Premier grand rendez-vous des nouvelles économies : « Économie circulaire – Quels nouveaux marchés pour mon entreprise ? »

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - environnement

2016.09.29.ComCom-econ_circul__19__-_Copie.JPGQuelque 70 chefs d’entreprise et acteurs du pays de Redon, ont répondu à l’invitation de la Communauté de Communes du Pays de Redon, qui organisait à Saint-Nicolas-de-Redon, en partenariat avec l’ADPE, la CCI de Rennes et la CMA Chambre de métiers et de l’artisanat, le 29 septembre, son premier Grand rendez-vous des Nouvelles économies, sur le thème de « Économie circulaire – Quels nouveaux marchés pour mon entreprise ? » On parle de plus en plus de performance environnementale. Est-elle simplement un enjeu éthique pour l’entreprise ? Qu’est-ce que l’économie circulaire ? Finalement, comme M. Jourdain faisait de la prose, ne fait-on pas de l’économie circulaire sans le savoir ? Comment produire plus, tout en rationalisant les ressources ? N’est-ce pas paradoxal d’envisager un développement économique, un business à partir d’une valorisation de nos déchets ? Économie circulaire… que cachent ces mots ? que nous disent-ils ? vers quoi nous incitent-ils à aller ?

ORGANISATION : Communauté de communes du pays de Redon – président : Jean-François Mary -chargé de relation entreprises : Jean-Marie Le Brusq – communication : Hélène Le Brun
Animation : Tugdual Ruellan

Accueil

  • Françoise BOUSSEKEY, Vice-Présidente au Développement des entreprises, COMMUNAUTE DE COMMUNES DU PAYS DE REDON
  • Brigitte DELAHAIE, Présidente de la CCI Délégation de Redon – 1ère Vice Présidente CCI RENNES
  • Jean-François MARY, Président de la COMMUNAUTE DE COMMUNES DU PAYS DE REDON

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Trois moments d’échange

Témoignage

2016.09.29.ComCom-econ_circul__14__-_Copie.JPG* Un premier avec l’entreprise Pocheco, témoin du film Demain, une « bonne pratique » et une réflexion en matière d’économie circulaire – l’équipe anime chaque jour une démarche « d’écolonomie ». Depuis 7 ans, Kévin Franco travaille à Pocheco, une entreprise du Nord précisément à Forest-sur-Marque, non loin de Lille, spécialisée dans la fabrication d’enveloppes. Il a commencé à la production et s’intéresse aujourd’hui à l’analyse des cycles de vie de l’enveloppe. Avec une collègue, il accompagne également les entreprises dans une démarche d’évolution au sein d’un bureau d’études qu’il a créé en 2011. POCHECO a été mise en lumière dans le film « DEMAIN » de Mélanie LAURENT et de Cyril DION, un film qui a reçu le César 2016 du Meilleur film documentaire. Le président, Emmanuel Druon, a construit « l’écolonomie ». Traduction : « Il est plus économique de travailler de manière écologique ».

Table ronde

Transition écologique et énergétique, facteur de performance de l’entreprise

2016.09.29.ComCom-econ_circul__15__-_Copie.JPGUne gestion optimale des ressources, des déchets ou de l’énergie ne répond pas simplement à un objectif environnemental : cela peut aussi permettre à l’entreprise d’initier un nouveau développement, pourquoi pas de dégager des marges pour soutenir son développement. Il existe pour cela des accompagnements, des aides techniques, administratives et financières pour permettre ces investissements.

• Stéphane Lecointe de l’Ademe
• Morgan Masy du centre hospitalier de Redon
• Ivan Marquer du Groupe Chatal

Table ronde

Quels partenariats pour limiter les coûts et développer de nouveaux marchés ?

2016.09.29.ComCom-econ_circul__16__-_Copie.JPGLa mutualisation des stocks, des ressources et des compétences peut-elle permettre aux entreprises de dégager des marges supplémentaires et des perspectives de développement ? Dans quelle mesure cette dynamique crée-t-elle des liens, des synergies ? comment faire en sorte que ce qui est une dépense devienne demain une ressource ?

