Quinzaine du commerce équitable : le CAT Notre Avenir accueille deux producteurs de coton africains du Mali et du Burkina-Faso

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - commerce équitable

2015.05.21.Visite_producteurs_coton__47__T._Ruellan.JPG Dans le cadre de la quinzaine du commerce équitable, qui se déroule en France du 9 au 24 mai 2015, le CAT Notre Avenir de Bain-de-Bretagne a accueilli jeudi soir 21 mai, une centaine d’invités dont deux représentants africains des producteurs de coton : Karim Traoré, président de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso (UNPCB), et trésorier général adjoint de l’Association des producteurs de coton africains, et Louka Cissé, président du conseil d’administration du Mouvement biologique malien (Mobiom).

Contact : CAT Notre Avenir – tél. : 02 99 43 95 44
Zone industrielle de Sabin, 35470 Bain-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine)
courriel : notreavenir@catbain.com
Interviews et rédaction : Tugdual Ruellan

LIRE article paru dans Ouest-France le 23/05/2015

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Le CAT engagé dans le commerce équitable depuis 1993

2015.05.21.Visite_producteurs_coton__1__T._Ruellan.JPGEn 1993, le président de Max Havelaar France, le gérant de la société Lobodis et Yves Thébault, alors directeur de l’association Notre avenir, prenaient le risque de créer la première unité de torréfaction, mouture et ensachage du café Max Havelaar, issu du commerce équitable. L’activité n’a depuis cessé de se développer permettant à une trentaine d’ouvrières et d’ouvriers, en situation de handicap, de travailler et de s’épanouir. Des quatre tonnes produites par mois, l’établissement produit désormais quatre tonnes par jour ! « Une seule finalité nous anime, a rappelé le président de Notre Avenir, Gérard Allilé : le bien-être des personnes handicapées intellectuelles que nous accompagnons, au travail bien sûr, mais aussi dans tous les moments de la vie quotidienne, pour qu’elles soient pleinement insérées et incluses dans notre société. »

2015.05.21.Visite_producteurs_coton__63__T._Ruellan.JPGPour Yves Thébault, « Max Havelaar place l’homme au cœur de ses préoccupations ; l’association milite pour un commerce plus juste, plus équitable, un commerce où chacun vit dignement de son travail. Aujourd’hui, l’exode des pays d’Afrique vers l’Europe, les préoccupations mondiales liées au développement durable et au réchauffement de la planète sont également les préoccupations permanentes des membres de Max Havelaar. »

2015.05.21.Visite_producteurs_coton__74__T._Ruellan.JPGA l’occasion de la quinzaine du commerce équitable, le CAT, en la personne de son directeur Pascal Chesnais et toute son équipe, accueillaient jeudi soir Karim Traoré, président de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso (UNPCB) et Louka Cissé, président du conseil d’administration du Mouvement biologique malien (Mobiom). « Cette tournée, explique Marcel Launay, président de Bretagne Commerce équitable nord-sud (Cens), est organisée par Max Havelaar France Territoires de commerce équitable et le mouvement citoyen national Faire un monde équitable avec le soutien de l’AFD, l’engagement de l’Aproca, organisation des producteurs de coton d’Afrique, et du Mobiom, organisation des producteurs maliens. Il faut continuer à convaincre élus, consommateurs, responsables de grandes surfaces pour faire vivre le commerce équitable.»

2015.05.21.Visite_producteurs_coton__13__T._Ruellan.JPGFrédéric Lerebour, directeur des opérations pour Lobodis, a rappelé que tous les cafés produits par l’entreprise, en partenriat avec le CAT Notre avenir, sont labellisés Max Havelaar : « Notre maison, qui fait chaque année 10 millions de chiffre d’affaires, est fondée sur deux piliers : le travail effectué ici avec l’association Notre avenir, et les producteurs de café, organisés en coopératives dans 14 pays. Cette fierté est celle de tous les acteurs, d’un bout à l’autre de la chaîne, qui ont cru dès 1993, dans le commerce équitable. Nous avons coutume de dire, lorsqu’on nous demande le nombre de salariés employés par Lobodis, que nous sommes une équipe de 23 + 35 ouvrières et ouvriers d’esat. Ensemble, continuons d’avancer, pour accéder à l’autonomie. »

Paroles de producteurs…

Karim Traoré, président de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso (UNPCB), et trésorier général adjoint de l’Association des producteurs de coton africains, et Louka Cissé, président du conseil d’administration du Mouvement biologique malien (Mobiom) :

2015.05.21.Visite_producteurs_coton__71__T._Ruellan.JPG« Nous sommes venus en France témoigner de l’impact positif qu’a pour notre pays et les producteurs de coton, le commerce équitable. Depuis 2004, le Burkina-Faso compte cinq zones de production de coton biologique équitable ; 2600 tonnes ont été produites cette année. Au Mali, le coton bio équitable est cultivé depuis 2006 dans huit zones, par 85 coopératives ; 580 tonnes de coton bio équitable y ont été produites cette année. Ce sont ainsi, dans nos deux pays, 20.000 producteurs et autant de familles qui vivent du commerce équitable. Là où il y a culture de produits équitables, il n’y a pas de migration : les gens ont des ressources sur place et des espoirs d’avenir.

