avec l’Avise, la Fabrique à initiatives

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - économie sociale & solidaire

La Fabrique à initiatives est une démarche innovante d’émergence d’entreprises sociales présente aujourd’hui sur 7 territoires. La Fabrique à initiatives : un outil pour les entrepreneurs. Le concept de Fabrique à initiatives a été initié par l’Avise pour faire émerger et développer des entreprises viables et pérennes, en mettant en relation sur un territoire, l’ensemble des ressources et outils pouvant être mobilisés pour concrétiser un projet d’entreprise sociale.

AVISE, animateur national – 18 avenue Parmentier, 75011 Paris – courrier : fabriqueainitiatives.org
Participation à la démarche d’évaluation des fabriques à initiatives avec réalisation 6 entretiens et fiches d’évaluation : Tugdual Ruellan – Coordination : Coralie Gaudoux.
SITE ICI.

Ont été interviewés

1 – Kyzia Dorizon, Conseil général de Seine-et-Marne
MODALITES D’IMPLICATION DANS LA FABRIQUE A INITIATIVES

Dès 2009, le conseil général de Seine-et-Marne s’engage dans le projet, sollicité par leur partenaire, la Maison de l’emploi, avec qui ils coopèrent régulièrement dans le cadre du pacte régional pour le développement économique, de l’emploi et la formation. Le conseil général participe financièrement à hauteur de 5 000 € par an à la Fabrique. Kyzia Dorizon, représente la collectivité au comité d’engagement dont les rencontres sont trimestrielles. Les liens sont fréquents puisque Mme Dorizon anime également un appel à projets d’économie sociale et solidaire : « Plusieurs projets, nés au sein de la Fabrique, candidatent à cet appel à projets. Nous suivons ainsi une expérimentation dans le sud du département à laquelle la Fabrique est associée. » Les membres du comité sont régulièrement tenus informés des évolutions en cours mais pas au « processus métier » : « Nous sommes associés aux différentes décisions dès la détection du projet et l’évaluation de sa pertinence. Notre implication ne va pas au-delà. ». Le département s’est récemment positionné pour s’engager dans le projet de manufacture Innove ; il a également accepté de subventionner le Relais citoyen dans le cadre de l’appel à projets et l’auto-école associative : « Nous sommes plutôt sensibles à l’aspect innovant des projets proposés. »

Olivier Moreau, directeur territorial, chargé des entreprises et de l’économie sociale et solidaire à la direction régionale, Caisse des Dépôts et Consignations
MODALITES D’IMPLICATION DANS LA FABRIQUE A INITIATIVES

La CDC a été impliquée dès la création de la Fabrique grâce à ses relations avec l’Adress. Elle participe financièrement au projet à hauteur de 10 000 € par an pendant trois ans et est membre du comité de pilotage. Elle ne participe pas au processus métier : « Bien sûr, nous sommes informés régulièrement de tout ce que réalise la Fabrique mais ne sommes pas partie prenante de manière opérationnelle. »


Erick Pitkévicht, chargé de la Fondation et des partenariats de l’économie sociale, Macif (Haute Normandie, Picardie et Val-d’Oise)
MODALITES D’IMPLICATION DANS LA FABRIQUE A INITIATIVES

La Fondation Macif est partenaire au niveau national des Fabriques à initiatives. Le programme se décline dans les régions en fonction de la volonté et des objectifs déclinés par les régions. D’emblée, la Fondation décide de s’engager dans ce projet innovant, rassurée par la structure qui porte la Fabrique, bien implantée et reconnue en région : l’Adress, Agence pour le Développement Régional de l’Économie Sociale et Solidaire. Créée en juin 2005 par les acteurs de l’économie sociale et solidaire et ceux qui les soutiennent dans le but de favoriser le développement de ces initiatives, l’Agence est soutenue par le Conseil régional de Haute-Normandie, les départements de Seine-Maritime et de l’Eure, et de l’Etat. Elle a pour mission de créer un environnement favorable au développement des entreprises sociales et solidaires en Haute-Normandie : le soutien des porteurs de projet, la co-construction de démarches territoriales, la promotion des initiatives, des acteurs et de leurs valeurs, la veille et la prospective.

Les administrateurs de la Fondation Macif participent au comité de pilotage de la Fabrique. Fin 2010, ils donnent leur accord pour s’engager à hauteur de 10 000 € par an. Par ailleurs, la Fondation est également représentée au conseil d’administration de l’Adress, de la Chambre régionale de l’économie sociale, à France active et diverses structures de l’économie sociale et solidaire. La Fondation ne participe pas au processus métier : « En revanche, des structures qui voient le jour grâce à la Fabrique peuvent ensuite nous solliciter sur un programme spécifique ».

