Premières rencontres MONALISA : Mobilisation nationale contre l’isolement des âgés

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - solidarité

Jean-François Serres, référent national de MONALISA et délégué général des petits frères des Pauvres : « Il y a un an, jour pour jour, était lancée la Mobilisation nationale contre l’isolement des âgés à Metz. Je veux rappeler simplement que cette mobilisation nationale, comme son nom l’indique, est un appel aux énergies, une mise en mouvement, dans un moment important où cette question de l’isolement social est ressentie, y compris par tous, comme une urgence qui nous oblige, les uns et les autres, à s’articuler, à coopérer, à mettre nos forces, nos complémentarités, nos expériences ensemble pour rejoindre et pour réussir à transformer cette situation qui ne fait qu’empirer si nous ne faisons rien…/… »

Document réalisé par MONALISA
62 avenue Parmentier 75011 PARIS © Février 2015
ACTES A TÉLÉCHARGER ICI
Rédaction des Actes : Tugdual Ruellan
Photos : Julie Bourges

La mobilisation nationale MONALISA n’est pas un nouvel opérateur. Ce n’est pas une structure, ce n’est pas une nouvelle action. C’est en fait une démarche que nous menons ensemble et vous êtes, ici dans cette salle, pour la plupart, partie prenante de cette mobilisation ; une démarche pour faciliter et soutenir les initiatives pour favoriser les convergences, pour promouvoir les coopérations, pour sensibiliser et pour mobiliser les forces vives afin de faire face ensemble à cette question prégnante de l’isolement social, notamment des personnes âgées.
L’enjeu que nous nous sommes fixés ensemble, nous qui sommes parties prenantes de cette mobilisation, c’est de construire, de constituer une sorte de booster, d’incubateur des initiatives associatives, des initiatives citoyennes, locales qui, seules, permettront de retisser des entourages, des relations aidantes et soutenantes au plus près des personnes âgées. Si nous réussissons ensemble, ce que nous souhaitons, c’est que la France soit comme une pépinière d’initiatives citoyennes qui transforment les choses.
Cette première année de lancement, 2014, a été principalement occupée à construire ces coopérations, à s’exercer à cette mobilisation commune puisque MONALISA, c’est vraiment une démarche innovante, assez peu fréquente. Ce n’était donc pas la construction d’une structure, l’élaboration d’une organisation mais plutôt, apprendre et travailler à la coopération.
En 2014, nous avons eu 43 rencontres nationales, 75 rencontres sur les territoires. C’est dire à quel point les uns et les autres, vous avez, nous avons mis de l’énergie, de l’effort, de la présence, de la réflexion ensemble autour de cette question. C’est à peu près un tiers des départements pour lesquels une coopération commence. Certaines sont structurées dans 14 départements. Les coopérations ont commencé à se structurer dans un tiers des départements. Les premières équipes citoyennes s’engagent, les premières initiatives locales se font connaître.
2015 sera vraiment l’année de la concrétisation. Cette mobilisation commence à exister, à se trouver. Il faut trouver les marques. On apprend à dépasser les clivages, à être complémentaires les uns avec les autres, à faire cause commune ensemble. L’objectif est que tous ces efforts de mobilisation aboutissent à des concrétisations sur le terrain 3
et qu’on voit, grâce à ces coopérations qui commencent à exister partout, des développements, des soutiens, des actions et des équipes qui existent déjà, qu’elles se développent, qu’elles se renforcent, qu’elles se « complémentarisent », qu’elles bénéficient d’appuis plus simples mais aussi la naissance et l’émergence d’initiatives et d’équipes citoyennes nouvelles pour mieux mailler le territoire et pour répondre aux enjeux.
Cette deuxième année, MONALISA, vous, les parties prenantes de la mobilisation, avez souhaité la démarrer par une journée qui a comme objectif de mieux parler ensemble de l’enjeu qui nous réunit. Quelle est finalement cette question de l’isolement social, de l’isolement relationnel ? Cette solitude, lorsqu’elle est subie, est une perte, un risque, une souffrance. Elle touche aujourd’hui tous les âges et toute la population française. C’est le processus qui fait que l’inscription dans des relations et dans des appartenances est beaucoup moins facile, moins simple du fait de raisons multiples mais elle touche de façon beaucoup plus prégnante et massive les personnes âgées. On considère qu’1,5 million de personnes de plus de 75 ans sont dans cette situation. Si l’on tire la courbe dans 20 ou 25 ans, ça sera 4 millions si nous n’agissons pas ou ne réagissons pas.
Parallèlement, on voit des engagements citoyens nombreux, riches, actifs, divers qui portent la fraternité, qui réinventent la fraternité dans ce monde où l’individu est au centre et de façon positive, de façon forte. On l’a vu dans ce démarrage d’année qui est dramatique mais qui a fait émerger aussi cette puissance de notre identité commune : ce respect, cette attention pour chaque personne et pour l’individualité de chaque personne.
L’engagement citoyen, dans ce monde où ce qui nous unit est le respect de chacun et de la liberté individuelle de chacun, doit réinventer les formes de relations proches, les formes d’inscription dans des soutiens, notamment pour les personnes qui, par leur fragilité, sont contraintes de vivre dans une proximité où les relations passées sont moins solides, moins naturelles, moins évidentes. Les initiatives locales se développent donc, elles innovent, elles portent les semences de notre société de demain, en tout cas, de la fraternité dont nous avons besoin dans la société de demain.
Comment les favoriser, comment les soutenir, comment les booster ? La mobilisation nationale est vraiment cette question : comment transformer l’ensemble de ces initiatives ou tout au moins, comment les appuyer, les mettre ensemble et favoriser de nouvelles pour passer à une vitesse supérieure étant donné l’urgence que nous voyons tous et finalement, réussir à renverser la tendance ?
Voilà les objectifs que nous nous sommes fixés. Nous avons défini pour cette rencontre trois grands thèmes qui seront l’objet de trois tables rondes :
• la première table ronde sera autour de « l’isolement social, une nouvelle pauvreté ? » MONALISA est une mesure du plan quinquennal de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale du Gouvernement. François Chérèque nous fait l’honneur d’être là aujourd’hui. Il a présenté un bilan de ce plan hier au Premier ministre ;
• la deuxième table ronde porte sur la lutte contre l’isolement social et l’un des axes de la politique de prévention de la loi d’adaptation de la société au vieillissement : comment cette action va-t-elle s’articuler dans des actions de prévention, la perte d’autonomie, dans le cas de la mise en oeuvre de la loi ?
• la troisième table ronde porte sur la recréation de liens qui nécessitent l’engagement des familles mais aussi des voisins, des habitants, des amis. Comment 4
construire l’indispensable complémentarité entre les dispositifs sanitaires, médicosociaux et sociaux et cette nécessaire solidarité d’engagement ?
Pour approfondir ces thèmes, nous avons fait appel à des personnalités reconnues. Parmi elles, nous avons aussi choisi de bénéficier de l’expertise du vécu. Nous avons donc travaillé avec un groupe de personnes accueillies et accompagnées par plusieurs associations, membres de la Mobilisation. Nous aurons la joie et l’honneur d’avoir deux personnes dans la première et la troisième table ronde qui viendront exprimer ce qu’elles ont vécu et comment elles le perçoivent. Déjà, nous ont aussi aidés, des mouvements inscrits dans la Mobilisation, pour animer la journée. Ce sont eux qui vous invitent à tweeter de façon régulière pour créer plus d’interactivité, de dynamisme. Laurence Rossignol viendra clôturer nos débats. Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, devait être des nôtres mais n’a pu honorer son engagement ; il aura un message vidéo à nous transmettre.
Pour commencer la journée, nous avons l’honneur de recevoir Brigitte Ayrault. Dès le commencement, vous avez été au soutien, à l’appui de MONALISA. Dès les origines, vous avez tout de suite apporté votre soutien en étant une ambassadrice de MONALISA convaincue, engagée en venant nous aider dans les différentes rencontres. Aujourd’hui, vos engagements ne vous permettent plus d’avoir ce rôle. »


