Pour l’Aresat Bretagne « Il y a un avenir après le travail ! »

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

2017.07.ARESAT avenir après le travail-uneIl y a un avenir après le travail ! C’est la certitude de l’Aresat Bretagne qui a initié le programme « Un avenir après le travail ». Pour Gilles Le Bras, pilote du projet, « Initié à la base à partir du territoire breton, « le projet est appelé à prendre une nouvelle dimension sur un cycle de deux années supplémentaires.
Après avoir senti sur la fin de l’année 2016, le souffle de l’Ankou*, sur un projet dont chacun se disait convaincu du bien-fondé de la démarche, mais cherchait à nous dire, combien nous devions continuer sans pouvoir compter sur eux. De nombreux partenaires, ont pris la mesure de l’enjeu d’un programme, qui, au-delà de notre secteur d’activité du travail adapté, ouvre la possible duplication de ses outils et de la méthode, à l’ensemble de la société civile dite ordinaire, et nous ont donc, à nouveau, fait confiance, pour poursuivre l’expérience sur deux nouvelles dimension que sont le développement de l’ancrage de la dynamique sur le territoire breton, et sa modélisation pour une transmission à des dispositifs de droit commun, l’essaimage sur une dimension inter-régionale…/…

ARESAT Bretagne – BP 73211 – 35532 Noyal-sur-Vilaine cedex
Président : Maurice Baud ; coordinatrice : Véronique Brunet-Bertineaud
Pilote du projet : Gwenaël Planchin
LETTRE A TELECHARGER ICI
Rédaction de la lettre : Tugdual Ruellan ; conception graphique : Delphine Lebreton
SITE : www.differentetcompetent.org
Secrétariat : Christine Varin – tél. 02 99 04 09 67 – c.varin@differentetcompetent.org
Communication, photos : Tugdual Ruellan

…/… Une nouvelle fois pour l’Aresat, le défi n’est pas mince car un vrai observatoire s’est constitué au-dessus de nos actions, et des résultantes en termes de bienfaits pour les publics futurs retraités, mais aussi dans le maillage des dynamiques de territoire autour des politiques sociales, sont projetées.

Les territoires Champagne-Ardennes et Ille de France ont déjà intégré dans leur dynamique, l’entrée dans la démarche par la création de collectifs territoriaux. D’autres régions nous ont aussi fait connaitre leurs souhaits de pouvoir entrer dans une appropriation de méthode avant que de ne déployer l’expérience.

Merci à chaque un et chaque une qui s’y sont engagés, quelle qu’en soient la place qu’ils y occupent, c’est ensemble que va se construire et essaimer un véritable outil à ancrer dans les pratiques sociales visant à rendre le territoire plus inclusif.
Gilles Le Bras, pilote du projet Un avenir après le travail

Témoignage
Les Ateliers de l’Espoir à Rennes (Ille-et-Vilaine)
Brigitte sera bénévole dans une maison de retraite

Brigitte, 58 ans, piaffe d’impatience. Vais-je oser partir, avoir le cran suffisant pour dire, après quarante années passées à l’esat : « Stop, on arrête ! Je suis fatiguée… » Et Brigitte, finalement, a osé. C’était un jeudi soir, elle s’en souvient encore : « Je voyais toutes mes copines partir, je me suis dit, pourquoi pas moi ? Un coup de tête, j’en ai parlé à Nicole, ma monitrice, et je ne suis pas revenue là-dessus. On a fait les papiers pour la retraite. Je quitte l’esat le 30 septembre et ce qui est formidable, c’est que dès le 3 octobre, je suis bénévole dans une maison de retraite ! J’ai toujours voulu m’occuper des personnes âgées. »

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30 départs dans les 5 ans
Comme beaucoup d’autres, l’Esat l’Espoir de Rennes s’attend à des départs massifs dans les prochaines années : « plus de trente d’ici à 2022, souligne Jacqueline Le Bras, responsable du service social. Il faut donc anticiper et le projet Un avenir après le travail est arrivé à point nommé. Nous nous y sommes engagés dès la première heure. » Plusieurs actions ont alors été lancées et un groupe s’est constitué dans l’établissement. Progressivement, plusieurs personnes ont accepté une diminution de leur temps de travail. Les partenaires du territoire, dont France bénévolat, ont été associés à la réflexion. En janvier 2017, une rencontre réunissait retraités, anciens travailleurs de l’esat, et ceux qui se préparent à partir dans les prochaines années : « Il y avait 25 participants, raconte Jacqueline Le Bras. C’était impressionnant de voir la richesse des situations : une personne faisait partie d’un club de palets dans un centre social, une autre s’était inscrite à des séances de yoga, une autre avait loué un terrain pour y faire un jardin… Nous avons pu mesurer les effets positifs de notre action. C’est devenu une dynamique de tout l’établissement mais elle doit être initiée suffisamment en amont du départ ».

« Je vous attends Brigitte ! »
C’est au cours de l’une de ces rencontres que Brigitte découvre la possibilité d’être bénévole une fois partie de l’esat : « Il y a juste une maison de retraite à côté de chez moi à Rennes. J’ai flashé dessus ! J’ai été voir la directrice et en plus, je connais une dame très gentille qui est là, qui habitait dans le même immeuble que maman. Elle était contente de me voir. Elle m’a connu toute petite ! J’ai envie d’aider les personnes et elles vont m’apprendre des trucs que je ne sais pas. Je pourrai aussi les promener, parler avec elles, prendre un petit café ». « Brigitte a été rassurée de savoir que, même en retraite, elle pouvait continuer à être utile, rencontrer des personnes en tant que bénévole », poursuit Nicole Delonglée, monitrice d’atelier. « Bien sûr, conclut Brigitte, je suis un peu triste de quitter les gens que j’aime bien mais je reviendrai de temps en temps… Le matin, je ferai mon ménage, mon marché, j’irai voir maman qui a 83 ans, je m’occuperai de ma fille et de mon mari qui est malade… je me reposerai aussi. Et l’après-midi, j’irai à la maison de retraite. Je suis heureuse… gaie comme un pinson. Et la directrice de la maison de retraite m’a dit : je vous attends Brigitte ! »
Tugdual Ruellan.

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