table-ronde : dialogue entre pays de Redon et pays basque autour de l’économie sociale et solidaire dans les dynamiques agricoles

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - économie sociale & solidaire

Au cœur de la fête de la vache nantaise, qui se tenait les 7, 8 et 9 septembre 2018 au Dresny près de Plessé (Loire-Atlantique), le Pôle Economie sociale et solidaire du pays de Redon (CADES), Redon Agglomération et le Conseil de Développement organisaient une table-ronde sur cette question : quelle place peuvent prendre les citoyens et les acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire dans les dynamiques agricoles de territoire ? Au travers d’un dialogue entre des représentants du pays basque et du pays de Redon. 

Deux idées à retenir et à creuser pour le pays de Redon : la création de la marque d’agriculture fermière paysanne et durable de territoire, IDOKI et la chambre d’agriculture alternative du pays basque, Euskal Herriko Laborantza Ganbara, initiative unique en France (article Terre-net ICI).

Organisation : Nicole Giraud de Redon Agglomération et Gabriel Périon de la Cades, association de la fête de la vache nantaise. ICI
Programme ICI
Animation : Tugdual Ruellan

 

Quelle place peuvent prendre les citoyens et les acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire dans les dynamiques agricoles de territoire ? Au travers d’un dialogue entre des représentants du pays basque et du pays de Redon. Est-ce possible, sous quelle forme et à quelles conditions à l’heure où le secteur agricole souffre ?

Avec pour le pays basque : Panpi Olaizola, agriculteur ; Michel Etchebest, chef d’entreprise et élu ; Xabier Itcaina, chercheur au Pays Basque.

Pour le pays de Redon, Barbara Monbureau et Patrick Nevou, qui ont créé Connexion paysanne ; Jean- François Mary, Président de Redon Agglomération.

Panpi Olaizola est agriculteur, en gaec avec sa compagne, installés à Espelette où il élève une centaine de brebis majoritairement de race rustique, Sasi ardi. Depuis trois générations, il produit le fameux piment d’Espelette ; il est aussi vice-président de la filière aujourd’hui. Il est également producteur de cerises et autres fruits. Il est membre de la marque d’agriculture fermière paysanne et durable de territoire, IDOKI. Il siège à la chambre d’agriculture alternative du pays basque.

Michel Etchebest est chef d’entreprise,  maire de Mauléon-Licharre, petite commune des Pyrénées-Atlantiques. Il est aussi vice-président de la communauté de communes pays basque en charge de l’Économie, du développement des territoires et de l’agriculture.

Barbara Monbureau et Patrick Nevou (arboriculteur apiculteur installé à La Chapelle-de-Brain) ont présenté Connexion paysanne. Une vingtaine de producteurs paysans et une dizaine de consommateurs, réunis dans un rayon de 30 km autour de Redon, ont créé le collectif Connexion paysanne en mars 2018. « C’est un lieu d’échange, de partage et de diffusion de produits et de savoir-faire, confient les co-fondatrices, Coraline Hervo et Barbara Monbureau. Y sont proposés des produits de qualité, authentiques, naturels, sains et savoureux. Un produit paysan est souvent bio, parfois de race locale ou issu de semences anciennes. » Chacun s’est engagé dans une charte qui a d’ailleurs été signée à Redon, à l’occasion de la rencontre Alternatiba (lire article sur Histoires Ordinaires). Le collectif souhaite créer à Redon un magasin dans lequel on trouvera des paniers de produits paysans ainsi qu’une cantine avec proposition d’un repas chaque jour.

Jean-François Mary, président de Redon agglomération, a présenté les éléments sur les dynamiques agricoles sur le pays de redon depuis les années 2000 :

         Association « de l’assiette au champ : santés durables » (2006) issue d’un groupe de travail du Conseil de Développement : association composée au départ majoritairement de consommateurs.

