La santé avec des mots simples : un guide en pays de Redon Bretagne sud réalisé avec les habitants et groupes d’usagers

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - santé

2014.06.guide_sante.UNE_-_reduit.jpgUn guide pour la promotion de la santé globale et l’accès aux droits. « La santé avec des mots simples » vise à promouvoir la santé des habitants du pays de Redon. Il s’intéresse aux divers facteurs personnels, sociaux, environnementaux influençant la santé et non pas seulement aux comportements des personnes et aux services de soins. Il est est une action universelle destinée à tous les habitants quelles que soient leurs difficultés d’accès et rapports à la santé. Il vise à apporter aux lecteurs, le plus simplement possible et de manière attractive, des clés pour favoriser un meilleur accès à la santé et aux droits à l’échelle du pays de Redon, à l’aide d’informations proposées en écho aux témoignages livrés par des usagers du territoire. Il est le fruit d’un partenariat entre professionnels et usagers.

GIP Groupement d’intérêt public du Pays de Redon – Bretagne Sud – site : http://pays-redon.jimdo.com
Vice-présidente en charge des services à la population au GIP : Yvette Année
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Coordination : Marjorie Chanlot, animatrice territoriale de santé au GIP Pays de Redon Bretagne Sud – contact : sante@pays-redon.fr – tél. 02 99 70 38 49)
Co rédaction : Tugdual Ruellan
conception graphique : Delphine Le Breton (Labographie) ; illustrations : Sophie Hutin ; impression : Imprimerie armoricaine ; lien et animation avec les groupes : Ophélie Chauvière (chantier d’insertion Lever le Rideau).

La santé avec des mots simples

Guide pour la santé sur le Pays de Redon – Bretagne sud

Article Ouest-France – 15 juillet 2014

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2014.07.guide_sante.PHOTOS.png Ce projet a été élaboré par un groupe de professionnels pluridisciplinaires, piloté par l’animation territoriale de santé (ATS) du pays de Redon-Bretagne sud, avec l’implication d’usagers. Il a reçu l’appui de la caisse primaire d’assurance maladie 35 et de l’instance régionale d’éducation et de promotion de la santé en Bretagne (IREPS), dans le cadre du programme régional d’accès aux soins et à la prévention Ille-et-Vilaine (PRAPS). Il a pu se développer avec le soutien financier de l’Agence régionale de santé de Bretagne (ARS – direction de la santé publique et direction adjointe de la démocratie sanitaire), les conseils généraux d’Ille-et-Vilaine, du Morbihan et de Loire-Atlantique.

Groupe de travail accès aux droits et à la santé de l’ATS

Pays de Redon-Bretagne sud ; Service insertion Ville de Redon ; Association des centres de santé d’Allaire-Malansac ; Centre Hospitalier de Redon ; Conseils généraux Ille-et-Vilaine et du Morbihan ; Mission locale jeunes du pays de Redon et de Vilaine ; AIS 35.
Intervenants extérieurs : Tugdual Ruellan, journaliste ; Delphine Le Breton, graphiste ; Ophélie Chauvière, chargée de communication au chantier d’insertion Lever le Rideau à Redon.

Des constats d’inégalité d’accès à la santé à l’origine de cette initiative

Un ensemble de constats a motivé ce travail : le renoncement aux droits et aux soins, les difficultés d’accès aux professionnels de santé, l’isolement de l’usager dans un système de santé complexe ou encore la méconnaissance des aides disponibles. L’accès aux droits et à la santé globale est une priorité de santé du pays de Redon depuis le lancement des missions de l’animation territoriale de santé en 2009.

2014.07.10.remise_guide_GIP__5__-_Copie.JPGLancement officiel du guide le 11/07/2014 à Redon.

Un projet inscrit dans la continuité d’une programmation locale de santé en faveur de l’accès aux droits et à la santé

En réponse à la priorité du pays en matière d’accès aux droits et à la santé, quelques actions de sensibilisation des professionnels ou d’usagers ont déjà été préalablement menées.
D’une part pour les acteurs relais auprès de publics en difficultés, des actions pour renforcer leurs connaissances (réunion d’information en direction des professionnels avec la CPAM et le centre d’examen de santé 35 en juin 2012, formation sur l’accueil et la santé en direction des bénévoles d’associations caritatives avec l’IREPS en 2010). D’autre part, l’attention s’est portée sur les habitants notamment pour renforcer leur participation aux actions de prévention de la santé (un service animation santé coordonnant des groupes d’habitants et des actions de santé s’est mis en place au sein de l’association des centres de santé Allaire-Malansac depuis 2011). Les efforts se poursuivent donc depuis 2 ans sur la sensibilisation des habitants avec ce projet de guide santé.

