MABILAIS 100% numérique ! A l’ésat, la tablette favorise l’inclusion et l’autonomie

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - Non classé

Les Ateliers de la Mabilais de Noyal-sur-Vilaine étaient le 24 septembre 2019 à l’heure numérique ! Quelque 120 participants ont découvert les multiples usages qui rythment le quotidien de l’ésat. Christian Guitton , directeur : « « Voilà plusieurs années que nous utilisons les outils informatiques. Il y avait bien sûr un intérêt personnel puisque je suis informaticien de formation mais il y a surtout notre intention de lutter contre la fracture numérique et le risque d’exclusion. « 

Catherine Carlier et le cameraman de France 3 Bretagne ont passé la journée à rencontrer travailleurs et encadrants. Un beau sujet à découvrir sur le Journal du 19-20 du 23 septembre : https://france3-regions.francetvinfo.fr/…/…/jt-1920-bretagne (à 21’20). 

Christian Guitton

Christian Guitton, directeur des Ateliers de la Mabilais

« Voilà plusieurs années que nous utilisons les outils informatiques. Il y avait bien sûr un intérêt personnel puisque je suis informaticien de formation mais il y a surtout notre intention de lutter contre la fracture numérique et le risque d’exclusion. C’est la mise en place des temps partiels, qui se généralise pour les travailleurs depuis 2004, qui nous a forcés à mettre en place un outil informatique pour gérer l’ensemble du planning. Nous avons actuellement à coordonner 65 modèles horaires pour 135 personnes accueillies ! Nous avons alors proposé aux travailleurs un pointage informatique tactile disponible dans chaque atelier. Grâce à ce système, les personnes choisissent désormais leur temps personnel.

Peu à peu se sont mises en place plusieurs propositions afin de démystifier l’informatique. J’ai développé des outils de gestion de production et des outils de gestion de dossiers personnels. Se sont peu à peu démocratisés le smartphone et la tablette numérique. En 2014, j’ai proposé d’équiper chaque travailleur d’une tablette en faisant en sorte que l’outil soit utile et que son usage devienne progressivement incontournable. Nous avons mis en place des formations pour que les personnes s’habituent progressivement à l’utilisation de l’outil informatique. Il y avait aussi l’idée d’un gain de production et de temps en rendant les process plus fluides. Il y avait enfin cette intention d’empowerment : permettre à chaque personne d’être le plus possible autonome dans la vie de l’établissement et devenir le « chef de sa vie ».

Le tableau des compétences aujourd’hui numérisé et accessible à chacun.

Nous avons commencé à proposer des ateliers multimédia à celles et ceux qui le souhaitaient, en partenariat avec la médiathèque de Noyal-sur-Vilaine qui proposait une initiation aux habitants. Pendant quatre ans, un groupe de quatre à cinq personnes s’est ainsi rendu chaque semaine à la médiathèque pour s’initier à l’outil numérique. Régulièrement, des rendus étaient proposés à l’ensemble des travailleurs comme la projection d’un montage réalisé à la médiathèque ou la mise à disposition dans le hall d’accueil d’un « cahier mémoire ». Puis, en 2016, nous avons rencontré Véronique Le Chêne, doctorante spécialisée dans l’inclusion numérique des personnes accompagnées dans des établissements et services médico-sociaux, qui a proposé d’accompagner un groupe de personnes dans le cadre de ses recherches. Elle a alors proposé aux travailleurs qui le souhaitaient des formations à l’utilisation de la tablette. Au final, en 2017, Véronique Le Chêne a restitué les travaux collectifs qui avaient été menés. Nous avons vraiment été surpris des résultats et ne pouvions pas imaginer certaines réalisations comme des montages photos. Nous avons alors décidé d’acheter des tablettes et d’équiper chaque travailleur ainsi que les moniteurs, soit 150 tablettes pour un investissement de 30.000 € avec une aide de l’ARS de 3200 € au titre de l’amélioration de l’accueil des personnes en esat. Nous avons équipé l’établissement d’un dispositif wifi et d’un nouveau serveur plus performant. Les personnes ont à leur disposition deux systèmes de connexion : un pour le serveur interne, l’autre pour l’internet.

