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L'action consiste à aider au développement de la filière du lait dans sa globalité, depuis la construction d'étables et la sélection d'une race de vache adaptée, l'alimentation en eau et en fourrage jusqu'à l'entretien du bétail, la qualité des soins, la transformation et la conservation du lait, l'élimination des déchets. « Dans cette région, les Malgaches n'ont que des zébus qui fournissent un lait rare et médiocre , poursuit Clotilde Tascon¬Mennetrier. A Madagascar, près de la moitié des enfants de moins de 5 ans souffrent de carences et de retard de croissance graves. L'espérance de vie des hommes n'atteint pas 55 ans.

Le projet est né sur place et les orientations ont été prises en concertation avec les acteurs politiques et économiques de la région, dont certains se sont d'ailleurs formés en Bretagne. L'association Bretagne International, partie prenante de l'initiative, a su mobiliser les entreprises agroalimentaires bretonnes, qui sont prêtes à procéder à des transferts d'expérience et de technologie. Un comité de pilotage, présidé par le Conseil général, a été créé. Il réunit Bretagne International, interlocuteur privilégié des entreprises, l'association Amitié Madagascar Bretagne, qui a déjà fait ses preuves en matière d'appui au développement sur la côte Est de Madagascar et l'association Défi (Développer, informer, former) de Betton, qui conduit avec succès des actions de formation. dans différents pays en développement. Un groupe de partenaires associant plus largement la société civile d'Ille-et-Vilaine est en cours de constitution. Un protocole d'entente sera signé entre le président du Conseil général, Jean-Louis Tourenne, et le chef de Région malgache David Robinson, à l'occasion du déplacement à Madagascar d'une délégation d'Ille-et-Vilaine du 2 au 9 juillet 2005. Le Conseil général lancera à cette occasion deux actions symboliques : la première pierre d'une étable sera posée à Tanambe et le premier coup de pioche de l'adduction d'eau sera donné à Imerimandroso.
Tugdual Ruellan.

"Nous avons fait le choix de la solidarité"
Trois questions à Clotilde Tascon-Mennetrier, vice-présidente du Conseil général d'Ille-et-Vilaine chargée des affaires européennes et de la solidarité internationale.

Qu'est-ce que la coopération décentralisée?
Elle est avant tout fondée sur la réciprocité et sur l'équité. Avec les pays du Sud, c'est d'abord un acte de solidarité, une aide au développement. La collectivité locale signe une convention avec la collectivité étrangère et, ensemble, elles définissent les orientations et modalités de réalisation de leur projet commun. S'engager dans unecoopération, c'est un choix politique fort, l'attachement à des valeurs, à un choix de société. Nous travaillons en commun avec nos partenaires et nous prenons garde à ne pas projeter notre culture. C'est une démarche exigeante mais c'est la seule qui permette une réelle implication de tous.

Comment sensibiliser les jeunes à cette démarche ?
L'ouverture à l'autre, la découverte d'autres formes de culture, le sentiment renforcé d'appartenir à une même humanité sont quelques-uns des bénéfices partagés de la coopération. Le Conseil général finance ainsi l'association Jeunes à Travers le Monde dont la mission est de favoriser la mobilité internationale desjeunes. jTM instruit les demandes de bourses en matière de solidarité internationale. je souhaite qu'il ait de plus en plus de jeunes du département à bénéficier de cette aide, à découvrir d'aunes cultures et à devenir des citoyens du monde.

Le Département a signé, en juin dernier, une charte de la coopération décentralisée et du développement durable. Quels en sont les objectifs?
Il s'agit de construire des partenariats selon une cohérence territoriale, de mobiliser la société civile dans sa globalité, de favoriser les synergies et d'évaluer les actions de coopération. Solidarité, démarche partenariale et implication de la société civile du département : telle est notre conception de la coopération.