner, renvoie à l’échec scolaire auquel beaucoup ont été confrontés. Les référentiels déclinés par Différent et Compétent selon les modalités « concret – abstrait- transfert » sont une piste fort intéressante pour rendre accessible à ces professionnels une démarche de qualification. C’est aussi une occasion pour inscrire salariés et managers dans une dimension d’organisation apprenante. Pourquoi ne pas imaginer qu’un salarié reconnu dans une VAE puisse accompagner la professionnalisation de la personne en situation d’handicap et devenir ainsi tuteur ? Il s’agirait de définir le cadre de compétences à valider pour le candidat, et le cadre d’accompagnement pour le tuteur. »

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