Une longue aventure participative

Le groupe de travail a fait le choix de construire cet outil en suivant un processus associant des usagers. Aussi, dès le recueil de données, les professionnels ont été à la rencontre d’une cinquantaine d’usagers, de manière individuelle ou collective. Des récits de parcours de vie et de santé ont été recueillis auprès de personnes dans les structures et associations suivantes :
• des jeunes de l’association“ Groupe jeunes ” Redon,
• des résidents du Centre d’Hébergement et de Réinsertion Social CHRS Adsao Redon (AIS 35),
• des résidents de la Maison relais (AIS 35),
• des personnes accompagnées par le service insertion de la ville de Redon,
• des jeunes en formation prestation préparatoire à l’insertion ( PPI ) du Greta,
• des personnes du groupe chercheurs d’emploi Rebon-dire,
• des habitants d’Allaire issus du groupe bien-être de l’association des centres de santé Allaire-Malansac,
• des salariés du chantier d’insertion Lever le rideau de Redon.

Pour mener cette démarche participative encore plus loin, les membres de 4 groupes d’usagers ont été impliqués dans la phase de conception du guide, à l’aide d’une chargée de communication en insertion :
* Salariés du chantier d’insertion Lever de rideau-La Fédération d’animation rurale en pays de Vilaine
* des jeunes de l’association groupe jeunes
* des habitantes du groupe bien-être de l’association des centres de santé Allaire-Malansac
* des adhérents du groupe d’entraide mutuelle Oxygène (GEM).

Leur participation active a permis d’enrichir la réflexion des professionnels sur le contenu du document et sa mise en forme. Les groupes, forces de propositions, ont ainsi alimenté les choix rédactionnels et graphiques (10 rencontres animées au total).

Un guide complet de 76 pages

Un document complet organisé en 7 chapitres construits sur la base des récits recueillis. Parmi les sujets traités, les facteurs personnels et déterminants sociaux et environnementaux de la santé (freins psychologiques, isolement, freins financiers, situation de handicap…), les démarches auprès de l’assurance maladie, les relations avec les professionnels de santé, les interlocuteurs ressources localement (annuaire), les projets de santé du territoire. Un jeu de miroir : témoignages – éclairages – aspirations d’usagers.

Extraits de quelques témoignages

Des appréhensions : « J’ai peur d’apprendre des mauvaises nouvelles sur ma santé alors pour l’instant je mets ça de côté. »
Des difficultés à demander de l’aide. « Dire qu’on a la CMU, c’est dire clairement qu’on n’a pas de quoi payer et qu’on ne travaille pas… Y’en a marre de faire l’aumône ! »
Avoir de faibles revenus. « Quand tu as de l’argent, tu es en bonne santé ; quand tu n’en as pas, tu as une plus mauvaise santé. »
Se sentir isolé. « J’ai 40 ans et vis seule avec mes enfants. J’ai des problèmes de santé et vis difficilement cette rupture familiale mais tous mes amis travaillent et sont occupés. Je ne leur ai pas demandé de l’aide pour ne pas les déranger »
Un environnement créateur de handicaps. « Je suis en prison dans mon fauteuil roulant. L’accès aux loisirs, l’accessibilité en général me posent des problèmes. J’aimerais aller à la piscine : dans l’eau, tu es libre. »
Le coût des soins. « J’ai fait des devis, c’est du luxe d’avoir une bonne dentition. Il y a le problème du seuil en matière de ressources : je n’ai pas eu le droit à la CMU. J’ai une mutuelle mais je ne suis pas assez remboursé. Depuis que je suis en retraite, je n’ai plus les moyens de payer les factures du dentiste. J’ai abandonné… »
La complexité administrative. « La couverture sociale, elle met trop de temps à arriver. Il y a trop de papiers et les démarches sont longues. »
Les relations avec le médecin traitant. « Beaucoup de personnes améliorent leur santé lorsqu’elles trouvent le médecin qui leur convient ».
Sentiments de stigmatisations. « Quand on dit que l’on est à la CMU, parfois on ressent de la discrimination de la part de certains professionnels de santé ou alors on a des délais d’attente plus longs pour avoir un rendez-vous. »
La pénurie de professionnels de santé. «Les cabinets médicaux sont surchargés et ils refusent même de nouveaux patients ! ».
L’accès difficile à l’information. « L’information ne vient pas à nous : il faut être à l’affût ! »
Aller de l’avant. « Je ne me suis pas découragé pour avoir un premier rendez-vous médical. J’ai poursuivi mes recherches jusqu’à temps que je trouve un médecin »
Partager avec ses proches. « Nos parents ont des réponses à nos questions mais parfois non. Ils aident pour les papiers, les démarches. Leur expérience, leur responsabilité et leur expérience sont de bon conseil ».
Se sentir bien dans son cadre de vie. « J’arrive à me sentir bien car j’ai trouvé un appartement où je me sens bien, où j’ai envie de rester, parce que j’y suis tranquille, que j’arrive à bien dormir et à bien manger ».