Sur une clé& USB, l’ensemble des informations.

Nous avons organisé des formations : paramétrage de la tablette, utilisation de la clé USB, utilisation du portail d’entrée et d’accès aux différents services, accès à l’internet et navigation sur des sites externes (sécurité sociale, CAF, loisirs…) J’ai continué à créer de nouvelles applications en fonction des besoins qui se faisaient jour. Puis, nous avons proposé à celles et ceux qui étaient le plus à l’aise de devenir marraines et parrains pour former et accompagner les autres dans la maîtrise de l’outil. Des permanences ont été organisées à deux moments de la journée pour permettre à chacun de les solliciter et de se former.

Sont désormais proposés en accès sur la tablette :

  • le pointage matin et soir, avec accès permanent à l’historique des horaires et durée de travail,
  • le dossier personnel avec l’ensemble des documents administratifs utiles,
  • le dossier individuel de la personne, l’évolution de ses compétences en lien avec le dossier de RAE (Différent et Compétent) et le tableau de compétences de l’atelier ; à termes, ces informations seront couplées avec des tutoriels et des vidéos pour permettre à la personne de faire évoluer ses compétences et poursuivre ses apprentissages. Pourquoi ne pas également poursuivre avec le dossier de suivi social (logement, santé, loisirs, préparation au départ en retraite…)
  • la prise de rendez-vous avec le directeur, la CESF, la psychologue (plus de 300 rendez-vous automatiques ont déjà été pris depuis la mise en service de la tablette),
  • des notices techniques et séquences d’apprentissage des différents postes de travail (en cours de réalisation sur l’ensemble des ateliers)
  • en réflexion (et en rêve) : les pistes d’amélioration de la situation de travail (animation de la démarche 5S) / la possibilité offerte au travailleur de pointer un dysfonctionnement et de faire remonter l’information pour envisager collectivement une amélioration.

 

Chaque jour, chacun peut pointer sur l’écran.

Il est encore trop tôt pour mesurer les effets mais nous observons déjà bon nombre d’effets positifs. Progressivement, les personnes gagnent en autonomie. Les peurs et les appréhensions tombent. Une solidarité nouvelle voit le jour, une dynamique d’entraide entre les travailleurs. Il y a beaucoup de surprises et de fierté dans la maîtrise de ce nouveau support… La prise de rendez-vous se fait en toute confidentialité, en direct avec la personne concernée, sans intermédiaire.

Du côté des moniteurs, la mise en place se fait aussi progressivement. Il est vrai que l’apprentissage de ce nouvel outil est venu se cumuler avec une charge de travail importante. Une majorité d’entre eux utilise depuis plusieurs années, les suivis de production et suivis de présence informatisés (analyse économique), les suivi de sécurité (examen de conduite de son poste de travail). Des habitudes se sont donc créées mais la démarche d’appropriation doit se poursuivre. Nous sommes dans une phase d’expérimentation. Ce qui est certains c’est que nous répondons aux obligations de la loi : la personne accède à son dossier personnel et à son projet individuel quand elle le souhaite et gagne en autonomie, pour les actes de la vie quotidienne au travail, en interaction avec les autres.

 

Mathilde Guédon, conseillère en économie sociale et familiale

Mathilde Guédon.

« J’accompagne les travailleurs dans les aspects sociaux, santé, logement, administratif, loisirs, vacances, retraite, vie quotidienne… Depuis plusieurs mois, les démarches administratives ne cessent de se complexifier. Ainsi, pour refaire sa carte grise, son permis de conduite, un passeport, sa carte d’identité… il faut passer par le site ants.gouv.fr, de l’agence nationale des titres sécurisés, passage obligé. Et la même chose pour la sécurité sociale, la caisse d’allocations familiales et la prime d’activité, la déclaration d’impôts, la taxe d’habitation… l’accès aux loisirs, au cinéma, aux activités… De plus en plus d’actes de la vie quotidienne passent par l’internet.