• Arnaud Ducamin, Esat Atelier du Pâtis
• Catherine Mouraud, Modern Concept
• Quentin Royer, Taxis Nor&Via
• Thierry Varlet, Breizh Barter

Témoignage de Mathias Le Matecat, chargé de projet, BREIZH PHENIX, entreprise sociale créée en 2014, reconnue d’utilité sociale, basée à Rennes, 6 salariés pour réduire le gaspillage alimentaire et non alimentaire dans les grandes surfaces et grossistes. L’entreprise organise un circuit quotidien de ramassage, la formation du personnel, la distribution du don dans les associations.

Vous avez dit économie circulaire ?

définition de l’Institut de l’économie circulaire   L’économie circulaire concrétise l’objectif de passer d’un modèle de réduction d’impact à un modèle de création de valeur, positive sur un plan social, économique et environnemental. L’utilisation des ressources créée à la fois de la valeur économique, sociale et environnementale.

1- Optimiser l’utilisation des flux de matière et d’énergie / Repenser le cycle de vie de l’objet / Un modèle de production inspiré du fonctionnement des écosystèmes
• Des “boucles” de valorisation positives Les produits sont appréhendés en tant que flux de matière et d’énergie qui sont réinjectés dans des “boucles vertueuses” successives
• Eco-concevoir, anticiper la (les) vie(s) des composants et du produit
Eco-concevoir, c’est minimiser l’impact du produit sur l’environnement en prenant en compte toutes les étapes de sa vie. Dans une logique circulaire, l’usage de produits toxiques est à proscrire et le recours aux ressources renouvelables, à développer. La durabilité du produit est une composante essentielle de l’éco-conception. Il doit pouvoir être réparé, démonté, réutilisé et les matières le composant doivent pouvoir être recyclées facilement, si elles ne sont pas toxiques. L’obsolescence programmée n’est donc plus la base de la création de valeur.
• Réparer d’abord, réutiliser ensuite, recycler enfin / Que faire quand l’objet ne peut plus être utilisé ?


2 – Avant de produire s’interroger sur le modèle de vente – L’économie circulaire est source de nouvelles logiques économiques, de bien-être social et de production de valeur
De la possession à l’usage… de nouvelles formes de consommation
La valeur d’un produit réside désormais dans sa fonction.
il est possible de vendre l’usage d’une voiture (ex autolib) ou l’usage d’une perceuse plutôt que le produit lui-même.
Un autre exemple est la possibilité pour un fabricant de moquette de la mettre à disposition de ses clients (soit à la vente soit en location) moyennant une condition de reprise au bout de x années et remplacement par une neuve ! La matière ainsi récupérée est réintégrée dans le processus de fabrication. essor du secteur de l’économie collaborative. Source de valeur économique, d’un accès généralisé du consommateur à la satisfaction de ses besoins et créatrice de liens sociaux, elle s’inscrit dans la “boucle” de l’économie circulaire.

3 – Une logique de coopération sur les territoires / L’économie circulaire invite à une coopération entre les acteurs sur les territoires, qu’elle contribue à redynamiser par un développement économique local. Une fabrication en synergie avec le tissu industriel : les déchets des uns sont les ressources des autres !
L’impact environnemental des process est pris en compte afin de limiter les matières premières utilisées, de faire appel aux énergies renouvelables, de réutiliser et recycler (eaux grises, chutes, récupération thermique..). Des synergies au sein de l’usine et des complexes industriels permettent de mutualiser l’usage des ressources à l’échelle d’un territoire et créer des emplois.
Une économie relocalisée créatrice d’emploi / D’une logique de concurrence non territorialisée, l’économie circulaire invite à passer à une co-construction territoriale, qui soutient le développement économique local et favorise le maintien ou la création d’emplois non délocalisables. Les territoires sont le terrain d’expérimentation privilégié pour l’économie circulaire. Fondée sur l’expérimentation, l’intelligence collective et l’entrepreneuriat, elle permet en effet de construire collectivement des équilibres durables et inventer des solutions plurielles, adaptées aux ressources et aux besoins locaux. Pour que ce soit possible, il est nécessaire de connaître les flux de matières et de déchets sur un territoire… et mettre en place la structure permettant de mettre en relation les acteurs.