La communication et diffusion du guide

Une version numérisée déjà en ligne sur le site du pays de Redon « santé » : www.pays-redon.jimdo.com ;
3000 exemplaires papiers vont être diffusés auprès de structures de l’action sociale et de la santé sur le pays. Ces relais pourront le remettre aux usagers dans le cadre d’accompagnements où la santé est repérée comme un frein dans un parcours d’insertion et/ou si des problèmes pour prendre soin de sa santé sont observés. Le guide sera aussi disponible dans des espaces d’accueil, notamment dans des lieux telles que les mairies, communauté de communes ou encore, des médiathèques.
Une affiche de communication pour communiquer sur le document ;
Un flashcode présent sur le guide et l’affiche pour un téléchargement instantané.

Une démarche évaluée

Evaluation menée auprès des professionnels du groupe de travail et à venir auprès des usagers et des acteurs partenaires de la diffusion du guide.
Les premiers retours des usagers
« Nous avons souhaité nous engager dans ce travail pour faire partager nos expériences, nos réflexions. . C’était aussi une occasion de se connecter à la vie sociale du pays de Redon, peut un tremplin vers d’autres projets… » Salariés du chantier d’insertion le lever de Rideau
« Avec ce guide, on a le sentiment de participer à quelque chose d’utile. C’est l’occasion de partager des expériences, d’apporter des pistes, des connaissances sur l’organisation du système de santé dans notre pays et c’est important de le faire pour des personnes qui en ont en besoin. » Association groupe jeunes.
« Quand tu n’es pas bien dans la tête, tu as du mal à aller voir le médecin et ce petit livre peut t’aider. C’était important de participer à ces rencontres pour être au courant et trop lire ni écrire : pour que tout le monde voit le livre, sache comment le système de santé fonctionne. » Groupe d’entraide mutuel Oxygène
« Ce guide pourra permettre d’être aidé quand on est seul, par exemple pour remplir un dossier. C’était l’occasion d’apprendre des choses car on ne sait pas toujours à qui s’adresser et d’avoir un échange à partir de nos expériences. » Groupe bien-être – Association des centres de santé d’Allaire-Malansac.

Un bilan en cours avec les partenaires du groupe de travail

Bien que la participation soit un exercice chronophage et impose une adaptation permanente du projet, les partenaires du groupe de travail relèvent des plus-values dans le projet mené :

Satisfaction pour le travail partenarial
+ Un travail d’équipe, de co-construction avec de nombreux échanges
+ Un apport d’informations, une actualisation des connaissances pour les partenaires professionnels participants, pour l’institution et les usagers associés
+ Un outil pour un meilleur accompagnement des usagers

Une méthodologie et une démarche participative appréciées
+ Un réel travail participatif grâce à la méthodologie suivie : écoute, étapes de validation, adaptation du projet en fonction des retours d’usagers et des professionnels
+ Avec la démarche participative les résultats sont plus riches ; la parole des personnes est valorisée
+ Le retour des usagers conforte nos choix, les besoins repérés
+ La parole des personnes a du sens, elle est à respecter car elles sont expertes de leur santé
+ Évolution intéressante de l’outil au fil du temps et des concertations
+ Le groupe de travail a su prendre le temps qui est celui des usagers
+ Un fil conducteur toujours assuré ; des allers-retours professionnels usagers réussis dans un cadre donné.

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