         Puis reprise de l’activité Plate-forme par Manger Local en 2014 avec l’aide de l’agglomération (mise à dispo d’un agent pour la prise de commande et la livraison dans les cantines pendant plusieurs mois ; avance de trésorerie)

         Création des AMAP (Redon, Allaire, St Just, Plessé, Guémené

         Création de l’association Viande en Pays de Redon et Vilaine avec la mise en place d’un cahier des charges depuis 3-4ans (système extensif, pas d’OGM,…).

         Travail du Conseil de Développement autour des circuits courts et de la restauration collective : guide des producteurs locaux, visites, conférences, ateliers,…

REDON Agglomération

         multi-accueils approvisionnés à 80% en produits bio, si possible locaux

         Achat ferme de Cranhouët (2010), mise en place de l’espace Test (3 maraichers aujourd’hui) avec la CIAP, accueil de 4 pépiniéristes en démarche végétal local

         Elaboration d’un  PAT co-construit avec 140 acteurs (élus, consommateurs, associations, agricultures, grandes surfaces, ,…) pour FAIRE DU  PAYS DE REDON UN TERRITOIRE DE PRODUCTIONS ET DE CONSOMMATIONS RESPONSABLES

Signature de la charte en mars 2018 par une cinquantaine de partenaires

Elaboration d’un plan d’action et embauche d’une chargée de mission pour mettre en place les actions du PAT : mise en place d’un accompagnement des restaurants collectifs gérés par les communes, sensibilisation scolaires, sensibilisation adultes (défis famille à alimentation positive)

Mise en place d’une gouvernance alimentaire de territoire pour le suivi  et l’évaluation du PAT composée de différents représentants : agriculteurs, structures d’accompagnement agricole, grande surface, élus, consommateurs, associations, Mutuelle,…

 

Xabier Itçaina est directeur de recherche au CNRS en sciences politiques et directeur d’un laboratoire, le Centre Émile Durkheim (université de Bordeaux). Trois objets de recherche : les dynamiques territoriales de l’ESS, le rôle du tiers-secteur catholique dans la lutte contre les nouvelles formes de pauvreté en Europe du Sud, les mobilisations territoriales du pays basque.

 

Le monde paysan dans le pays de Redon entre 1950 et 1980 (film de Mémoires Vives)
Début des années 50 : polyculture élevage : un peu de beurre, d’œufs, de cidre, de pommes de terres, châtaignes, porc charcutier, fagots
Disparité sur le Pays de redon selon les départements :
Partie 56 : très petites fermes (- 10ha),
Partie 44 : plus grosses propriétés (la terre appartient aux nobles)
Partie 35 : les deux modèles
Désir de changement et volonté de progrès après-guerre
Obligation de nourrir la population française (1 agriculteur nourrit 7 personnes en 1960 et 40 en 1980) = abandon des races locales (la bretonne notamment), agrandissement des parcelles (remembrement), mécanisation, assèchement des marais, début de la spécialisation, accompagnement techniques par les conseillers agricoles
Nb d’exploitation divisée par 2 entre les années 50 (4450 fermes sur 8ha en moyenne) et 80 (2200 fermes sur 17ha en moyenne) (et en 2015 : 709 fermes)
Rôle très important de la JAC dans la formation des jeunes agriculteurs et agricultrices (lecture, écriture, apprendre à réfléchir,…)
60’ : création des 1eres CUMA dans le 44 et le 56 (pas dans le 35) = esprits de solidarité très présent sur la partie 44 et aussi 56.
Manifestation de 1967 : Redon : symbole des manifestations agricoles en Bretagne avec un syndicalisme très important (CDJA)
A partir de 68 les luttes ouvrières et paysannes se rejoignent = création de solidarités entre agriculteurs et ouvriers
1972 : Grève du lait
80’ : formation des femmes (sur autre chose que les arts ménagers) qui ont ensuite pris des responsabilités dans les associations, les conseils municipaux, les associations de parents d’élèves.

 

 

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