Ouverture
Jean-François SERRES, référent national de MONALISA et délégué général des petits frères des Pauvres
Brigitte AYRAULT, membre d’honneur de MONALISA
Michèle DELAUNAY, ancienne ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’Autonomie, députée de la Gironde, membre d’honneur de MONALISA

Table ronde n° 1 : L’isolement social, une nouvelle pauvreté ?
François CHEREQUE, président de l’Agence du Service Civique
Véronique FAYET, présidente du Secours Catholique – Caritas France
Jean-François MATTEI, ancien ministre de la Santé, ancien président de la Croix-Rouge française, président du Fonds Croix-Rouge
Marie BANGOWENI, citoyenne
Patricia SAMOUN, citoyenne
• Animatrice : Armelle DE GUIBERT, directrice des Etablissements, les petits frères des Pauvres
Grand témoin
Xavier EMMANUELLI, fondateur du Samu Social et président fondateur du Samu Social international

Table ronde n° 2 : Isolement social et prévention de la perte d’autonomie
Christophe CAMBONA, adjoint du directeur de la direction nationale de l’action sociale de la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse
Sylvain DENIS, vice-président de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie
Françoise FROMAGEAU, médecin gériatre, secrétaire nationale de la Croix-Rouge française
Serge GUERIN, sociologue
Joëlle HUILLIER, députée de l’Isère, membre de la commission des Affaires sociales
• Animateur : Loïc TOUBLANC, responsable du pôle Gérontologie Domicile, Centre Communal d’Action Sociale d’Angers

Table ronde n° 3 : Engagements citoyens et intervention publique : une nécessaire complémentarité
Dominique BALMARY, président de l’Union Nationale Interfédérale des OEuvres et organismes Privés non lucratifs Sanitaires et Sociaux
Marie-Dominique BOISSEAU, Vice-présidente du Conseil général d’Indre-et-Loire, en charge de l’action sociale, de la santé et de l’autonomie
Bruno LACHESNAIE, directeur de l’action sociale de la Caisse Centrale de la Mutualité Sociale Agricole
Joëlle MARTINAUX, maire-adjointe de Nice en charge des Affaires sociales, présidente de l’Union Nationale des Centres Communaux d’Action Sociale
Claudie MILLER, présidente de la Fédération des Centres Sociaux et socioculturels de France
Marie BANGOWENI, citoyenne
Patricia SAMOUN, citoyenne
• Animateur : Jean-François SERRES, référent national de MONALISA et délégué général des petits frères des Pauvres
MONALISA
Bertrand OUSSET, président de MONALISA

Clôture
Laurence ROSSIGNOL, secrétaire d’Etat chargée de la Famille, des Personnes âgées et de l’Autonomie

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