Sur Histoires Ordinaires, « Les éoliennes citoyennes ont déployé leurs pales »

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - citoyenneté

L’énergie des habitants va souffler jusqu’à l’autonomie en pays de Vilaine. Le premier parc éolien citoyen de France était inauguré en juin 2014 à Béganne dans le Morbihan, en pays de Vilaine, financé en grande partie par les habitants. Aujourd’hui, les quatre éoliennes battent à tout vent, produisant l’électricité suffisante à six mille foyers. Deux autres parcs ont depuis vu le jour, à Sévérac-Guenrouët et à Avessac en Loire-Atlantique. Le modèle séduit et s’exporte. L’association Energies citoyennes en pays de Vilaine rêve de voir le territoire devenir d’ici à 2030 autonome en énergies renouvelables.

Rédacteur en chef Histoires Ordinaires : Michel Rouger
Article à lire sur le site Histoires Ordinaires en cliquant sur ce lien
Rédaction : Tugdual Ruellan

« L’utopie ne s’écrit jamais au futur. Elle est ce qui est déjà là »
(Jean Baudrillard, philosophe)

Chantal et Michel Leclercq verraient bien une petite éolienne, installée au fond du jardin… histoire de produire un peu d’électricité pour la maison. Mais en 2002, l’opération s’avère complexe et hasardeuse. Ils sympathisent avec Laure et Eric Vaillant, maraîchers à Sainte Anne-sur-Vilaine, qui eux aussi, ont dans l’idée d’installer une éolienne. Ils ont repris, deux ans auparavant, une ancienne ferme à l’abandon avec l’intention de remettre en culture bio ces seize hectares de terre délaissés. Un soir de kermesse d’école, tous les quatre se prennent à rêver de produire leur électricité au souffle du vent. Le projet est loin d’être saugrenu. Ils savent que des initiatives citoyennes sont déjà menées au Danemark et dans le Finistère par l’association Avel Pen ar Bed.

Un premier projet rejeté
En septembre 2002, ils sont une trentaine à se rassembler dans le pays autour d’une idée de développement maîtrisé et citoyen de l’énergie éolienne. On accumule de la documentation, on élabore des fiches techniques. Un bureau d’études de La Roche-Bernard vient aider le collectif à construire le projet. Et, sans savoir où la brise va les mener, ils créent en mai 2003, l’association Eoliennes en Pays de Vilaine (EPV), convaincus que le vent est une ressource naturelle inépuisable dont l’exploitation doit se faire au bénéfice des territoires. Trois objectifs sont définis : créer un parc éolien, par et pour un territoire, financé par les citoyens ; utiliser une partie des ressources générées par le parc pour conduire des actions de maîtrise et d’économie de l’énergie ; essaimer l’initiative ailleurs en France.

Les bénévoles élisent Michel Leclercq comme président : « Nous avons alors imaginé un premier projet à Sainte-Anne-sur-Vilaine, se souvient Michel, autour de l’exploitation de Laure et d’Eric. » Il faut convaincre les élus et les riverains, organiser des visites et autres réunions publiques. Tout s’annonce bien et l’association acquiert même une reconnaissance auprès du conseil général d’Ille-et-Vilaine qui lui propose d’intégrer un groupe d’études sur le développement éolien. Mais le paysagiste-conseil, mandaté pour étudier le site de Sainte-Anne-sur-Vilaine, donne un avis défavorable : « Il a été séduit par la beauté des ajoncs en fleur, ironise Michel Leclercq, quelque peu dépité. Il s’est inquiété de voir le site dénaturé par la présence d’une éolienne… »

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