la Lettre n°12 de Différent et Compétent Réseau : la force du réseau pour l’inclusion de tous

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

La Lettre d’information de Différent et Compétent Réseau vient de paraître. Thème abordé : le réseau. A quoi ça sert ? quelles sont les conditions facilitatrices ? les difficultés ? les richesses ?

Différent et Compétent Réseau oeuvre à reconnaître les compétences professionnelles des travailleurs d’esat, salariés en situation de handicap (entreprises) et des jeunes en IME.

Lettre n°12 de Différent et Compétent Réseau – Juin 2018
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Différent et Compétent Réseau, rue Francis Monnoyeur – CS 70010 – 35538 Noyal-sur-Vilaine cedex
SITE : www.differentetcompetent.org
Conception graphique : Delphine Le Breton – Comité de rédaction : Claude Basset, Stella Lupo, Nathalie Gaucher, Magdeleine Grison, Érica Pérochain, Janick Rasschaert, Tugdual Ruellan et Pascaline Toulotte.
Président Différent et Compétent Réseau : Christian Guitton. Directrice : Magdeleine Grison. Appui rédaction : Tugdual Ruellan, Claude Basset, Magdeleine Grison et Érica Pérochain.

Christian Guitton, président Différent et Compétent Réseau
« Sachons, derrière la nécessaire procédure,ne jamais perdre le sens »

« Au départ, une idée simple : travailler ensemble à la reconnaissance des personnes que nous accompagnons. Nous étions alors quatre directeurs d’esat, en confiance réciproque. Puis, s’est construit un premier partenariat entre vingt-quatre établissements bretons, prémices et racines du réseau. Un principe nous unissait, celui de la coopération et de la co-construction : une structure (de petite ou de grande taille), une voix. Finalement, il n’y a jamais eu de vote, puisque le consensus était omniprésent. La solution à un problème était toujours issue de la réflexion collective. Nécessairement, elle faisait unanimité. Comme une sorte de démocratie naturelle, dans un respect mutuel et avec beaucoup d’humilité…

L’histoire s’est construite et enrichie par d’innombrables rencontres auprès de l’Éducation Nationale, du ministère de l’Agriculture, de la Cohésion sociale, de réseaux multiples et variés. Avec à chaque fois, ce même désir de contribuer et d’apporter sa pierre à l’édifice. Sans crainte, sans souci de perdre ou de gagner, seulement dans la réciprocité… Et, lorsqu’a pointé la dimension interrégionale, tous ces principes ont demeuré et ont contribué à
forger le réseau naissant. Les idées et les pratiques se sont confrontées, échangées, enrichies mutuellement. Chacun s’y trouve respecté dans son originalité, son histoire, sa conviction. Ni de mégastructure dirigeante, ni d’organisation pyramidale jacobine… Le réseau n’a de sens et ne peut vivre que dans l’engagement de chacun.

Aujourd’hui, ce que nous avons à craindre est peut-être de devenir un “ tout institutionnel ”. La mise en place d’une organisation qui viendrait gérer les remises de compétences, une mécanique où le fait de vouloir s’associer – affectio societatis – n’existe plus… On serait alors membre du réseau par contrainte, par habitude, par obligation… Ce que nous avons à craindre est aussi de devenir un “ tout pédagogique ”, organisme de formation délivrant des prestations sur catalogue ou un “ tout administratif ” qui dispenserait des reconnaissances comme d’autres dispensent des CAP, des BEP… Le réseau n’a d’avenir que dans l’engagement que chacun peut y apporter. Aux candidats et lauréats, moniteurs, éducateurs, équipes encadrantes, directeurs, de s’emparer de leur devenir, de construire une avancée collective et autant que possible… avec les autres ! Sachons être curieux, regarder autour de nous, côtoyer d’autres réseaux pour imaginer plus d’intelligence organisationnelle, plus de respect des personnes dans leur parcours, plus de confiance et de foi dans la personne qui travaille en esat, en IME, en SIAE, en EA…

Sachons, derrière la nécessaire procédure, ne jamais perdre le sens. Sachons aussi rester humbles. Il y a encore tant de choses à découvrir, à faire bouger et à imaginer… Tant de verrous à faire sauter et de défiances à détourner, tant de confiances rapprochées à construire, tant de tolérance à accepter. Faire réseau, c’est d’abord accepter la différence pour construire ensemble. Faire réseau, c’est s’obliger… »

Propos recueillis par Tugdual Ruellan

TEMOIGNAGE
François Jaubert, président de l’Apec (Poitou-Charente)
Accepter de ne pas récolter immédiatement ce que l’on a semé !

« Coopérer, c’est d’abord avoir envie de mettre au pot sans se soucier du retour sur investissement. C’est accepter de ne pas récolter tout de suite ce que l’on a semé. On est là aux antipodes de la logique libérale ! Il faut aussi des gens convaincus, animés par une soif de faire ensemble. Des gens qui ne craignent pas s’il le faut, d’être à contre-culture du bien pensant et de l’établi social. Qu’est-ce qui est venu entacher le développement coopératif dans le monde agricole ? Essentiellement, la lutte pour la taille. On croyait que ce qui était beau devait être gros ! La coopération consiste à donner d’abord, à faire crédit avant de recevoir. C’est une démarche beaucoup plus féconde que le chacun pour soi. Je me souviens de cette ancienne pratique, «la réunion au bout du champ» : le technicien repérait le champ, reconnu comme le plus beau du canton et invitait tous les agriculteurs à se retrouver «au bout du champ». L’exploitant, ainsi valorisé, présentait la manière dont il avait procédé. C’était au vu et au su de tout le monde. Il n’y avait aucun complexe à parler vrai. Ensemble, on réfléchissait à la manière dont on pouvait faire mieux. Ce que j’aime dans Différent et Compétent, c’est que nous affirmons « qu’au bout du champ », il y a un avenir pour tout le monde ».

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