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2006.04.Agefiph_Infos.55.01.pdf

La Caisse Générale de Sécurité Sociale (CGSS) de La Réunion, organisme paritaire, dispose de plusieurs antennes réparties sur les quatre secteurs de l’île et emploie 1124 salariés en CDI, près de 1200 en incluant les salariés sous CDD. « La structure CGSS n’existe pas en temps que tel au niveau national, souligne Jacky Sénicourt, responsable du département ressources humaines. Il s’agit en effet d’une déclinaison qui ne concerne que les départements d’Outre-mer. Elle regroupe les CRAM, CPAM, URSSAF, MSA, services ici concentrés à travers des directions techniques particulières, sous l’égide d’un seul directeur et d’un seul conseil d’administration. » La CGSS est à La Réunion un organisme de droit privé offrant un service public. Le directeur est un chef d’entreprise ; le personnel est régi par une convention collective et non par un statut de droit public. Les textes qui s’appliquent à la caisse en terme de recrutement sont donc les mêmes que pour toute entreprise.

Après discussion avec le directeur de la Caisse, Olivier de Cadeville, le conseil d’administration adopte un plan d’actions. « J’avais en même temps, poursuit Alex Zettor, initié la mise en œuvre des tests pour le recrutement, dans le cadre de l’égal accès aux emplois de la sécurité sociale. Nous avons ainsi décidé de réserver 20% des postes aux personnes reconnues travailleurs handicapés ainsi que des postes aux cadres de direction et créé des aménagements avec les agents aux horaires atypiques. » L’année est propice à l’embauche. La couverture maladie, dont bénéficie plus d’un tiers de la population, vient en effet de changer avec la mise en place de la CMU et la CGSS doit faire face à de nouvelles modalités administratives. Les effets sont immédiats : dès 2003, le quota de travailleurs handicapés de 6 % de l’effectif est atteint. Sont actuellement en poste, 54 travailleurs handicapés : « L’objectif est atteint, estime Alex Zettor. Nous avons construit un dispositif de recrutement et d’insertion des travailleurs handicapés qui donne satisfaction. Des formations spécifiques ont été mises en œuvre pour préparer les candidats au passage des tests. L’objectif désormais n’est pas d’atteindre un quota mais bien de mettre en place une politique de recrutement et d’insertion des travailleurs handicapés sur le long terme. »

La démarche
L’ANPE et Cap Emploi diffusent sur l’île l’offre d’emploi
Les candidats se préparent à passer le test
Depuis 1999, la CGSS demande à ses candidats, de passer des tests de recrutement. « Nous n’exigeons que le baccalauréat comme diplôme d’entrée, confie Jacky Sénicourt. Nous affichions dans ces tests notre volonté d’insérer toutes les composantes de la population, quels que soient les lieux de résidence géographique et les profils de départ. » En 2002, la CGSS dépose une offre globale sur le département pour recruter une centaine d’agents administratifs. Vingt postes sont réservés aux travailleurs handicapés. L’ANPE dispose de deux agents référents accompagnant les personnes handicapées : une pour le nord de l’île, une pour le sud. Elle diffuse l’appel sur l’ensemble de l’île et en informe Cap Emploi. « Nous avons alors, explique Max Techer, responsable de Cap emploi, pris contact avec toutes les personnes inscrites, correspondant aux critères, soit 1700 sur le département. Jamais, nous n’avions eu jusqu’à présent l’occasion de traiter de recrutements collectifs. Majoritairement, les personnes n’avaient jamais passé de concours, de tests et n’y étaient pas préparées. D’où l’idée de solliciter un organisme de formation. » La Direction du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle et l’Agefiph lancent un appel à candidature dans le cadre du dispositif Sife (stages d’insertion et de formation à l’emploi). L’Institut permanent de formation active (Ipfa) est retenu : « Nous avons alors proposé, explique Corentin Buat-Ménard, assistant de gestion auprès de Sophie Caillé, directrice de l’institut, sur 270 heures réparties sur une période de 7 à 8 semaines, une formation de préparation à l’emploi et au concours d’agent administratif. Nous sommes intervenus auprès d’une trentaine de candidats : un peu plus d’un tiers des candidats a réussi le concours. » Un des travailleurs handicapés sortira d’ailleurs dans les cinq premiers au test de recrutement.

La solution
Un classement séparé pour les candidatures des personnes handicapées
Accès prioritaire dès le recrutement
Les épreuves du test et les critères restent identiques à ceux des années passées. Seule différence : les copies des candidats, reconnus travailleurs handicapés, sont traitées à part : « Au moment de corriger les épreuves, explique Jacky Sénicourt, le classement est séparé et les personnes handicapées sont mises en concurrence entre elles. Elles étaient jusqu’alors confondues dans la masse des candidats, ce qui constituait pour elles un obstacle majeur. » L’opération reçoit l’adhésion du comité d’entreprise. La correction des épreuves est faite en présence d’observateurs représentants du personnel, présents à toutes les étapes du recrutement. Le nom des candidats retenus est alors inscrit sur une liste d’attente, validée par le directeur de la caisse et les organisations syndicales. Dès qu’un poste se crée ou se libère, la personne est sollicitée. Un nouveau test sera proposé en 2003, puis, en 2005. « Il s’agit d’anticiper sur la libération des postes de « technicien de sécurité sociale », un agent chargé d’accueillir l’adhérent de la caisse, de gérer son dossier et lui apporter conseil. Le test est conçu pour couvrir nos besoins de recrutement pour une, voire deux années. C’est le même poste qui est proposé aux valides comme aux travailleurs handicapés. » Les handicaps sont variés, visibles ou non. « Nous n’avons émis aucune restriction particulière par rapport à un type de déficience, atteste Jacky Sénicourt. Le recrutement est basé sur un test révélant les compétences nécessaires à l’exercice professionnel. Sur les 54 personnes en poste, 28 sont en catégorie B, 12 en catégorie A, 14 en catégorie C. Il s’agit de problèmes de mobilité réduite, de déficiences visuelle ou auditive, de handicap gestuel, de séquelles d’interventions chirurgicales lourdes. »

