Sur Histoires Ordinaires, « La belle aventure du Ciné Manivel au pays de Redon »

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - Non classé

Voilà plus de trente ans que l’association Manivel a mis le cinéma au cœur de la vie des habitants du pays de Redon. Entre 190 000 et 210 000 spectateurs fréquentent chaque année les cinq salles, les festivals, débats et tables-rondes qui y sont organisés. Aucune autre ville française de moins de 10 000 habitants ne dispose d’un tel équipement. Quand un « pays » se réapproprie son accès à la culture… Récit avec Philippe Rouxel, au cœur de toute cette aventure.

Rédacteur en chef Histoires Ordinaires : Michel Rouger
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Rédaction et photos : Tugdual Ruellan

Ce soir-là, le 1er mai 1998, quelque sept-cents personnes se sont rassemblées dans les locaux désaffectés de Garnier à Redon. L’ancienne usine, fleuron de l’activité industrielle du secteur, a connu ses heures de gloire jusque dans les années 1970, réputée pour la qualité de ses machines agricoles. Comme tant d’autres, elle a fermé ses portes dans la douleur, laissant sur le carreau des centaines de familles. Dans le pays, on a tous dans notre entourage, quelqu’un qui se souvient. Ce soir-là, le cinéma Manivel, avec la CFDT et la CGT, rend hommage à la mémoire ouvrière.

Le temps d’une soirée, l’ancien hall d’expédition s’est transformé en salle de projection. On est dans l’ambiance, enveloppé des odeurs d’acier rouillé, les pieds dans les traces d’huile de moteur, indélébiles, qui ont marqué le sol. En première partie, d’anciens ouvriers de l’usine sont venus témoigner avant le film Les Virtuoses, réalisé par Mark Herman, dans lequel une fanfare tente de sauver l’honneur après la fermeture des mines de Grimlet en Angleterre. L’émotion est à son comble. Y compris chez Philippe, dont le père était ouvrier chez Garnier. La fiction a rejoint la réalité. Et c’est ce cinéma-là, ancré dans la vie et la citoyenneté, que Philippe Rouxel entend défendre et promouvoir avec son équipe.

Plan 16, du cinéma itinérant au pays
BEP de mécanicien moteur en poche, Philippe travaille quelque temps comme ouvrier à l’usine de fabrication de briquets à Redon. Mais il rêve d’images et de photographie. Il entre en formation chez un photographe à Baud et accueille avec une grande satisfaction, la proposition que lui fait en 1985 Murielle Sagorin, directrice de la Fédération d’animation rurale des pays de Vilaine : monter un circuit de cinéma itinérant sur le pays. La démarche, dénommée « Plan 16 », s’inspire de celle initiée à Ploudalmézeau dans le Finistère et en Ardèche, avec l’idée d’offrir des séances régulières de cinéma dans les petites communes du pays de Redon. Il y avait bien deux cinémas en ville mais ils n’étaient ouverts que trois jours par semaine. Le premier, privé, Le Damier, avait été créé en 1920. Le deuxième, Le Familial, avait vu le jour en 1947, au sein du patronage de la Saint-Conwoïon, grâce à l’abbé Delépine, alors vicaire à Redon.

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