Pour éviter la fracture numérique et l’exclusion des personnes que nous accompagnons, le risque d’erreur et de piratage aussi, nous avons engagé une démarche de formation et de sensibilisation aux nouvelles technologies de l’information. Progressivement, nous avons créé un e-dossier pour chacun des travailleurs en y stockant l’ensemble de leurs documents administratifs scannés. Est arrivé le projet tablettes, complètement pertinent avec cette démarche que nous avions initiée. Nous y avons emmagasiné toutes les ressources nécessaires au quotidien au fur et à mesure que les besoins naissaient. Ainsi, nous avons mis en place la prise de rendez-vous pour éviter que chacun d’entre nous ne soit happé à tout moment de la journée. On tente, on expérimente, parfois il y a des couacs mais ça crée du lien et de l’échange et on améliore ensemble l’outil.

Il y a beaucoup de fierté ressentie à l’utilisation de l’outil. C’est aussi un objet social qui participe à renforcer l’image de soi : « Je suis comme tout le monde, je sais l’utiliser, il m’est utile tant dans mon travail qu’à la maison ». Chacun peut prendre les photos qu’il souhaite, les montrer à ses proches le soir en rentrant. Les travailleurs n’hésitent plus à m’envoyer un mail dès qu’ils ont une difficulté, une question sans être obligé de demander à quelqu’un d’autre. Certains ont appris à se géolocaliser et à gérer en direct leurs projets de vacances, en direct sur internet. Quelle autonomie gagnée… Qui aurait pu imaginer ça il y a quelques années ! »

 

 

 

Christelle Rocher

Christelle Rocher, chargée de mission pour la mise en place des tablettes numériques au sein de l’établissement par les travailleurs et les encadrants 

« Après une carrière dans le secteur informatique, j’ai souhaité me reconvertir. J’ai travaillé longtemps comme responsable d’une activité commerciale dans le secteur de la CAO-DAO conception et dessin assistés par ordinateur. Dans le cadre de mon projet de reconversion, je souhaitais découvrir un esat après un stage en ehpad. Je souhaite en effet être directrice d’un établissement médicosocial. Christian Guitton m’a proposé d’accompagner cette démarche dans l’esat. Dans un premier temps, de février à mars 2019, nous avons commencé à créer des notices techniques de montage de produits et des séquences d’apprentissage sur la tablette numérique, documents destinés aux travailleurs.

Un exemple de séquence d’apprentissage : je dois travailler sur la machine à souder la mousse. Que dois-je savoir de cette machine et de son environnement pour travailler ? Il s’agit là de la mise en place du poste de travail. Un exemple de notice technique : je suis installé à mon poste de travail. Il a peut-être été préparé par une tierce personne ? Comment vais-je découper la mousse en fonction des consignes qui m’ont été données ? Chaque séquence de travail est ainsi décrite avec des séries de photos et des commentaires explicatifs. Les documents sont disponibles sur les tablettes. Ainsi, tout nouveau travailleur à ce poste peut apprendre le travail à réaliser en complète autonomie ou en rappel après avoir été formé par le moniteur ou un « parrain ».

Ces séquences ont été construites avec les moniteurs. Elles sont reliées au tableau de compétences et à la démarche de reconnaissance des acquis de l’expérience avec Différent et Compétent. Le tableau de compétences est évolutif, faisant apparaître les nouvelles compétences qui émergent. Comment l’outil est-il perçu ? Bien sûr, comme pour tout changement, des freins et questionnements se font jour. Du côté des encadrants : perte de temps, remise en question de ses compétences pédagogiques… Du côté des travailleurs : vais-je savoir l’utiliser ? Est-elle vraiment utile ? Ne va-t-elle pas entraîner la disparition du moniteur ? Avec le temps, nous réalisons que c’est la base qui va pousser l’encadrement ! Les travailleurs se sont rapidement appropriés ce nouvel outil, impatients de voir et mettre en pratique les nouvelles propositions. Ils ont rapidement chaîné l’usage de la tablette avec le tableau des compétences, désormais projeté directement au sein de l’atelier (voir vidéo). A termes, toutes les notices et documents papier vont disparaître.

