Avec Francis Sauvée, éleveur à Romillé, le porc blanc de l’Ouest sort de l’oubli

Tugdual Ruellan - - 1 commentaire - Envoyer à un ami - agriculture

NVI_n_58__1__photo.jpgDans son exploitation de Romillé, Francis Sauvée élève des porcs blancs et des vaches limousines. Il privilégie la dimension artisanale et vend ses produits directement au consommateur.
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Article paru dans Nous, Vous, Ille n° 58, octobre 2002
Rédactrice en chef : Florence Séguret
Texte : Tugdual Ruellan
Photo : Charles Crié

article téléchargeable en cliquant sur le lien :
NVI_n_58__1_.pdf

L’an dernier, Francis Sauvée se baladait en pays basque. Il y a rencontré un éleveur qui s’entête à sauver une race de porc local en voie de disparition. « La qualité et le goût de la viande étaient nettement supérieurs. De retour en Bretagne, jai souhaité faire de même. » L’éleveur de Romillé prend contact avec l’écomusée de la Bintinais, l’Institut technique de l’élevage du porc, puis avec son voisin, Jacques Mourot, ingénieur à l’Inra. L’intérêt se porte vite sur le porc blanc de l’Ouest. une race dont il ne reste plus que quatre-vingts exemplaires, parfaitement adaptée à notre région. « Ce porc, resté en marge, présente de nombreuses qualités, mais ne correspond plus aux exigences du circuit industriel. C’est un animal qui ne vit bien qu’au grand air, avec une alimentation rationnée et qui demande deux fois plus de temps pour être commercialisé. » Le porc blanc de l’Ouest a une tête sympathique. Reconnaissable à ses grandes oreilles, il peut peser, à l’âge adulte, jusqu’à 240 kg. Francis vient d’acheter deux mères. Avec un vérat, qui sera bientôt mis à sa disposition, il compte sur les premières naissances pour le début de l’année prochaine. « Toute !a viande sera vendue sur place, dans mon exploitation. Je mise sur la qualité et un produit haut de gamme. »

DES LIMOUSINES SUR INTERNET
Francis Sauvez n’en est pas à son coup d’essai. Dans l’exploitation familiale qu’il a reprise iI y a une quinzaine d’années, il élève déjà des vaches limousines : « Parce quelles sont belles, qu’elles vêlent sans intervention humaine et que ce sont de bonnes mères », explique l’exploitant. Les vingt-huit bêtes paissent paisiblement avec leurs petits, non loin de la baie vitrée du salon d’où Francis les tient à l’oeil. Il y a deux ans, tandis que la crise frappe la filière industrielle de la viande bovine, l’éleveur a décidé de passer à la vente directe de ses produits. « J’ai créé un laboratoire avec une chambre froide, conformément aux normes européennes, poursuit-il, puis je me suis mis en quête de clients. » Les demandes ne se font pas attendre et bientôt, l’on se presse pour acheter à la ferme une viande de qualité. Le fichier de Francis Sauvée comporte aujourd’hui quelque deux cents noms. Il appelle régulièrement ses clients pour enregistrer les commandes : « Je tue une vache par mois. Je vais passer à une bête tous les quinze jours mais je n’irai pas plus loin pour garder une dimension artisanale. » La démarche est rôdée : la bête est abattue à Montauban-de-Bretagne, la viande reste douze jours à maturer en chambre froide. Le vendredi, un boucher professionnel découpe la carcasse pour la répartir en 24 caissettes de 10 kg chacune, en prenant soin de séparer morceaux à braiser, à griller et à bouillir. Le consommateur vient en soirée ou le samedi matin prendre livraison de sa commande. « Je connais les goûts de mes clients : je mets l’onglet pour untel, l’araignée pour un autre ». Et comme Francis Sauvée compte, parmi ses relations, plusieurs artistes, peintres et sculpteurs, c’est tout naturellement qu’il a mis à disposition sa grange pour qu’elle devienne galerie d’art : « Pendant que les clients viennent acheter leur viande, ils en profitent pour visiter les expositions; on casse la croûte, on discute… C’est l’art à la ferme ! » Le paysan, plutôt fier de ses options, a créé un site Internet pour vanter la beauté de ses vaches brunes. Il fera bientôt de même pour le porc blanc de l’Ouest : « Traditionnel dans mon élevage mais moderne dans ma vente ! » c’est un peu sa devise.
Tugdual Ruellan.
Contact : Francis Sauvée – La Goherie, Romillé – Tél. 02 99 23 29 29.
Ferme de la Goherie Adhérent Accueil Paysan
La ferme est ouverte le vendredi de 18h à 20h et le samedi de 9h à 13h.

One thought on “Avec Francis Sauvée, éleveur à Romillé, le porc blanc de l’Ouest sort de l’oubli

  1. Christine Rouget

    où trouver de la viande de porc blanc sur la région parisienne ?
    merci pour votre réponse
    cordialement,
    Christine Rouget

    Reply

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