Le kilo de coton bio équitable est vendu 328 francs CFA, soit 50 centimes d’euros. Beaucoup de choses ont changé depuis que nous cultivons le coton bio. La santé d’abord car les produits utilisés dans le traitement du coton conventionnel sont extrêmement nocifs pour la santé. Les femmes ont trouvé leur place dans cette culture respectueuse de l’environnement ; elles sont devenues autonomes et n’ont plus besoin de demander un franc à leur mari ! Le travail des enfants est désormais interdit. Le produit de la vente est réparti de manière équitable entre les producteurs. Toutes les décisions sont prises collégialement. Nous pouvons ainsi envisager la construction d’écoles (les enfants font parfois 10 km pour se rendre à l’école !), de maternités, d’infrastructures routières… Dans l’équitable, il faut de l’équité.

Des liens importants existent avec la Bretagne qui a su constituer un réseau d’entreprises partenaires. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de proposer un produit de qualité, issu du commerce équitable, certifié biologique par des organismes de contrôle, neutres et internationaux. En achetant nos produits, vous achetez des produits sains et vous contribuez au développement de nos coopératives et au bien-être des populations.»

Propos recueillis par Tugdual Ruellan pour le CAT de Bain-de-Bretagne.

Gérard Allilé, président Notre Avenir

« Nous voici rassemblés dans le cadre de la 15e quinzaine du Commerce équitable. Elle est organisée en Ille-et-Vilaine, par Ensemble Équitable avec le concours de plusieurs autres associations et collectivités. Différentes animations et interventions sont organisées. Ici, la filière du coton est représentée par deux représentants d’Afrique de l’ouest qui vont témoigner de leur situation et de l’impact du commerce équitable. Merci à toutes et à tous d’avoir répondu à notre invitation. L’association Notre avenir est une association loi 1901 qui milite pour la reconnaissance des personnes déficientes intellectuelles. Sa mission générale est la prise en charge sociale et professionnelle des personnes en situation de handicap.

C’est d’abord en 1979 que le Général Bernadas, président fondateur, a su donner l’impulsion, s’investissant sans relâche et avec ténacité pour créer ce CAT avec le soutien de M. Frenel, président de l’IME, et de M. Duckaert, maire de Bain-de-Bretagne. Le CAT qui ouvrira en Septembre 1982. Voilà déjà plus de 20 ans que l’atelier de torréfaction a été créé. Avec les travailleurs handicapés que nous accompagnons, nous avons vu naître une nouvelle filière économique en France, elle du commerce du café équitable. Trois hommes se sont alors lancés dans ce qu’il faut bien qualifier de « douce folie » car à cette époque, en 1993, tout était à construire : Olivier Bernadas, torréfacteur, créateur de la société Lobodis, Guy Durand, ingénieur agronome qui allait devenir le premier président de la jeune association Max Havelaar, et Yves Thébault. Il faut aujourd’hui les féliciter d’avoir su relever ce défi et lancer les bases d’un commerce juste, équitable et j’ajouterai, solidaire car, à tous les bouts de la chaîne, il place l’humain au centre de toutes ses préoccupations.

Et telles sont bien les valeurs de notre association, que j’ai la joie de présider depuis près d’un an maintenant. Je m’inscris pleinement dans la continuité de ce qu’on fait mes prédécesseurs, une tâche que j’accomplis avec passion, d’autant que le binôme président-directeur fonctionne à merveille. L’association et l’ensemble du personnel travaillent en commun accord sur les différents projets. Une seule finalité nous anime : le bien-être des personnes handicapées intellectuelles que nous accompagnons, au travail bien sûr, ce qui passe par une adaptation de leurs postes, de leur temps de travail, par la reconnaissance des acquis de leur expérience mais aussi, dans tous les moments de la vie quotidienne, pour qu’ils soient pleinement insérés, inclus dans notre société. »

Pascal Chesnais, directeur de l’association Notre Avenir

« ’L’Association Notre Avenir met en place les services et des modalités d’accompagnement pour le bien-être de la personne en situation de handicap, à sa reconnaissance, à son développement personnel et au développement de ses compétences sociales et professionnelles. Près de 200 personnes en situation de handicap y sont accompagnées dans leur quotidien par une équipe de 58 professionnels. Ces structures sont à ce jour certifiées Iso 9001 (norme qualité sur l’activité pépinière), Iso 14001 (norme environnementale pour tous les établissements) et Oshas 18001 (norme sécurité pour tous les établissements).