L’usage de la tablette, que nous privilégions, entre de plus en plus dans les habitudes. La création de notices techniques se généralise et s’étend progressivement à tous les ateliers. Il y a une solidarité qui a vu le jour entre les travailleurs qui n’hésitent pas à s’entraider dès que l’un d’entre eux est en difficulté. Peurs, questionnements, échanges… Ce qui est certain, c’est que personne n’est indifférent ! »

La tablette au cœur de l’atelier

Eva Harlais.

Eva Harlais, responsable de production, conditionnement et repassage : « Une trentaine de personnes travaillent dans l’atelier repassage et traitent, du linge confié par des particuliers et des professionnels, du lundi au vendredi, de 8h à 18h. La qualité est équivalente à celle d’un pressing. Les personnes sont formées progressivement en fonction de leurs compétences et de leurs envies. Plusieurs étapes leur sont proposées dans la technique de repassage, entre le fragile et le moins fragile, le complexe et le non complexe, tee-shirt, taie d’oreiller, torchons, serviette jusqu’à la chemise, la blouse… Chaque travailleur dispose de se propre tablette. Chaque matin, la personne pointe à l’aide de sa tablette, connectée à l’intranet de l’établissement. D’abord, on clique sur la photo du moniteur ou de la monitrice référent.e. puis sur sa propre photo. Elle tape ensuite son code, avec des lettres ou des symboles pour les personnes ne sachant pas lire : une hache pour le « h », des ciseaux pour le « C »… Pour les personnes porteuses d’autisme, la symbolique est privilégiée au réel…

Elles peuvent prendre à leur guise des rendez-vous avec le directeur, la psychologue, la conseillère en économie sociale et familiale. En toute discrétion et confidentialité… Et avoir accès aux informations internes de l’établissement. Chaque semaine, y sont notés les menus du self. Elles peuvent aussi trouver sur leur tablette, des modes opératoires didactiques. Selon le client et le produit sur lequel elles travaillent, elles trouvent les détails techniques, la marche à suivre, les précautions à prendre, la machine à utiliser, le mode opératoire…  Chacun gagne ainsi en autonomie à son poste de travail. Dans le cadre de la démarche Différent et Compétent, l’évolution des compétences de chaque travailleur est notée sur le « tableau des compétences » ainsi que ses demandes de formation. Le tableau numérique peut être projeté sur un tableau blanc grâce à un vidéo-projecteur. À tout moment, les travailleurs ont accès à ces informations sur leur tablette.

Chacun est libre ensuite de ranger la tablette dans une armoire dédiée où elle est mise à recharger. On peut aussi la conserver à son poste de travail. C’est un objet personnel que chacun ramène le soir à son domicile ou son foyer. Nous incitons à l’utilisation personnelle afin de s’habituer et que l’usage de la tablette devienne un réflexe par exemple, pour consulter ses pages personnelles sur les sites administratifs, préparer ses vacances et organiser ses loisirs…Le moniteur référent joue un rôle important pour faciliter l’usage de la tablette. À lui de persuader et d’inciter la personne à l’utiliser, en mettant en place une pédagogie adaptée. Pour cela, il doit lui-même être convaincu du bien-fondé de cet usage et habitué à son utilisation.

L’atelier de conditionnement de La Mabilais.

Les ateliers fonctionnent en complément les uns par rapport aux autres afin de proposer aux personnes une variété de travaux et de gestes professionnels. Ainsi, un espace conditionnement est réservé aux personnes travaillant en blanchisserie : elles répartissent ainsi leur journée entre les deux activités pour éviter les situations debout prolongées. L’atelier conditionnement propose aux personnes des travaux de mise sous plis, mise en kit, collage d’étiquettes, découpe de chaînes… Là aussi, la tablette peut être consultée à tout moment pour vérifier telle ou telle procédure. Christèle a réalisé bon nombre de fiches techniques, à partir d’échanges avec les moniteurs et les ouvriers, de prises de vue ou vidéos des différents gestes professionnels. Le défi a été de mettre en mots, facilement compréhensibles, chaque mode opératoire.