Nelly Tocqueville, maire de Saint Pierre-de-Manneville
Dans sa profession de foi, établie par la nouvelle équipe municipale en 2008, figure l’intention de réimplanter un commerce de proximité : « Nous n’avions plus de commerce après la fermeture de la boulangerie. C’était une de nos propositions qui avait reçu l’aval de la population en réunion publique. » Nelly Tocqueville, qui est aussi vice-présidente en charge des petites communes de moins de 4500 habitants de la Crea, Communauté d’agglomération Rouen-Elbeuf-Austreberthe, lance rapidement une étude de faisabilité. A la suite d’une enquête publique réalisée entre juin et août 2011, et pour répondre aux souhaits des habitants, il est décidé de réfléchir à la conception d’un « lieu de rencontre, créateur de lien social proposant des services de proximité ou des produits de première nécessité. » La consultante en charge du dossier met alors la municipalité en relation avec la Fabrique et l’Adress. Bianca Lhomoy, coordinatrice de la Fabrique, est intéressée et s’engage dans le projet. Un groupe d’une quinzaine de personnes est constitué. En novembre 2012, est défini le projet de « conciergerie de village » avec épicerie, dépôt de pain et viennoiseries, produits du terroir, lieu de rencontre, coin lecture, vente de légumes, fruits, viande, produits laitiers, pâtisseries, pressing, livraison de colis, vente par correspondance, timbres ; un lieu de mise en relation avec les services à domicile, une aide aux devoirs ; des animations comme à un marché nocturne, soirées thématiques… La CCI s’associe à la réflexion. Le conseil municipal a donné récemment son aval pour poursuivre l’étude de faisabilité de ce projet innovant.

Ghyslaine Morrow, ASPIC
Créée en 1975, l’Aspic est chargée de la prévention spécialisée, action éducative globale territorialisée et non mandatée. L’objectif est de prévenir des risques d’inadaptation sociale et d’intervenir auprès des personnes les plus en marge, en particulier les jeunes : « Nous mettons en place des actions pour leur permettre d’accéder à des statuts sociaux et intervenons dans la libre adhésion. » L’Aspic est financée à 90 % par le conseil général et à 10% par la ville.
MODALITES D’IMPLICATION DANS LA FABRIQUE A INITIATIVES
La Fabrique à initiatives est constituée d’acteurs bien connus de l’Aspic. En 1985, l’association a créé une entreprise d’insertion, « premier pas vers l’IAE et l’économie sociale » dont le fondateur est aujourd’hui président de l’Adress, Agence de développement régional de l’économie sociale et solidaire, structure hébergeant la Fabrique à initiatives : « Nous avons donc des liens fréquents et des partenariats très actifs. L’Aspic, dans son action de prévention des risques d’inadaptation sociale, a toujours été, au travers de son projet associatif, dans une démarche de créativité, cherchant en permanence à développer des outils pour identifier et prendre en compte les risques d’exclusion. » C’est au sein de ce réseau qu’est né le projet d’auto-école sociale. En 2010, l’Aspic était retenue dans le cadre d’un appel à projets Eco région solidaire pour réaliser une étude de faisabilité de ce projet : « L’Aspic y a mis de la philosophie, du projet, des attendus ; la Fabrique à initiatives a apporté les éléments pour s’inscrire dans le champ de l’économie sociale et solidaire. » Aujourd’hui, la responsable de la Fabrique qui a accompagné l’Aspic fait partie du conseil d’administration : « Nous bénéficions ainsi d’un lien direct et de tous les savoir-faire de la Fabrique, des liens avec les autres projets. Nous sommes devenus adhérents de l’Adress et sommes bien inscrits dans ce réseau porteur des valeurs et des projets de l’économie sociale et solidaire. »

Gaëtan Cerveau, Naturalange
2010. Proche des valeurs de l’économie sociale et solidaire, Gaëtan Cerveau a le projet de créer sa propre entreprise sans idée a priori. Il participe à un salon de la création d’entreprises, organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de Rouen et rencontre, par hasard, l’organisme qui porte la Fabrique à initiatives en Haute-Normandie. Séduit par l’initiative, il s’engage dans le projet en novembre 2010. La Crea, Communauté de l’agglomération Rouen-Elbeuf–Austreberthe cherche alors une solution, dans le cadre de son programme de réduction des déchets, pour diminuer l’incinération du nombre de couches jetables. Il est alors imaginé d’apporter en amont une solution aux particuliers mais aussi aux crèches et services utilisateurs de couches. Naturalange est né en janvier 2012 grâce au partenariat entre la Communauté d’agglomération de Rouen, la Fabrique à initiatives et Gaëtan Cerveau : « L’idée est de proposer des couches lavables aux structures des 70 communes de la communauté d’agglomération. Les couches sont lavées dans un esat. »
Le besoin a été identifié par la Fabrique à initiatives grâce à ses liens et au travail partenarial mené avec la Crea, Communauté de l’agglomération Rouen-Elbeuf–Austreberthe. La Fabrique a mené conjointement avec la Crea une étude sociologique sur la perception des couches lavables auprès de la population. Elle a validé l’intérêt du projet par rapport au territoire : « Le projet avait été bien dégrossi. Lorsque j’ai été recruté, je savais qui contacter, dans quel sens prendre les démarches. C’est moi qui ai mené l’étude de marché ensuite. Quand j’ai été recruté, tout était à construire. L’état d’avancement m’a été transmis dès que mon recrutement a été accepté. »
Pendant plus d’un an, la Fabrique accompagne Gaëtan Cerveau et mène une démarche partenariale proactive. Un comité de pilotage du projet est constitué avec des intervenants sollicités par la Fabrique. Chaque réunion du comité porte sur un thème spécifique : développement commercial, analyse du territoire, produits disponibles sur le marché… À chaque fois, interviennent des personnes ressources qui ne sont pas forcément partenaires de la Fabrique : « J’ai beaucoup apprécié cet accompagnement ; j’avais l’assurance d’avoir toujours réponse à ma question ou une indication pour trouver un interlocuteur. À aucun moment, je ne me suis senti seul. »

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