Un comportement transparent et éthique qui contribue au développement durable : orientation qui prend en compte les perspectives de progrès des établissements en intégrant les préoccupations sociale, environnementales et économiques des activités et services ainsi que dans les interactions avec l’ensemble des parties prenantes. Cette démarche s’inscrit dans la recherche de performance globale de l’organisation dans l’ensemble de nos structures afin d’assurer l’insertion socioprofessionnelle des usagers dans une approche responsable et durable….

L’association que je dirige gère 6 établissements et services. Sur le plan social,

  • un foyer d’hébergement (26 personnes). Chacun bénéficie, au sein de ce lieu de vie, d’une chambre individuelle dans un espace ouvert à la convivialité et aux loisirs ;
  • un service de proximité qui dispose de dix logements. Les 10 locataires bénéficient d’un accompagnement adapté. C’est une transition vers une autonomie totale ;
  • le (SAVS) Service d’accompagnement à la vie sociale apporte une aide à trente personnes vivant de manière autonome en appartement. Elles sont accompagnées dans leur vie quotidienne, dans leur vie sociale, la gestion de leur budget et des dossiers administratifs. Des animations leur sont proposées ainsi qu’une aide au développement de leur personnalité.

Sur le plan professionnel

  • une entreprise adaptée qui emploie 25 personnes reconnues « travailleurs handicapés » pour qui l’intégration en milieu ordinaire de travail s’avère momentanément ou durablement impossible. Les activités proposées : l’entretien d’espaces verts, la production de végétaux en pleine terre à la pépinière, des prestations de service à l’Esat (sous-traitance, pépinière, torréfaction et entretien des locaux) ;
  • la Section annexe de l’ESAT, offre une prise en charge adaptée à 50 personnes ayant des difficultés à trouver leur épanouissement dans le travail. Elle accueille chaque jour une trentaine d’usagers et propose des activités de détente et de loisirs ;
  • enfin, l’Esat, établissement et service d’aide par le travail, nommé CAT Notre Avenir, qui accompagne 158 travailleurs pour un agrément de 96 places. Le temps partiel initié en 1993 par l’association Notre Avenir permet aujourd’hui d’accueillir 62 personnes supplémentaires.

Six ateliers sont proposés : • Les espaces verts qui emploient 35 personnes réparties en 5 équipes pour des travaux d’entretien chez des particuliers, des collectivités ou des entreprises. • Une pépinière, avec 30 personnes réparties en une équipe pépinière « culture en pots et sapins de Noël », une équipe floriculture et enfin, une équipe « vente » avec une jardinerie ouverte au public. • La sous-traitance. Activité pour une vingtaine de personnes : montage et conditionnement de sacs plastiques publicitaires, assemblage de pièces électroniques, encartonnage… • La mécanique avec 3 ou 4 personnes chargées de l’entretien de l’outillage, du matériel et du parc automobile de l’ensemble des établissements. • Un restaurant. L’équipe, constituée d’une vingtaine de personnes, assure chaque jour la préparation des repas pour l’ensemble du personnel, mais aussi un restaurant qui est ouvert au public, tous les midis, du lundi au vendredi. • Et enfin l’atelier de torréfaction et d’ensachage du café qui emploie une vingtaine d’ouvrières et d’ouvriers sous la responsabilité de Roger Simon. »

Yves Thébault, directeur-adjoint Notre avenir

« Nous sommes réunis ce soir pour entendre et mieux comprendre la situation des producteurs de coton équitable d’Afrique de l’ouest. Ce soir, l’association Notre avenir et l’ensemble de ses salariés sont très honorés de votre présence. En 1993, le président de Max Havelaar France, le gérant de la société Lobodis et moi-même prenions le risque de créer la première unité de torréfaction, mouture et ensachage du café Max Havelaar. Dire que nous étions des pionniers serait quelque peu prétentieux…Néanmoins, les objectifs des membres de l’association Max Havelaar France sont aujourd’hui au cœur de l’actualité. Je prendrai comme référence le quotidien Ouest-France dd’aujourd’hui : dans les grands sujets d’actualité, on retrouve des préoccupations proches de celles des militants de l’association Max Havelaar. Max Havelaar place l’homme au centre de ses préoccupations, l’association milite pour un commerce plus juste, plus équitable, un commerce où chacun vit dignement de son travail. Aujourd’hui, l’exode des pays d’Afrique vers l’Europe, les préoccupations mondiales, liées au développement durable et au réchauffement de la planète sont également les préoccupations permanentes, des membres de l’association Max Havelaar. »

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