Un groupe de travail au sein de l’entreprise
L’encadrement est sollicité pour accueillir au mieux les travailleurs handicapés et veiller à leur intégration dans l’équipe. Selon les besoins, des associations ou organismes spécialisés apportent leur expertise pour adapter au mieux les postes de travail. Pour mener à bien le projet, un groupe de travail est constitué au sein de l’entreprise. Il réunit le représentant des ressources humaines de la CGSS, le conseiller emploi-formation de Cap Emploi, le médecin du travail, l’Agefiph. « En permanence, explique Sophie Lohier-Bray, médecin du travail, il faut veiller à ce que l’aménagement ou l’adaptation du poste soit pertinent. Il s’agit dans cette entreprise, de postes où les personnes handicapées peuvent totalement trouver leur place et être intégrées dans un collectif de travail. » CAP Emploi, le service Intermetrag de médecine du travail, la cellule maintien dans l’emploi et l’Agefiph se mobilisent alors pour faciliter l’embauche à travers des aides directes et indirectes : « Il s’agit, précisent Catherine Logeais, déléguée régionale de l’Agefiph et Mylène Atchama, chargée d’étude, de primes à l’insertion, aménagements des poste de travail, aides à la personne comme l’acquisition ou l’aménagement d’un véhicule. Le coût total de l’action pour l’Agefiph en aides directes est de 98 415 € ( 51 875 € en formation, 22 870 € prime à l’insertion et accessibilité des situations de travail, 23 670 € aides à la personne).»

Une méthode intégrée dans le dispositif de recrutement
Il y a désormais, à la CGSS, la volonté d’intégrer les personnes handicapées comme des salariés à part entière, avec les mêmes mode de recrutement et circuit de formation pour accéder à un poste similaire à n’importe quel salarié de la caisse : « Les nouveaux salariés, précise Jacky Sénicourt, entrent dans le plan de formation habituel de l’entreprise et ont accès à toutes les formations proposées. Dans l’année qui suit leur embauche, ils peuvent, s’ils le souhaitent, se qualifier et accéder au poste de technicien. » Depuis 2002, tous les tests intègrent un nombre de places réservées aux personnes handicapées. En 2005, 9 nouvelles personnes handicapées ont été retenues pour une prise de poste au premier trimestre 2006. Une réflexion s ‘engage avec l’Arpeda pour accueillir des personnes sourdes ou déficientes auditives. Grâce à cette formation, certaines personnes handicapées ont eu l’occasion de se positionner sur d’autres postes d’agents administratifs dans d’autres entreprises. « Nous ne reviendrons pas en arrière, assure Jacky Sénicourt. C’est une façon de faire qui est désormais pérenne. Depuis 2003, nous avons dépassé le seuil obligatoire des 6%. Il s’agit désormais de poursuivre cette lancée d’intégration. Nous recrutons un travailleur handicapé à partir du moment où nous avons vérifié qu’il remplit pleinement nos attentes vis-à-vis du poste. Salariés, valides et handicapés, ont appris peu à peu à travailler ensemble, adapter leurs attitudes, au-delà des craintes et des représentations. »

Les intervenants
Alex Zettor, Président de la Caisse générale de sécurité sociale, il est aussi secrétaire général de l’Union CFDT de l’île de La Réunion. C’est lui qui, en 2002, s’est engagé à initier au sein de son organisme, une politique active de recrutement des travailleurs et travailleuses handicapés.

Jacky Sénicourt, Responsable du département des ressources humaines, il a en charge le recrutement, la gestion du personnel et de la formation professionnelle. Il fait de l’insertion des personnes handicapées l’une de ses priorités.

Max Techer. C’est la première fois que ce responsable de Cap emploi avait à faire à une opération massive de recrutement collectif. Il continue d’assurer un suivi des personnes qui n’ont pas été embauchées par la CGSS.

Mylène Atchama, Chargée d’études Agefiph, elle a suivi l’ensemble des dossiers de financement des formations, des primes à l’embauche et des aménagements de postes versées à l’entreprise au titre du recrutement des salariés handicapés.

Corentin Buat-Ménard, Assistant de gestion auprès de Sophie Caillé, directrice de l’Institut permanent de formation active (Ipfa), il a suivi l’aide à l’orientation professionnelle apportée aux personnes handicapées afin de les préparer au mieux au concours d’entrée.

Les contacts
Caisse générale de sécurité sociale
4, Bd Doret, 97400 – Saint-Denis-de-la-Réunion
Tél. 02 62 40 33 40
Directeur : Jean-Paul Phelippeau - Président : Alex Zettor

IPFA - Institut permanent de formation active
14, rue Vallon Hoarau - 97400 – Saint-Denis-de-la-Réunion
Tél. 02 62 28 14 82

Cap Emploi
Résidence Ylang Ylang – Bât. D - 31, rue de la Digue – BP 783
97475 – Saint-Denis-de-la-Réunion
Tél. 02 62 41 90 40

Agefiph
Résidence Ylang Ylang – Bât. D - 31, rue de la Digue – BP 783
97475 – Saint-Denis-de-la-Réunion
Tél. 02 62 20 98 00