La Fondation agir pour l'emploi fête cette année son quinzième anniversaire. Comment est née cette organisation ?
Sophie Ricordel : "la Fape a été créée par EDF et GDF, dans le cadre d’un accord salarial. Les salariés et retraités souhaitaient alors venir en aide à des personnes en difficulté d'emploi, dans un élan de solidarité. Cette fondation vit tous les ans grâce aux dons des 14 000 salariés. Chacun donne en moyenne 50 €. Et quand un salarié donne 10 €, l'entreprise donne 20 €. La fondation est gérée paritairement. Nous disposons ainsi chaque année d'un budget de près d'1,5 million d'euros et soutenons chaque année plus d'une centaine de projet : 1651 projets en France depuis 1995 pour une montant de 17 millions d'euros. Compte-tenu de la crise, nous avons lancé un appel l'an passé : nous avons obtenu 10 % des dons supplémentaires !"

De quelle manière procédez-vous pour sélectionner les projets?
SR : "Chaque mois, un comité de sélection se réunit pour étudier les dossiers que nous avons reçus. Il est constitué de représentants de l'entreprise et de représentants syndicaux. Nous avons pris soin au préalable de dépêcher un instructeur sur place qui examine la demande de la structure ou de l'association."

Qui sont ces instructeurs ?
SR : "Très souvent, il s'agit d'anciens salariés de l'entreprise, volontaires pour assurer ces missions. Nous avons des experts financiers et des experts sociaux qui examinent la demande en fonction de leurs compétences."

Quels secteurs soutenez-vous ?
ST : "Nous intervenons dans trois domaines : les structures d'insertion par l'activité économique, conventionnées (associations intermédiaires, entreprise d'insertion, entreprises temporaires d'insertion, chantiers d'insertion, groupements d'employeurs pour l'insertion et la qualification) ; les services à la personne (proxim’ services) ; la création d'entreprises par des demandeurs d'emploi en lien avec France active.

Sur quels critères établissent-ils leur instruction ?
SR : "Nous sommes attentifs à l'étude de marché, la stratégie commerciale, la construction du budget, les concours bancaires, la vocation d'insertion, la qualité de l'encadrement, l'inscription sur le territoire, la richesse du partenariat, la dimension environnementale, l’utilité sociale. Notre objectif prioritaire concerne la dynamique mise en œuvre pour favoriser l'emploi durable des salariés."

Assurez-vous un suivi ?
SR : Effectivement, trois ans plus tard, nous rappelons les responsables de la structure et rendons visite pour un bilan. Vis-à-vis des donateurs de l'entreprise, c'est important qu'il y ait ce retour d'expérience.