Avec le recul de quelques mois, je constate déjà quelques changements. Nous travaillons tous désormais à partir de la même référence et mode opératoire qui sont consultables par tous sur la tablette : c’est un référentiel commun sur lequel nous pouvons tous nous baser, un sujet d’échange. Des réflexes commencent à se prendre. Beaucoup de travailleurs ont acheté un téléphone mobile à la suite de la formation à la tablette, rassurés par l’usage des nouvelles technologies. Nous voyons aussi plus de travailleurs utiliser les PC que nous mettons en libre-service. Nous savons enfin qu’ils utilisent régulièrement la tablette pour prendre rendez-vous avec qui ils souhaitent. Bien sûr, tous les travailleurs n’ont pas souhaité utiliser la tablette. Peur de l’inconnu, de l’échec, incompréhension quant à l’avantage, peur de l’écran tactile… Leur choix est respecté. Le rôle du moniteur est important pour que ce choix n’occasionne pas de mise à l’écart. À chacun de trouver la solution d’une autre manière qu’en se référant à la tablette. Mais la situation évolue très vite. Les personnes réticentes au départ découvrent le bien-fondé de l’outil en observant leurs collègues l’utiliser. »

 

Noëlla Lécrivain.

Noëlla Lécrivain, monitrice atelier conditionnement : « Vingt-quatre personnes travaillent à l’atelier conditionnement. C’est un outil qui déjà en lui-même, permet de développer des compétences nouvelles. Pour certains, on démarre de zéro ! Il faut donc du temps pour comprendre la démarche. Cela fait partie de notre travail de moniteur de les accompagner dans cette compréhension. À nous d’adapter notre pédagogie et de décomposer l’apprentissage : je sais allumer la tablette, je sais ouvrir une page, je sais écrire sur l’écran, je sais où trouver l’information que je cherche, je sais répondre à un questionnaire, je sais lire une fiche technique et apporter la solution au problème qui se posait dans mon travail… Pour les personnes plus à l’aise, nous les accompagnons pour qu’elles créent elles-mêmes leurs propres fiches techniques, prendre des photos pour illustrer les étapes, renseigner les différentes informations qui sont ainsi utiles à tous. Lors de réunions collectives, nous les invitons à effectuer des recherches en ligne sur une thématique, un mot-clé, à partir de textes, de sons ou d’images : la communication, la sécurité au travail… C’est un outil d’animation dynamique qui mobilise tout le groupe. Nous accueillons régulièrement des stagiaires. La tablette permet de tracer toutes les expériences réalisées et de présenter en fin de stage, un rapport vivant, imagé, bien renseigné, concret et dynamique. »

Paroles d’utilisateurs…

Laure utilise sa tablette chaque jour.

Laure (atelier conditionnement) : « Moi, j’emmène ma tablette chez moi le week-end et pendant les vacances. Je l’utilise pour pointer le matin et pour dépointer le soir, avant de partir. C’est intéressant de voir comment évoluent nos compétences. Je regarde le planning de la semaine, les travaux prévus. On peut suivre tout l’historique de notre activité. Au début, je me demandais comment ça marchait ! La nouveauté quoi… Maintenant, ça va. C’est intéressant pour le travail avec les fiches techniques. Par exemple, je note le nom du client sur l’écran et on a tout le processus à suivre. Pour certaines choses, c’est mieux qu’avant. Pour d’autres, ça n’a pas bien fonctionné. Par exemple, la promenade, il fallait choisir quatre destinations. D’habitude, c’était mieux expliqué avec des papiers. Tout le monde n’a pas bien compris. À Noël dernier, on nous a remis à chacun une clé USB avec tous les documents de la Mabilais dessus.»

 

Marianne (atelier conditionnement) : « Je regarde les menus. J’aime bien savoir ce qu’on mange le midi. Je n’étais pas trop rassurée au début… Je ne savais pas comment ça marchait. Mais c’est en faisant que l’on apprend ! Si on un problème, on appelle des collègues ou la monitrice et ils nous expliquent. C’est pratique pour prendre des rendez-vous. Je l’ai fait avec la psychologue et ça a bien marché. C’est la discrétion totale.»

