Qu'avez-vous observé durant vos travaux ?
J'ai étudié les effets des Oméga 3 que l'on trouve dans les huiles de poisson (riches en acide docosahexaénoïque ou DHA) et dans la farine de lin (riche en acide alpha-linolénique ou ALA) produite par Valorex sur la fonction cardio-vasculaire. Il s'agissait de montrer le rôle de ces acides gras après deux mois et après six mois de régime. La question est de savoir s'il est possible d'allonger les acides gras contenus dans le lin en acides gras à plus longue chaîne, contenus dans l'huile de poisson. Avec un régime plus long, après six mois, arrivait-on à obtenir des effets comparables à ceux obtenus avec le DHA, un des acides du groupe des Oméga 3, contenus dans les huiles de poisson.

De quelle manière avez-vous procédé ?
Nous nous sommes intéressés à différents paramètres. Le premier était de voir si les membranes des cellules cardiaques pouvaient être modifiées par le régime et si ces modifications étaient différentes entre deux et six mois. Nous avons observé la membrane de la cellule elle-même et différents organites composant la cellule : les membranes de la mitochondrie, le réticulum sarcoplasmique et le noyau. Nous voulions regarder l'évolution de la composition en acides gras de ces différents organites.

Qu'avez-vous trouvé au cours de cette recherche ?
Nous avons montré que la composition en acides gras de ces organites évoluait différemment. Avec un régime enrichi en farine de lin, on arrive à maintenir et même à augmenter, après six mois de régime, la teneur en Oméga 3 des membranes de la mitochondrie et celles du réticulum sarcoplasmique.

La recherche n'avait pas été poussée jusqu’à ce point ?
Non, nous ne le savions pas. Les essais avaient déjà été réalisés sur les membranes du cœur entier mais nous n'avions pas noté de différences entre deux et six mois de régime. Avec cette nouvelle étape de recherche, nous prouvons que les membranes évoluent différemment en fonction du régime et de la durée.

Quelles incidences concrètes pour l'Homme ?
C'est intéressant d'un point de vue nutritionnel. On dit généralement qu’il est difficile de transformer l’ALA (acide alpha-linolénique) contenu dans la farine de lin en DHA et de l’intégrer aux membranes dans des valeurs suffisantes pour avoir un effet fonctionnel. Nous avons pu mettre en évidence que, sur le long terme, il était possible d'enrichir ces membranes et que cet enrichissement se maintenait au cours du temps. Normalement, avec le vieillissement, la teneur en Oméga 3 diminue. C'est une bonne chose de pouvoir maintenir cette teneur avec un régime riche en ALA. Nous avons montré par ailleurs qu'avec un régime riche en ALA, on arrivait à diminuer la fréquence cardiaque (d'une manière à peine moins importante qu'avec un régime riche en DHA à iso quantités de ALA ou de DHA).

CONTACT : Amandine Brochot – amandinebrochot@gmail.com