4. Une économie source de valeur économique et sociétale – selon le cabinet McKinsey, l’économie circulaire permettrait de réaliser une économie nette minimale de 380 milliards de dollars par an en matières premières en Europe. A cette exploitation des ressources évitée s’ajoute la création valeur positive, fondée sur la consommation relocalisée, le soutien à une activité industrielle et agricole sur les territoires et le développement de nouvelles filières dédiées à la réparation, au réemploi et au recyclage.

Labo ESS – les 7 piliers

L’économie circulaire est un concept encore récent. Ses bases ont été jetées en 2002 dans l’ouvrage « Cradle to Cradle » (« du berceau au berceau ») de Michael Braungart et William McDonough. Ses piliers s’inscrivent clairement dans les logiques de développement durable puisque le processus de production ne suit plus un schéma linéaire classique mais un circuit, un cycle vertueux dont les flux entrants et sortants forment un écosystème fermé. C’est la promotion de la sobriété énergétique, une extrême rationalisation des matières premières et manufacturées de manière à les réparer – les réutiliser – les recycler, une relocalisation de la production en vue d’utiliser les ressources territoriales et de réduire le transport, la fin de l’obsolescence programmée, etc. Ces thématiques n’ont aucune difficulté à se propager dans un contexte controversé de consommation de masse et de raréfaction des ressources.
Jeremy Rifkin, économiste et sociologue américain, a grandement aidé à la popularisation de ce terme. Pour lui, les potentialités qu’offre l’économie circulaire sont gigantesques, tellement que nous nous situons à l’avènement de la troisième révolution industrielle, fruit de l’alliance entre usages rationnels des matières, de l’énergie et du numérique.

Pour le Labo ESS, l’économie circulaire s’articule autour de 7 principes clés. Si le recyclage est le phénomène le plus visible, il ne faut pas oublier qu’il s’effectue en aval de la production et de la consommation, et qu’il est possible d’intégrer l’économie circulaire dès le début du processus :

L’ÉCOCONCEPTION pour minimiser les impacts environnementaux dès l’élaboration d’un produit.
L’ÉCOLOGIE INDUSTRIELLE, organisation qui optimise l’usage ressources (matière et énergie).
L’ÉCONOMIE DE FONCTIONNALITÉ privilégie l’usage à la possession.
LE RÉEMPLOI permet de remettre dans le circuit économique les produits ne répondant plus aux besoins du premier consommateur. Par exemple, la vente de pneus d’occasion.
LA RÉPARATION : les biens en panne peuvent retrouver une deuxième vie par le biais de la réparation.
LA RÉUTILISATION : certains composants d’un produit peuvent être réparés ou démontés et les pièces encore en état de fonctionnement triées puis revendues.
LE RECYCLAGE qui vise à réutiliser les matières premières issues des déchets, en boucle fermée (produits similaires) ou en boucle ouverte (utilisation dans d’autres types de biens).
Certains chiffres sont très parlants. Les analyses du dernier rapport de la Fondation Ellen MacArthur montrent que l’adoption de modèles circulaires pourrait générer une économie nette de matières premières de 700 milliards de dollars. Le secteur agro-alimentaire est un exemple frappant, quand on sait que chaque année, 1,3 milliards de tonnes de produits alimentaires sont jetés, soit un tiers de la production mondiale. Selon le même rapport, une meilleure collecte des textiles en fin de vie permettrait de réaliser des économies allant jusqu’à 53 milliards d’euros.

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