Sandrine (atelier blanchisserie et conditionnement) : « J’utilise la tablette pour pointer. J’ai tout de suite su l’utiliser, j’ai déjà un téléphone portable et j’avais aussi déjà une tablette chez moi. J’ai juste un peu de mal à me repérer dans l’application de la Mabilais. Souvent, j’aide les collègues qui ont des difficultés. »

Marie.

Marie (atelier blanchisserie et conditionnement) : « À force d’utiliser le téléphone, on apprend vite à se servir de la tablette. Je l’utilise pour pointer, prendre des rendez-vous, aller au self et connaître le menu avant, aussi pour des trucs personnels. Je la ramène chez moi tous les soirs parce que j’ai un abonnement internet. J’aime bien regarder des films sur Netflix… pas trop tard dans la nuit parce qu’il faut être en forme le lendemain ! »

Ludovic Voisin, moniteur d’atelier menuiserie : « Nous réalisons des palettes et des caisses pour divers clients. L’intérêt principal de la tablette réside dans le tableau des compétences. Le fichier, projeté sur un tableau numérique, est beaucoup plus fiable. Auparavant, il fonctionnait avec des aimants que l’on déplaçait sur des cases. La mise en place commence mais nous voyons déjà que c’est un outil dynamique qui favorise l’échange avec les travailleurs. Nous avons par ailleurs commencé à réaliser des vidéos sur l’utilisation de chaque machine. Elles sont engrangées au fur et à mesure sur le réseau intranet et chacun peut les visionner sur sa tablette, c’est vraiment très pratique. Dès qu’un client nous fait une commande, nous pouvons présenter la commande et chacun visualise ainsi ce qu’il doit réaliser. Il peut aussi mettre des commentaires, des questions auxquelles nous essayons de répondre collectivement. On commence à voir des travailleurs qui prennent leur réalisation en photo avec la tablette et la classent dans leur dossier. On sait qu’il faut laisser du temps pour que chacun s’approprie l’outil mais l’intérêt est bien réel. »

 

Paroles d’utilisateurs…

Christophe.

Christophe (atelier menuiserie) : « Au début, je n’utilisais pas beaucoup la tablette. J’ai un peu de mal. Quand on m’explique bien, ça va mieux. Il faut que je marque sur une feuille pour me rappeler. Chez moi, je l’utilise un peu. Maintenant, j’arrive à prendre des photos. Ça,  j’aime bien. Des photos de ce que j’aime. Et je les montre à mes amis.»

 

 

Christophe (atelier menuiserie) : « Je n’ai pas eu de mal à utiliser la tablette… Je suis tellement habitué avec mon portable ! Je vais voir la tablette quand je veux savoir des trucs sur le travail. Il y a des fiches techniques et c’est bien expliqué ce qu’on doit faire. Je prends tous mes rendez-vous avec la tablette. Ça marche impeccable ! J’aide les copains qui ont du mal ou qui comprennent pas. On sait le jour de toutes les activités. Je pointe le matin avec la tablette mais le soir en partant, je pointe carrément sur l’ordinateur. Je vais beaucoup sur internet parce que je suis fan de football. J’aime bien aussi voir le programme des films, je vais beaucoup au cinéma. Je suis arrivé en 1998 à La Mabilais et je suis bien, il y a une super ambiance et des supers collègues !»

Romain.

Romain (atelier menuiserie) : « J’aime bien aller sur internet, je regarde des vidéos sur youtube. J’adore la musique et je suis un peu DJ. Depuis que je suis tout petit, je suis comme ça ! C’est moi qui anime les fêtes, les anniversaires, les départs à la retraite avec une sono. Avant, c’était sur CD mais maintenant, il y a tout sur internet ».

Arnaud (atelier menuiserie) : « J’utilise la tablette tous les jours, c’est pratique et utile pour plein de choses. J’ai été parrain et j’ai formé mes collègues pour qu’ils sachent bien s’en servir. J’avais déjà une tablette chez moi et je savais comment l’utiliser. »

 

rbt

 

 

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